Cet article correspond à la version complète du texte qui a été présentée en 3 parties précedèment, liens ici

La chambre des Communes du Canada a ovationné Yaroslav Hunka qui faisait partie de la 14e division de grenadiers de la Waffen-SS (1re division de Galicie), formée sous l’égide de nul autre que Heinrich Himmler. Cette division des SS était directement responsable d’atrocités nazies, incluant le massacre de Huta Pieniacka du 28 février 1944, un village de Pologne qui servait d’abri aux juifs. Au moins 1 000 personnes y furent assassinées.

S’il convient de s’offusquer du fait que la chambre des Communes du Canada a applaudi à tout rompre Yaroslav Hunka, c’est aussi parce que cette situation est emblématique d’une réalité plus profonde encore. Le paysage politique du Canada est tellement imprégné de russophobie, qu’il a suffi aux autorités d’apprendre que Hunka a combattu la Russie pour lui dérouler le tapis rouge. Tout cela est donc bien plus que le résultat d’une simple bévue, aussi monumentale soit-elle. Il ne s’agit pas d’une erreur commise par le président de la chambre. Hunka a rencontré privément Trudeau et Zelensky. Le scénario orchestré impliquait donc tout le personnel politique, y compris Trudeau. Cela révèle toute l’ampleur de la russophobie qui s’est emparée de l’administration libérale. La célébration de ce nazi en plein Parlement canadien a fait le tour du monde et attiré l’attention sur la question du nazisme en Ukraine.

Contre l’URSS durant la guerre froide et contre la Russie depuis la fin de la guerre froide, l’Occident a fait preuve de complaisance à l’égard des nazis et néo-nazis ukrainiens et leur a tendu la main. Le Canada a accueilli plusieurs Ukrainiens après la guerre, dont le grand-père maternel de la vice-première ministre actuelle Chrystia Freeland. L’Ottawa Citizen du 8 mars 2017 rapportait le fait que ce grand-père, Michael Chomiak, était un collaborateur nazi. On le savait depuis longtemps et ce, même si la principale intéressée prétend encore que c’est de la désinformation russe. Or, ce collabo écrivait dans un journal devenu pro-nazi, Krakivski Visti pendant l’occupation de la Pologne par l’Allemagne. Les propriétaires juifs que Chomiak avait expropriés sont allés mourir dans les camps. Qu’écrivait-on dans ce journal? Selon le Ottawa Citizen, “Krakivski Visti a salué la formation, approuvée par les Allemands, de la 14e division Waffen SS Halychyna, composée de volontaires ukrainiens.”[1]

Or, c’est justement à cette formation qu’appartenait Yaroslav Hunka, celui qu’on a accueilli en grande pompe et ovationné à la chambre des Communes ! La ministre ne pouvait ignorer ces faits.  Elle a pourtant applaudi elle aussi aux côtés de Trudeau et de la ministre des Affaires étrangères Mélanie Joly.

N’oublions pas non plus les monuments érigés à la mémoire de collaborateurs des nazis allemands à Edmonton et à Oakville. Iaroslav Stetsko, adjoint de Stepan Bandera et collaborateur déclaré de l’occupant nazi durant la Seconde Guerre mondiale, est fait citoyen d’honneur de Winnipeg en 1966.

Il n’y a pas que l’accueil de Néo-nazis en Amérique du Nord, il y a aussi et surtout l’engagement de l’Occident envers les néo-nazis en Ukraine. Même si la population ukrainienne dans son ensemble n’adhère pas au nazisme, les Néo-nazis sont partout présents dans l’histoire récente de l’Ukraine. Bien qu’ils soient en nombre restreint, ils jouent un rôle majeur depuis au moins 2013.

Il importe de souligner que le passé nazi de l’Ukraine est celui d’une minorité. La majorité des Ukrainiens ont combattu aux côtés de l’URSS, leur pays, pendant la Deuxième Guerre mondiale. Seule une minorité à l’Ouest s’est rangée du côté des Allemands. Cette remarque est essentielle et vaut aussi pour l’époque contemporaine. La toute première victime de ce qui arrive est le peuple ukrainien. Il n’a pas souhaité le destin tragique qui l’afflige.

Il faut préciser dès le départ le sens des mots. Pour appartenir à la mouvance néo-nazie, il ne faut pas nécessairement faire comme le régiment Azov et s’en réclamer ouvertement par des insignes. Certains Ukrainiens ont pendant la 2e guerre mondiale eu un engagement nazi non seulement au sens d’une adhésion à l’idéologie nazie ou au sens d’une collaboration qui aurait été forcée, mais au sens d’une participation volontaire et active criminellement responsable de milliers de morts. Dans le contexte d’une telle histoire, un groupe d’extrême droite qui prend le pouvoir par la force, qui cherche à mettre en place une politique discriminatoire, voire raciste, à l’égard d’une minorité et qui s’engage dans une action violente contre celle-ci, aboutissant à une guerre civile, est néo-nazi s’il se réclame de certains « héros » nazis qui ont commis des actes génocidaires. Cette définition de l’expression « néo-nazi » s’applique à tous les « Bandéristes », à savoir tous ceux qui agissent en s’inscrivant dans le prolongement du nazi Stepan Bandera. En plus du bataillon Azov, le bataillon Aïdar, le régiment Kraken, les groupes Secteur droit et C-14, ainsi que des partis politiques tels Svoboda (Liberté) et Corps national appartiennent à ce courant.

Les néo-nazis et le coup d’État de Maïdan

Tout d’abord, les néo-nazis ont été directement impliqués dans le coup d’État de Maïdan en 2014. Le groupe Secteur droit était aux avant-postes et le coup d’État n’aurait jamais eu lieu sans sa participation active et violente aux émeutes. Les militants n’étaient qu’une infime minorité par rapport aux milliers de manifestants. N’empêche, les radicaux extrémistes ont joué un rôle décisif [2] dans la tournure des évènements.

Or, ce groupe était soutenu par le parti politique néo-nazi Svoboda, dirigé par le leader antisémite Oleg Tyagnibok. Pour attiser les tensions et provoquer une révolte au sein de la population, tout indique que des tireurs d’élite visaient les insurgés pour ensuite faire passer ces agressions criminelles comme des actes commis par la police. Dans un reportage de la BBC, le journaliste Gabriel Gatehouse constate que des coups de feu émanent de ce qui s’avère être l’hôtel Ukraina[3]. Or le tireur était à l’étage où se trouvaient les locaux du parti Svoboda.

Ivan Bubenchik, un militant pro Maïdan, admettra avoir tué des policiers le 20 février[4]. Selon la revue Jacobin, des caisses de balles vides de Kalachnikov ont été trouvées dans la chambre d’hôtel Ukraina occupée par ce manifestant[5].

Le hall d’entrée de l’hôtel Ukraina recueillait exclusivement les blessés faisant partie des manifestants. Les autorités médicales affirmèrent que les balles trouvées dans les corps des policiers et des manifestants étaient de même origine. C’est, selon le journal Christian Science Monitor, la conclusion à laquelle sont en effet arrivées les autorités médicales.[6]

Ivan Katchanovski, politologue d’origine ukrainienne enseignant à l’Université d’Ottawa au Canada, estime que sur les 72 protestataires morts recensés pendant toute la période des confrontations, 48 (les deux tiers donc) ont été le fait de tireurs provenant des rangs des insurgés[7]. Katchanovski a constitué un dossier qui laisse planer peu de doutes sur l’origine des tirs et sur la motivation des auteurs. Son site web contient notamment une dizaine de vidéos relatant les événements du 20 février 2014. On y entend des témoignages d’une centaine de personnes[8]. On trouve aussi sur YouTube un document vidéo particulièrement troublant[9].

Une conversation entre Catherine Ashton, Haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères en 2014 et Urman Paet, ministre des Affaires étrangères estonien en 2014, fut enregistrée qui confirme la thèse des snipers tirant sur les insurgés[10]. Des témoins confirment aussi cette interprétation[11].

Sans parler des confrontations directes violentes avec la police amorcées dès le 30 novembre 2013, le stratagème avec lequel on fait passer des meurtres comme des crimes commis par la police a débuté bien avant le 20 février 2014. Le 22 janvier, Sergei Nigoyan, un protestataire arménien, fut l’un des premiers à se présenter sur les lieux de Maïdan pour lire un poème patriotique. Il est tué très tôt le matin du 22 janvier et présenté par les radicaux extrémistes comme victime de la police. L’année suivante, le 18 novembre 2015, le directeur de l’unité spéciale d’enquête menée par le département du procureur Sergei Gorbatyuk reconnaitra que Serhiy Nigoyan a été tué par des balles tirées à moins de trois mètres de distance, alors que la police était à une distance de trente mètres[12].

Pourquoi fallait-il tirer sur ses propres manifestants? Dans un film produit par Oliver Stone[13], il est précisé que les représentants américains (dont Victoria Nuland) auraient indiqué aux manifestants que, pour que la révolte puisse se transformer en coup d’État, il fallait qu’il y ait une centaine de morts parmi les manifestants. Faire couler le sang génère de l’indignation, suivie d’accusations à l’encontre des autorités. Quoi qu’il en soit, il est clair que les néo-nazis ont joué un rôle décisif dans le coup d’État de Maïdan.

Andriy Parubiy était à la tête du mouvement de révolte à Maïdan[14]. On le surnomma « le commandant de Maïdan »[15]. Or, il avait fondé en 1991 un mouvement d’extrême droite, le Parti social-national d’Ukraine, avec notamment Oleh Tyahnybok.  Lors de l’enquête sur le massacre de Maïdan, certains membres de la compagnie d’autodéfense de Maïdan signaleront que Parubiy avait ordonné de déclencher « un bain de sang » lors de la marche vers le parlement du 18 février 2014. Une héroïne décorée de la résistance anti-russe, Nadiya Savchenko déclarera plus tard avoir vu un député de l’opposition, qu’elle a tout d’abord identifié comme étant Andriy Parubiy, orienter des tireurs d’élite. Elle modifiera sa version quelques heures plus tard en disant s’être trompée au sujet de Parubiy et qu’il s’agissait plutôt de Serhiy Pashinskiy[16].

Parubiy sera par la suite élu président de la Rada (Parlement) d’Ukraine. Or, il aurait déclaré à une émission sur la chaîne ukrainienne ICTV qu’il avait « étudié scientifiquement » la démocratie et a averti son public « de ne pas oublier les contributions du Führer [Hitler] au développement de la démocratie »[17]. Ces propos ont connu un retentissement jusqu’à la Rada. Le reportage de la chaîne TRC Rudana décrit les choses de la façon suivante : « La déclaration scandaleuse du président de la Verkhovna Rada fait l’objet de discussions sur les réseaux sociaux depuis plusieurs jours. Sur l’une des chaînes de télévision nationales, Andriy Parubiy a exhorté l’auditoire à ne pas oublier la contribution du Führer au développement de la démocratie. Certains considèrent une telle attaque comme une sorte de trolling des idées du théoricien du nazisme. »[18]

Les néo-nazis au pouvoir

L’influence des néo-nazis s’est aussi fait sentir dès l’arrivée des nouvelles autorités en place. Un nouveau premier ministre, Arseni Yatsenyuk, choisi par les États-Unis (Nuland, qui était sur place à Maïdan, l’a désigné nommément) et, après une présidence de transition, un nouveau président, Petro Poroshenko, entreront vite en fonction.

Pour prendre la juste mesure des forces en présence sur le plan politique, il faut remonter un peu dans le temps. En 1991, Oleh Tyahnybok fonde le parti Liberté (Svoboda). Cet individu s’est classé en 5e position dans le palmarès des 10 plus grands antisémites en 2012 selon la fondation Simon Wiesenthal[19]. En tant que membre du parlement, il proposa des motions dans lesquelles il s’opposait à l’introduction de la langue russe en tant que deuxième langue officielle de l’État ou demandait l’interdiction de l’idéologie communiste.

En 2004, il est exclu du groupe parlementaire Notre Ukraine pour avoir affirmé à la télévision que l’Ukraine était sous la coupe d’une « mafia judéo-moscovite ». Accusé d’antisémitisme, il déclare pendant la campagne : « Personnellement, je n’ai rien contre les Juifs lambda. J’ai même des amis juifs. C’est à un groupe d’oligarques juifs qui contrôlent l’Ukraine et aux Juifs-bolchéviques que j’en veux. »[20]

Quelques mois avant le coup d’État, en 2013, Arseniy Yatsenyuk est leader du parti Fatherland et le boxeur Vitali Klitschko est leader du parti UDAR. Ils forment une troïka d’opposition avec Oleh Tyahnybok qui est toujours à cette époque le leader du parti Liberté (Svoboda). Dès le lendemain de sa nomination survenue le 22 février 2014, le gouvernement Yatsenyuk est à l’origine d’une intervention législative mettant un terme aux droits collectifs de la minorité russophone du pays. Le parlement ukrainien vote l’abolition de la loi du 3 juillet 2012 qui reconnaissait la langue russe dans les régions où domine la population ethniquement russe[21].  Suite aux réactions sécessionnistes des oblasts de Donetsk et Lugansk, le président Poroshenko abroge la nouvelle loi, mais la loi 3 de 2012 sera déclarée anti-constitutionnelle le 28 février 2018. Une nouvelle loi très contraignante pour l’usage de la langue russe, sera adoptée le 25 avril 2019, signée par le président Poroshenko le 15 mai de la même année, puis déclarée constitutionnelle le 14 juillet 2021.

Si Yatsenyuk accède au poste de premier ministre, Vitali Klitschko devient maire de Kiev et le parti Svoboda obtient plusieurs postes au sein du gouvernement : vice-premier ministre (Oleksandr Sych), procureur général (Oleh Makhnitsky), ministre de l’Éducation (Serhiy Kvit), ministre de l’Agriculture (Ihor Shvaiko), ministre de l’Écologie (Andriy Makhnyk)[22]. En tant que membre récent du parti Fatherland, Andriy Parubiy, le commandant de Maïdan, entre lui aussi au gouvernement. On a déjà mentionné qu’il fut le fondateur en 1991 d’un mouvement d’extrême droite, le Parti social-national d’Ukraine avec notamment Oleh Tyahnybok.  Il est nommé le 27 février 2014 secrétaire du Conseil de défense et de sécurité nationale d’Ukraine. Le politologue britannique de l’Université Kent, Richard Sakwa, considère que la nomination de Parubiy dans de telles fonctions est étonnante (“astonishing.”) [23] Son adjoint est le chef de l’organisation Secteur droit, Dmytro Yarosh. Ce dernier a fondé l’organisation Trident en 1994, inspirée de l’idéologie de Stepan Bandera. En avril 2013, Yarosh devient l’assistant d’un membre du parti de l’opposition UDAR. Plus tard en 2013, il deviendra le leader de Secteur droit. ll sera élu député entre 2014 et 2019. Il dirigera une armée de guerriers ultra nationalistes dans le Donbass. Yatsenyuk, Yarosh, Parubiy et les autres députés du parti Svoboda forment une mouvance d’extrême droite. Ce sont des bandéristes purs et durs. Pour Victoria Nuland, « Yats est l’homme qu’il faut » au poste de premier ministre, mais il faut éloigner Tyahnybok sans doute pour que le caractère raciste du régime n’apparaisse pas trop ouvertement.

Le reportage de la BBC fait également état du groupe C-14 qui rassemblerait environ 200 membres, mais serait en lien étroit avec le parti politique Svoboda. Deux des membres de ce parti ont été photographiés montrant une numérologie d’extrême droite : 8 8, renvoyant à deux mots commençant par la 8e lettre de l’alphabet : Heil Hitler[24].

Le nouveau ministre de l’intérieur, Arsen Avakov, est un autre bandériste. Il a formé et armé le bataillon Azov. Or, le groupe Azov véhicule des symboles néo-nazis. Un autre reportage de 2014 de la BBC faisant état de ce bataillon souligne qu’Andriy Biletsky, député à la Rada et leader du groupe d’extrême droite Corps national, est en même temps le leader du bataillon Azov. Le personnage est un bandériste qui aurait par le passé exprimé des points de vue racistes et antisémites. Il aurait affirmé que « la destinée de la nation ukrainienne est d’être à l’avant-garde dans la guerre sainte de la race blanche contre le monde sous-humain dirigé par des sémites ».[25] Son assistant est Ihor Mosiychuk, également député de la Rada. Les objectifs de l’organisation Corps national apparaissent dans sa publication en ligne :

  • « préparer l’Ukraine à une nouvelle expansion et lutter pour la libération de toute la race blanche de la domination du capital spéculatif internationaliste »
  • « de punir sévèrement les perversions sexuelles et tout contact interracial qui conduisent à l’extinction de l’homme blanc. »

Aux élections de l’automne 2014, le parti Svoboda ne recueillera pas 5% des voix. Les quatre ministres démissionneront pour cette raison[26]. Le Secteur droit n’a recueilli que 2% des voix lors des élections de 2014, mais en 2015 il gagne en popularité[27]. N’empêche, on voit bien que ceux qui dirigent l’Ukraine à cette époque ne sont pas en phase avec la population.

À partir de décembre 2014, 160 000 personnes vivant dans l’Est du pays perdent l’accès à leurs revenus de pension. En 2016, vient s’ajouter une autre tranche de 400 000 personnes privées de ces revenus. En 2018, la situation ne s’améliore pas. La milice nationale, composée de membres de l’extrême droite appartenant à Azov, a la permission de patrouiller la ville de Kiev. Vadim Troyan, qui est un haut gradé au sein du bataillon Azov, s’est vu accorder par le ministre Arsen Avakov la responsabilité de chef de police de la région de Kiev[28].

Dans un article du Time, on peut lire aussi que « le principal centre de recrutement d’Azov, connu sous le nom de Cossack House, se trouve au centre de Kyiv, un bâtiment en brique de quatre étages prêtés par le ministère ukrainien de la Défense. (…) Au rez-de-chaussée se trouve une boutique appelée Militant Zone, qui vend des vêtements et des porte-clés avec des croix gammées stylisées et d’autres marchandises néo-nazies. »[29]

Que dire de la présidence? En 2004, les élections opposent Viktor Yanukovich et le candidat Viktor Yushchenko. Sous l’impulsion de la « révolution orange », très visiblement soutenue par l’Occident, le résultat électoral favorisa Yushchenko. Ses réformes ne connurent pas de succès, mais avant de quitter le pouvoir, il nommera Stepan Bandera comme héros de l’Ukraine[30].

Ensuite, dans un reportage du mois de décembre 2014, on signale le fait que le président Poro Poroshenko a offert un passeport ukrainien à un néo-nazi de Biélorussie, nommé Korotkykh.[31] Ce ressortissant, à qui le président Poroshenko a accordé la citoyenneté, est devenu membre du groupe Azov.[32]

Les néo-nazis dans la guerre civile

Une partie des membres de Secteur droit se réclame de « certains éléments » du national-socialisme allemand, dont l’idée d’une « nation unique » purifiée (« clean nation ») qui laisserait aux russophones le soin de quitter l’Ukraine pour que les seuls citoyens du pays soient ukrainiens[33]. Le groupe Secteur droit semble avoir eu une influence réelle sur le cours des évènements. Le documentaire réalisé par Igor Lopatonok et produit par Oliver Stone (Ukraine on Fire) est fort instructif et accablant[34].

Une révolte anti Maïdan survient dans la ville d’Odessa. La Maison des syndicats est alors le lieu le 2 mai 2014 d’une tragédie. À l’occasion des éliminatoires de soccer, une foule rassemblant des personnes appuyant la « révolution » de Maïdan et qui étaient membres de groupes radicaux débarque dans la ville d’Odessa. Ils se rendent aux tentes dressées juste à côté de la Maison des syndicats où se trouvaient des russophones opposés au coup d’État. L’arrivée de personnes radicales armées force les gens dans les tentes à se réfugier dans la Maison. On y met le feu. Une cinquantaine d’hommes, femmes et enfants qui protestaient contre les événements de Maïdan sont brulés vifs. Quelques jours avant la tragédie, Andriy Parubiy avait été vu à Odessa en compagnie d’une personne qui était sur les lieux de la tragédie le 2 mai. Sur la page web de Secteur droit, on décrit l’évènement comme une source de fierté pour l’Ukraine[35].

Des milices d’extrême droite se mettent en branle et joignent l’armée régulière ukrainienne pour mater les populations russes de l’Est qui réagissent fort mal aux politiques russophobes du gouvernement. Dès l’été 2014, la guerre civile est amorcée et le groupe Azov est rapidement intégré à l’armée régulière[36].

En novembre 2014, selon Michael Colborne, le bataillon Azov ne comptait que 800 membres[37]. Le réseau d’information Al Jazeera fait pour sa part état de 900 membres actifs [38]. Mais il s’agit d’un sous-groupe issu de deux autres groupes néo-nazis : les Patriotes de l’Ukraine et l’Assemblée national-sociale. Al Jazeera fait également état de la formation de civils assurée par le groupe Azov. Ce dernier groupe est financé par l’oligarque Igor Kolomoysky. Le journal conclut en rapportant un article de The Nation [39] dans lequel on souligne que l’Ukraine est le seul endroit au monde dans lequel l’armée compte des militants néo-nazis.[40] En plus des articles de Newsweek et The Nation, le journal USA Today en fait aussi mention[41].

En fait, le bataillon Azov n’est qu’une partie du groupe Azov. Il comprend aussi les militants non combattants, une présence dans l’arène politique, une maison d’édition, des camps d’été pour les enfants, une aile jeunesse et une milice nationale qui patrouille les rues en plus de la police. Le groupe Azov possède un arsenal d’armes, de drones, de véhicules armés et de pièces d’artillerie[42]. Selon The Hill, le bataillon Azov avait 3000 membres en 2017. [43] Et le groupe Azov ne serait qu’un parmi une trentaine d’autres[44]. Par exemple, le groupe Secteur droit dit être composé de deux à trois milles hommes[45].

Plusieurs études ont étayé en détail le rôle de plusieurs pays occidentaux, dont le Canada et les États-Unis, dans la formation de groupes d’extrême-droite[46]. Cette formation était toujours en vigueur en 2021. L’Ottawa Citizen a fait valoir que le Canada formait des militaires ukrainiens d’orientation nazie. Le journaliste David Pugliese a écrit que « les responsables canadiens qui ont rencontré une unité ukrainienne liée à des néonazis craignaient d’être exposés par les médias. » [47] Pleinement informés en 2017 de son idéologie nazie, les responsables canadiens ne se souciaient que du fait que la réunion reste secrète. Elle a été exposée lorsque Azov s’en est vanté sur les médias sociaux[48].

Une étude du professeur Oleksiy Kuzmenko mérite aussi le détour. Depuis 2018, la National Army Academy de l’Ukraine accueille dans ses rangs le groupe Centuria. Les membres du groupe se vantent d’avoir reçu en 2021 des formations de la France, du Royaume-Uni, du Canada, de l’Allemagne, de la Pologne et des États-Unis[49]. Or, le groupe est en lien étroit avec le groupe Azov.

Les États-Unis ont même été obligés d’adopter des résolutions en 2018 pour que l’aide militaire à l’Ukraine ne tombe pas dans les mains du groupe néo-nazi Azov[50]. À la Chambre des Représentants, on refusa cependant toujours de désigner le bataillon Azov comme une organisation terroriste. Max Rose en octobre 2019, puis Elissa Slotkin en avril 2021, échouèrent dans leur tentative de faire entériner cette désignation[51]. Slotkin fit valoir en vain ce point de vue auprès du secrétaire d’État Anthony Blinken. Elle écrit : « Le bataillon Azov, une milice bien connue en Ukraine, utilise Internet pour recruter de nouveaux membres, puis les radicalise pour qu’ils recourent à la violence afin de poursuivre son programme politique d’identité blanche. » [52]

Dans un document qui examine les méthodes de recrutement du bataillon Azov, on lit que 40 membres du Congrès ont signé une lettre demandant – en vain – au Département d’État américain de désigner Azov comme une organisation terroriste étrangère. « Azov recrute, radicalise et forme des citoyens américains depuis des années », indique la lettre. Christopher Wray, directeur du FBI, a par la suite confirmé, lors d’un témoignage devant le Sénat américain, que des suprémacistes blancs américains « se rendent effectivement à l’étranger pour s’entraîner ».[53]

Avant 2022, les médias occidentaux, parmi lesquels le New York Times, le Guardian, la BBC, le Telegraph et Reuters, ont souligné le caractère néo-nazi du bataillon Azov[54]. Radio Free Europe (RFE) avait rapporté que 20 000 personnes ont marché en l’honneur de l’armée des insurgés ukrainiens qui avaient pendant la Seconde Guerre mondiale procédé à un nettoyage ethnique tuant des dizaines de milliers de Polonais. On y lit que la réhabilitation des mouvements néo-nazis a été dénoncée par de nombreux organismes juifs tels que le United States Holocaust Memorial Museum, le Centre Simon Wiesenthal, la National Coalition Supporting Eurasian Jewry, Yad Vashem et le World Jewish Congress.[55]

Depuis que la guerre est amorcée, les néo-nazis semblent s’être tous évaporés. On n’en fait plus mention. Ils sont minoritaires, bien sûr, car la vaste majorité du peuple ukrainien voulait la paix et a voté pour Zelensky dans l’espoir qu’il serait fidèle à son programme de la réaliser.

L’entrée en scène de Zelensky

En 2019, on a pu constater à quel point le régime était encore sous l’emprise de la minorité bandériste[56]. Zelensky n’a pas donné suite aux accords de Minsk qui auraient rétabli la légalité de l’usage de la langue russe dans la sphère publique et auraient permis de rétablir les pensions de vieillesse pour les personnes du Donbass. Il s’est fait élire pour réaliser la paix, mais il s’est vite associé au groupe néo-nazi Azov. Igor Kolomoysky qui a financé et appuyé sa campagne finançait aussi le groupe Azov. Zelensky est d’ailleurs apparu devant l’assemblée nationale grecque avec un membre du groupe Azov. Des députés du parti politique Syrisa se sont levés et ont quitté la salle en guise de protestation[57]. Zelensky a également consacré le commandant de Secteur droit Dmytro Kotsyubaylo héros de l’Ukraine.

Au pays, Stepan Bandera est érigé en héros et on organise des marches en son honneur à chaque 1er janvier, le jour de son anniversaire. C’était encore le cas en 2022[58]. Selon Zelensky, « cela est normal et c’est cool »[23]. Ainsi, à l’occasion de la manifestation en faveur de Bandera le 1er janvier 2022, Andriy Tarasenko, chef du parti nationaliste Secteur droit, déclare : « Aujourd’hui, alors qu’il y a une guerre avec l’occupant sur le front et que la lutte contre la ‘cinquième colonne’ se poursuit à l’arrière, nous nous souvenons et honorons la mémoire de Stepan Bandera »[59]. L’ambassadeur de l’Ukraine en Allemagne a refusé de dénoncer Bandera à la télévision allemande, ce qui montre l’attitude officielle à son endroit[60].

Zelensky a été amené à bannir les partis politiques qu’il juge « pro-russes » et à interdire les chaînes de télévision qui s’opposent à lui. Il a même considéré la possibilité de ne pas tenir l’élection présidentielle prévue pour 2024. Pour leur part, les États-Unis veulent cette élection, à la fois pour conforter l’idée que l’Ukraine est « une démocratie » et pour se donner la possibilité d’écarter par la voie électorale un Zelensky devenu symbole de l’échec de toute leur politique ukrainienne.

Force est de constater qu’une infime minorité de néo-nazis, fortement soutenue par l’Occident, a entraîné un pays entier dans un conflit avec la Russie. Ce conflit s’explique par une russophobie qui remonte loin dans le temps, à laquelle s’ajoute un alignement sur l’OTAN, alliance militaire hostile à la Russie. Zelensky lui-même a été emporté par la vague malgré ses apparentes bonnes intentions initiales officiellement annoncées pour se faire élire en 2019. Le nationalisme ukrainien est légitime mais les bandéristes l’ont détourné pour rendre impossible le bon voisinage avec la Russie et la reconnaissance d’une minorité russophone présente sur le territoire, d’où la guerre civile provoquée depuis 2014 et le refus d’appliquer les accords de Minsk. Les États-Unis ont profité de l’existence de ces néo-nazis pour attiser le conflit afin d’affaiblir la Russie. Le problème s’est amplifié au point où la Russie a déclenché une opération militaire spéciale pour empêcher l’installation de l’OTAN à sa frontière sud, imposer la neutralité du pays, mettre fin aux exactions contre les russophones, de même que pour démilitariser et dénazifier l’Ukraine [61].

Nous disposons de données qui confirment de plus en plus le projet de cette instrumentalisation. Dès 2015, le Représentant démocrate Adam Schiff faisait allusion à l’utilité de se battre contre la Russie en Ukraine au lieu d’avoir à mener le combat aux États-Unis (« United States aids Ukraine and her people so that we can fight Russia over there as a way not to fight Russia over here »)[62]. Le secrétaire d’État à la défense des États-Unis, Lloyd Austin, a pour sa part admis que les Américains cherchaient à affaiblir la Russie[63]weakening Russia… inflicting to Russia a bloody nose »). L’aide américaine à l’Ukraine, selon le sénateur Lindsay Graham, est un combat devant être mené « jusqu’au dernier ukrainien » (« to the last Ukrainian »)[64]. L’ancien secrétaire à la défense Leon Panetta, quant à lui, le reconnut d’emblée : les États-Unis mènent en Ukraine une « guerre par procuration »[65]. On peut même trouver sur Youtube un clip dans lequel Hilary Clinton établit une comparaison entre la stratégie américaine en Afghanistan ayant servi à affaiblir les Russes et celle qui était présentement en cours en Ukraine[66]. Selon elle, les Américains se sont servis des Moudjahidines pour combattre la Russie en Afghanistan et maintenant ils se servent des Ukrainiens pour combattre les Russes. Cette analogie Afghanistan-Ukraine sous-tend la stratégie américaine dans le conflit en Ukraine.

L’instrumentalisation du peuple ukrainien à l’instigation des néocons ne se résume pas seulement à l’idée d’une guerre par procuration. Elle se double d’une insensibilité absolue à l’égard du peuple ukrainien. Oliver North a décrit la situation comme impliquant « leur sang et nos balles » (« their blood our bullets »)[67]. Le Général à la retraite Keith Kellog, conseiller du vice-président Mike Pence, a affirmé que la guerre menée par les États-Unis à la Russie relevait du plus haut professionnalisme (« acme of professionalism »). Utiliser l’Ukraine pour combattre la Russie permettait d’éliminer un adversaire stratégique (« takes a strategic adversary off the table ») sans faire usage de troupes américaines. Cela permettait de se concentrer ensuite sur le plus important adversaire, la Chine[68]. Lindsay Graham considère que les cent milliards de dollars consentis à l’Ukraine pour tuer des Russes sont le meilleur investissement en dépense militaire jamais fait par les États-Unis[69]. Le Sénateur républicain Mitt Romney a répété en toute candeur la même chose[70]. On affaiblit les Russes sans perte de vie américaine. Cette franchise est aussi celle de Bill Kristol, néocon notoire[71].

Les Américains sont engagés dans une guerre par procuration qui a conduit l’Ukraine au bord du précipice. Pour les néocons, dépenser plus de 110 milliards de dollars constitue un investissement rentable parce qu’il permet d’espérer affaiblir la Russie sans aucune mort de soldats américains. Peu importe si cela entraîne dans la mort plus de 500 000 personnes. Ce désastre infini est le pur produit d’une convergence d’intérêts entre une minorité néo-nazie et l’establishment des États-Unis. D’ailleurs, les États-Unis et l’Ukraine votèrent contre la résolution de l’ONU du 16 décembre 2021 visant à condamner le nazisme. En effet, par un vote enregistré de 130 voix pour, 2 contre (Ukraine, États-Unis) et 49 abstentions, l’Assemblée a ensuite adopté le projet de résolution I, « Combattre la glorification du nazisme, du néonazisme et d’autres pratiques qui contribuent à alimenter les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée.” [72] Les deux votèrent à nouveau de la même façon le 16 mars 2022. [73] Les États-Unis se sont opposés aux résolutions condamnant le nazisme depuis qu’elles ont été soumises en 2005.

 

Conclusion

L’influence des néonazis en Ukraine dépasse largement leur importance en nombre. Même s’ils sont relativement peu nombreux, ils ont joué un rôle clé dans le renversement du régime (Secteur droit) en 2014, dans les politiques qui ont immédiatement suivi l’« élection » de « Yats » et dans la guerre civile au Donbass. Sous leur influence, il a été impossible d’appliquer les accords de Minsk et, pour Zelensky, de remplir sa promesse de restaurer la paix.

L’incontournable réalité est que le régime dont Zelensky est la tête d’affiche de cette mouvance néo-nazie.[74] C’est une infime minorité de la société ukrainienne, mais elle a le contrôle politique et militaire, et elle donne le ton à la politique du pays. En déclenchant une guerre civile en 2014 et en mettant l’Ukraine à la disposition de l’OTAN, alliance militaire ouvertement hostile à son voisin russe, elle a infligé au peuple ukrainien un conflit dévastateur, attisé et alimenté par les États-Unis et l’OTAN. Le peuple ukrainien avait voté pour la paix et la réconciliation, mais les autorités de Kiev et de Washington en ont décidé autrement.

 

Notes

[1] David Pugliese, « Chrystia Freeland’s Granddad was indeed a Nazi Collaborator. So much for Russian Disinformation », Ottawa Citizen, 8 mars, 2017.  https://ottawacitizen.com/news/national/defence-watch/chrystia-freelands-granddad-was-indeed-a-nazi-collaborator-so-much-for-russian-disinformation; voir aussi https://web.archive.org/web/20230117135823/https:/www.theglobeandmail.com/news/politics/freeland-knew-her-grandfather-was-editor-of-nazi-newspaper/article34236881/ et https://www.theglobeandmail.com/world/article-kgb-archives-show-how-chrystia-freeland-drew-the-ire-and-respect-of/

[2] Serhiv Kudelia, « When Numbers Are Not Enough: The Strategic Use of Violence in Ukraine’s 2014 Revolution », Comparative Politics, Vol. 50, No. 4 (July 2018), pp. 501-521

https://www.jstor.org/stable/26532701

[3] https://www.youtube.com/watch?v=Qg3R_BSz0Cc&ab_channel=BBCNewsnight

[4] https://foreignpolicy.com/2016/02/26/he-killed-for-the-maidan/

[5] https://jacobin.com/2022/02/maidan-protests-neo-nazis-russia-nato-crimea

[6] https://www.csmonitor.com/World/Security-Watch/2014/0308/Kiev-snipers-Who-was-behind-them

[7] https://canadiandimension.com/articles/view/the-hidden-origin-of-the-escalating-ukraine-russia-conflict

[8] https://uottawa.academia.edu/IvanKatchanovski/Videos

[9] https://www.youtube.com/watch?v=FIN3X4VrZBk&ab_channel=InfoQuiderange

[10] Compte YouTube de Michael Bergman « Breaking: Estonian Foreign Minister Urman Paet and Catherine Ashton discuss Ukraine over the phone », à partir de 8 minute 24 secondes. https://www.youtube.com/watch?v=ZEgJ0oo3OA8&ab_channel=MichaelBergman

[11] https://www.dailymotion.com/video/x1qnu74

[12] https://en.wikipedia.org/wiki/Maidan_casualties

[13] Revealing Ukraine, 2019 https://www.youtube.com/watch?v=jhu3lfgHhCI&t=616s&ab_channel=GlobalTreePictures

[14] https://wikispooks.com/wiki/Document:Who_was_the_Maidan_sniper_mastermind%3F

[15] https://www.usatoday.com/story/news/world/2014/02/27/ukraine-opposition-parubiy/5844437/

[16] https://apnews.com/article/fb5fc2541be942a68f8031033e7ca3ff

[17] Ben Chacko, « Ukrainian speaker Andriy Parubiy slammed for praising Hitler as history’s ‘greatest democrat’ », Morning Star, 5 septembre 2018.

https://morningstaronline.co.uk/article/ukrainian-speaker-andriy-parubiy-slammed-praising-hitler-historys-greatest-democrat?utm_source=substack&utm_medium=email

[18] https://www.youtube.com/watch?v=VhZSQuE-K2E&ab_channel=%D0%A2%D0%A0%D0%9A%D0%A0%D1%83%D0%B4%D0%B0%D0%BD%D0%B0

[19] Jerusalem Post  https://www.jpost.com/jewish-world/jewish-features/wiesenthal-ranks-top-10-anti-semites-israel-haters

[20] https://fr.wikipedia.org/wiki/Oleh_Tyahnybok

[21] https://interfax.com/newsroom/top-stories/43862/

[22] https://www.counterpunch.org/2014/03/13/the-scary-side-of-the-ukraine-troika/

[23]  https://thegrayzone.com/2022/03/31/partnering-neo-nazis-ukraine-history/

[24] BBC – Neo-Nazi threat in new Ukraine: NEWSNIGHT (2014): https://youtu.be/5SBo0akeDMY

[25] BBC – Ukraine: On patrol with the far-right National Militia – BBC Newsnight (2018): https://youtu.be/hE6b4ao8gAQ ; Jason Melanovski  « UN report documents massive attacks on democratic rights in Ukraine », World Socialist Web Site, 19 December 2021:

https://www.wsws.org/en/articles/2021/12/20/ukra-d20.html

[26] https://en.interfax.com.ua/news/general/234059.html

[27] BBC – The far-right group threatening to overthrow Ukraine’s government – Newsnight (2015): https://youtu.be/sEKQsnRGv7s

[28] BBC – Ukraine underplays role of far right in conflict (2014): https://www.bbc.com/news/world-europe…

[29]  https://time.com/5926750/azov-far-right-movement-facebook/

[30] Ukraine under Fire https://www.youtube.com/watch?v=pKcmNGvaDUs&ab_channel=GlobalTreePictures

[31] BBC – Ukraine underplays role of far right in conflict (2014): https://www.bbc.com/news/world-europe…

[32] BBC – Ukraine underplays role of far right in conflict (2014):

https://www.bbc.com/news/world-europe…

[33] BBC – Neo-Nazi threat in new Ukraine: NEWSNIGHT (2014): https://youtu.be/5SBo0akeDMY

[34] https://www.youtube.com/watch?v=pKcmNGvaDUs&ab_channel=GlobalTreePictures

[35] Ukraine under Fire

[36] https://thegrayzone.com/2022/03/31/partnering-neo-nazis-ukraine-history/

[37] Michael Colborne, From the Fires of War: Ukraine’s Azov Movement and the Global Far Right, Analyzing Political Violence, Book 2, Ibidem, p. 33.

[38] https://www.aljazeera.com/news/2022/3/1/who-are-the-azov-regiment

[39] https://www.thenation.com/article/politics/neo-nazis-far-right-ukraine/

[40] Al Jazeera, op. cit.

[41] https://www.usatoday.com/story/news/world/2015/03/10/ukraine-azov-brigade-nazis-abuses-separatists/24664937/

[42] https://time.com/5926750/azov-far-right-movement-facebook/

[43] The Hill – The reality of neo-Nazis in Ukraine is far from Kremlin propaganda (2017): https://thehill.com/opinion/international/359609-the-reality-of-neo-nazis-in-the-ukraine-is-far-from-kremlin-propaganda/

[44]Damien Sharkov, « Patriot of Ukraine, Right Sector and White Hammer. Ukrainian Nationalist Volunteers Committing ‘ISIS-Style’ War Crimes »

https://www.newsweek.com/evidence-war-crimes-committed-ukrainian-nationalist-volunteers-grows-269604

[45] BBC – The far-right group threatening to overthrow Ukraine’s government – Newsnight (2015): https://youtu.be/sEKQsnRGv7s

[46] Jim Naureckas, « Denying the Far-Right Role in the Ukrainian Revolution », FAIR, MARCH 7, 2014 https://fair.org/home/denying-the-far-right-role-in-the-ukrainian-revolution/ . Voir aussi Will Cathcart et Joseph Epstein, Is America Training Neonazis in Ukraine? Officially no, but no one in the U.S. government seems to know for sure, Updated Dec. 08, 2019

https://www.thedailybeast.com/is-america-training-neonazis-in-ukraine

[47] David Pugliese, A year before the meeting, Canada’s Joint Task Force Ukraine produced a briefing on the Azov Battalion, acknowledging its links to Nazi ideology, Ottawa Citizen, Nov 08, 2021:

https://ottawacitizen.com/news/national/defence-watch/canadian-officials-who-met-with-ukrainian-unit-linked-to-neo-nazis-feared-exposure-by-news-media-documents

[48] James Clayton, « Canadian Armed Forces providing military training to Ukrainian neo-Nazis »,

World Socialist Web Site, 2 December 2021: https://www.wsws.org/en/articles/2021/12/03/uknz-d03.html

[49] Oleksiy Kuzmenko, « Far-Right Group Made Its Home in Ukraine’s Major Western Military Training Hub », IERES Occasional Papers, no. 11, September 2021 Transnational History of the Far Right Series

https://www.illiberalism.org/wp-content/uploads/2021/09/IERES-Papers-no-11-September-2021-FINAL.pdf

[50] Le budget de 2021 indiquait à l’article 9015 : Aucun des fonds disponibles par cette loi ne peut être utilisé pour fournir des armes, de la formation ou toute autre assistance au bataillon Azov. https://www.congress.gov/bill/116th-congress/house-bill/133/text

[51] https://www.aljazeera.com/news/2022/3/1/who-are-the-azov-regiment

[52] https://s3.documentcloud.org/documents/20615179/rep-slotkin-letter-on-foreign-terrorist-orgs.pdf

[53] Simon Shuster and Billy Perrigo, « Like, Share, Recruit: How a White-Supremacist Militia Uses Facebook to Radicalize and Train New Members », TIME MAGAZINE, Jan. 7, 2021,

https://time.com/5926750/azov-far-right-movement-facebook/

[54] Lev Golinkin, « The reality of neo-Nazis in Ukraine is far from Kremlin propaganda », The Hill, 2017:  https://thehill.com/opinion/international/359609-the-reality-of-neo-nazis-in-the-ukraine-is-far-from-kremlin-propaganda/

[55] ibidem

[56] Lev Golinkin, « Neo-Nazis and the Far Right Are On the March in Ukraine. Five years after the Maidan uprising, anti-Semitism and fascist-inflected ultranationalism are rampant », The Nation, February 22, 2019:

https://www.thenation.com/article/politics/neo-nazis-far-right-ukraine/

[57] https://www.youtube.com/watch?v=F0tAWaNEhU8

https://www.euractiv.fr/section/politique/news/le-discours-de-volodymyr-zelensky-au-parlement-grec-eclipse-par-la-video-du-bataillon-azov/

https://towardfreedom.org/story/archives/europe/how-ukraines-jewish-president-volodymyr-zelensky-made-peace-with-neo-nazi-paramilitaries-on-front-lines-of-war-with-russia

[58] https://www.youtube.com/watch?v=db0VQSPE9t0&ab_channel=APArchive

[59] https://www.timesofisrael.com/hundreds-of-ukrainian-nationalists-march-in-in-honor-of-nazi-collaborator/

[60] https://www.youtube.com/watch?v=MaGmeKvxY9c&ab_channel=DjukiSan

[61] « Profile: Who are Ukraine’s far-right Azov regiment? The far-right neo-Nazi group has expanded to become part of Ukraine’s armed forces, a street militia and a political party », Aljazeera, Published On 1 Mar 2022

https://www.aljazeera.com/news/2022/3/1/who-are-the-azov-regiment

[62] https://www.youtube.com/watch?v=4d4rcoPulY4&ab_channel=UsefulIdiots

[63] https://www.washingtonpost.com/world/2022/04/25/russia-weakened-lloyd-austin-ukraine-visit/?fbclid=IwAR1-OUjDwlU6GYURvq75kCumRsvBUZmR2psrnS-CcDSNoPKX6erYyQ3WE90

[64] https://www.youtube.com/watch?v=yJvXqtYdJqk&ab_channel=UsefulIdiots

[65] https://www.youtube.com/watch?v=ZPWu7cPPVv0&ab_channel=BloombergPolitics

[66] https://www.youtube.com/watch?v=cUu4vVYa9aE&ab_channel=numuves

[67] https://www.youtube.com/watch?v=8tsg0MTZv2A&ab_channel=AMontanaCitizen

[68] https://www.youtube.com/watch?v=N51j1XN0y64&ab_channel=WorldPolitics

[69] https://morganton.com/news/lindsey-graham-russians-are-dying-best-money-weve-spent/video_be53de64-9d16-5656-ba0f-2e7f56f46426.html

[70] https://www.youtube.com/watch?v=nXJJw9MV-ak&t=6s&ab_channel=SenatorMittRomney

[71] https://www.youtube.com/watch?v=Y2Ne6QL3M3M&ab_channel=CaitlinJohnstone

[72] https://digitallibrary.un.org/record/3954148?ln=fr#record-files-collapse-header .Voir aussi la réaction de l’ancien ambassadeur britannique en Ouzbékistan, Craig Murray : « The Ukrainian vote against the U.N. resolution against Nazism was motivated by sympathy for the ideology of historic, genocidal active Nazis. It is as simple as that », Consortium News, December 23, 2021:

https://consortiumnews.com/2021/12/23/us-ukraine-refuse-to-condemn-nazism-at-un/?fbclid=IwAR0oulg-M7eAktG-NcU-KibcLgGvflpbTEt5sZHO-JosWjIBCpsSnE9golQ

[73]  https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/03/17/pourquoi-ukraine-et-etats-unis-n-ont-pas-vote-la-resolution-de-l-onu-condamnant-le-nazisme_6117956_4355770.html

[74] https://thegrayzone.com/2022/03/04/nazis-ukrainian-war-russia/

 

 

Le présent article correspond à la version complète du texte qui a été présentée en 3 parties précedèment :

Le problème du nazisme en Ukraine (1/3)

Le problème du nazisme en Ukraine (2/3)

Le problème du nazisme en Ukraine (3/3)