En septembre 2013, une semaine après l’assassinat d’un jeune rappeur activiste par un membre du parti fasciste de l’Aube Dorée, Gwladys Louiset part à la rencontre de quatre Athéniens qui ont trouvé en eux des ressources pour se battre malgré le contexte difficile. Simples citoyens, ils s’évertuent à créer et à faire bouger les consciences. Au-delà de toutes considérations économiques et politiques, c’est le facteur humain qui intéresse avant tout la photographe.

Ces reportages comprennent les portraits et interviews de ces quatre Athéniens, ainsi que des clichés illustrant le contexte de l’époque qui n’a guère changé depuis.

DIMITRA

Dimitra a 33 ans. Elle a fondé avec trois amies un café solidaire “Lacandona” dans le centre d’Athènes.

Avant de créer ce lieu avec tes amies, que faisais-tu ?

Je travaillais dans une petite ONG qui s’occupait des populations Roms.

Peux-tu me parler de Lacandola ?

Nous avons ouvert ce café en août 2011. Nous travaillons de manière solidaire, sans hiérarchie, sans patron. Nous nous procurons nos produits en Amérique latine, sans intervention de multinationales et travaillons avec des réseaux de commerce équitable.

Il y a de plus en plus d’entreprises comme la nôtre. Il y a réellement une volonté de créer un réseau avec les autres structures qui fonctionnent de la même manière.

Penses-tu que ce type de commerce ait un avenir en Grèce ?

C’est difficile car normalement le principe premier du commerce est de réaliser le plus de profits possibles.

Notre type de commerce concerne une population politiquement et socialement plus sensibilisée et cela demande une autre manière de travailler.
Mes amies avaient déjà l’expérience du commerce équitable. Je les ai rejointes et on a eu l’idée de travailler autrement.

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Quelles sont les raisons qui t’ont poussée à participer à ce projet malgré la conjoncture économique ?

C’était au début de la crise et nous nous sommes dit que même si nous travaillions ailleurs, les conditions seraient difficiles. Donc autant travailler à notre compte.

« C’est très important d’avoir les ressources personnelles et la force de faire des choses mais aujourd’hui, c’est essentiel d’être ensemble, d’appartenir… »

As-tu déjà pensé à quitter la Grèce?

De temps en temps cela a traversé mon esprit, mais je n’ai jamais réellement pensé partir.

As-tu perdu certaines certitudes depuis le début de la crise ?

Nous avons grandi dans une réalité très différente. Nous n’aurions par exemple jamais imaginé perdre certains droits liés au travail.

Je n’aurais jamais imaginé également me préoccuper de la manière dont mes parents allaient vieillir, comment se passerait leur retraite. Ce sont des questions que l’on ne se posait pas auparavant.

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