Afrique, une histoire à redécouvrir – 8. Yaa Asantewa et la « Guerre du Tabouret d’Or »

21.08.2018 - Valentin Mufila

Cet article est aussi disponible en: Anglais, Espagnol, Italien, Allemand, Grec

Afrique, une histoire à redécouvrir – 8. Yaa Asantewa et la « Guerre du Tabouret d’Or »
La statue de Yaa Asantewaa devant le musée qui lui est dédié (Photo de Noahalorwu, Wikimedia Commons)

Yaa Asantewaa est née en 1840 à Besease, une ville de l’actuel Ghana. C’est la sœur de Yaya Kwasi qui lui a donné le rang de Reine Mère d’Ejisuhene, une partie de l’Empire Ashanti ; puisqu’il y avait un système matriarcal en place, cela faisait d’elle le personnage le plus puissant du royaume.

Pendant le règne de son frère, Asantewaa a été témoin de la croissance de l’expansionnisme anglais ; à sa mort, en 1894, elle a utilisé son droit de reine mère pour nommer le neveu en chef des Ashanti. Lorsque, en 1896, les Britanniques l’envoient en exil aux Seychelles avec le roi Prempeh I et d’autres membres du gouvernement, Yaa Asantewaa devient régent du district d’Ejisu-Juaben.

Frederick Hodgson, le gouverneur général de la Côte d’Or, comme l’appelaient les Britanniques, avait entendu parler du Tabouret d’Or, un symbole dynastique sacré des Ashanti et avait demandé qu’il lui soit donné, mais pour les Ashanti la mort était préférable à une telle concession.

Cette demande a conduit à une réunion secrète à Kumasi des membres restants du gouvernement. Yaa Asantewaa, la seule femme présente, s’est levée et a prononcé un discours qui est resté célèbre : « Je vois que certains d’entre vous ont peur d’aller de l’avant et de se battre pour notre roi. Si nous étions à l’époque courageuse du roi Hosei Tuty, Okomfo Anoky et Opuku Ware, les dirigeants ne seraient pas restés les bras croisés et n’auraient pas regardé leur roi être emporté. Aucun homme blanc n’a jamais osé parler au chef des Ashanti comme le gouverneur l’a fait ce matin. Alors le courage des Ashanti n’existe plus ? Je n’arrive pas à y croire, alors je vous dis : si vous, les Ashanti, ne vous battez pas, nous, les femmes, nous le ferons. Nous lutterons contre les Blancs. Nous nous battrons jusqu’à ce que la dernière d’entre nous tombe sur le champ de bataille.

Yaa Asantewaa a été choisie pour diriger l’armée dans ce qui était connu sous le nom de « Guerre du Tabouret d’Or » et a réussi à repousser les Britanniques de Kumasi. La rébellion a duré quelques mois et a été la dernière d’une série de guerres qui ont duré tout au long du XIXe siècle. Finalement, les Britanniques ont réussi à la capturer et l’ont envoyée en exil aux Seychelles. Le 1er janvier 1902, ils obtinrent ce que les Ashanti avaient empêché pendant près d’un siècle et leur empire devint un protectorat britannique.

Yaa Asantewaa est morte en exil le 17 octobre 1921. Trois ans plus tard, le 27 décembre 1924, Prempeh I et les autres membres de la cour ont pu revenir avec sa dépouille et Yaa Asantewaa a reçu une sépulture royale digne de son nom. Son rêve de libération de la domination anglaise s’est réalisé le 6 mars 1957, lorsque le protectorat a accédé à l’indépendance en tant que partie intégrante du Ghana, la première nation d’Afrique subsaharienne à réaliser cet exploit.

Yaa Asantewaa est considérée comme l’une des figures les plus importantes de la lutte pour la liberté en Afrique et est l’héroïne nationale du Ghana. En l’an 2000, ont eu lieu dans le pays des événements pendant une semaine pour célébrer ses réalisations et un musée lui a été dédié à Ejisu, qui a été partiellement détruit par un incendie en 2004.

 

Catégories: Afrique, Culture et Médias
Tags: , , , ,

Newsletter

Indiquez votre adresse e-mail pour vous inscrire à notre service de news quotidien.


documentaire « RBUI, notre droit de vivre »

Le début de la fin des armes nucléaires

2ème Marche Mondiale pour la Paix et la Nonviolence

App Pressenza

App Pressenza

Milagro Sala

je vis: documentaire interactif en Grèce

International Campaign to Abolish Nuclear Weapons

International Campaign to Abolish Nuclear Weapons

Archives

Except where otherwise note, content on this site is licensed under a Creative Commons Attribution 4.0 International license.