Agir face aux jeux dangereux à l’école

15.04.2014 - Catherine Masoda

Agir face aux jeux dangereux à l’école
(Crédit image : Crédit : association APEAS )

Une grande partie des enfants a entendu parlé ou vu ces jeux d’apnées, mais n’en connait pas les risques mortels. Face à ce danger, la mobilisation des adultes s’avère efficace : enseignants et parents.

Enquête et témoignage.

LE JEU DE LA TOMATE  DANS UNE ECOLE DE LA BANLIEUE PARISIENNE

L’épisode commence de façon banale par une parole d’enfant lors d’une promenade dominicale : « On a joué au jeu de la tomate pour qu’il devienne tout bleu » raconte un élève d’une école maternelle à sa mère. Entre fabulation et manque de contexte, les paroles des enfants sont sujet à caution. Le parent demande alors des précisions. Et ce qu’il entend l’alerte : il s’agit de la version maternelle du « jeu du foulard » qui consiste à serrer le cou d’un enfant pour l’asphyxier et le mener à des états altérés. Seulement, dans la version maternelle, on n’a pas tout à fait compris l’objectif.  L’enfant mené au bord de l’asphyxie prend une tête inhabituelle, réputée bleue, ce qui fait rire certains de ses camarades. Mais pas tous, et certains en parlent alors à leurs parents.

 Cette fois, l’adulte alerté est représentante de parents d’élèves. Une personne banale, qui n’a pas plus de connaissances et d’expériences que n’importe qui, mais qui prend sa mission à cœur. Son enfant a donné quelques prénoms, elle prend alors contact avec les parents à la sortie de l’école. Après quelques discussions, il semblerait que les enfants cités soient hors de cause, mais que de tels événements se sont bel et bien produits récemment. La représentante alerte alors l’antenne locale de sa Fédération de parents.

 La section locale de la FCPE de l’école maternelle étant assez stable, malgré un remplacement régulier des parents (les enfants grandissent), l’expérience a, cette fois encore, joué à plein. Le processus est bien rôdé : des parents prennent contact avec la directrice et les enseignants, l’inspection académique et la chargée d’éducation auprès du conseil municipal. Panne intermittente de chauffage, manque d’enseignants à la rentrée de l’élémentaire et de la maternelle, absences non-remplacées des enseignants : la liste est longue, récurrente et sollicite régulièrement l’attention et la mobilisation des parents. Les représentants de parents d’élèves gagnent ainsi en expérience et efficacité.

Cette fois encore, les téléphones sonnent, les mails circulent, les réunions s’organisent et les différents acteurs se concertent. Le calme est proportionnel à la nécessité de donner réponse à l’urgence en affolant personne.

De ces différentes rencontres sortiront principalement deux axes de travail. Le premier de la part de l’équipe enseignante qui modifiera ponctuellement son organisation pour une surveillance renforcée des récréations : en effet, des difficultés au sein de la classe des enfants en question ont finit par être pointées. Il est à déplorer que si les conséquences varient, les causes restent toujours les mêmes : manque d’enseignants, remplaçants plein de bonne volonté, mais avec peu ou pas de qualifications. Résultat : enseignements perturbés, bêtises et problèmes plus fréquents.

Autre axe de travail retenu : l’intervention d’une association spécialisée, APEAS, pour des actions de préventions et d’information au sein de l’école. Dans le cas cité, c’est la coopérative de l’école qui paiera la facture. Et toujours les parents qui se mobiliseront pour aller chercher l’intervenant au métro avec ses boîtes de matériel pédagogique.

 Selon l’enquête de l’IFOP, « 63% des enfants connaissent au moins un jeu d’apnée ».  Cependant, la plupart en ignore les dangers réels, même parmi les collégiens. La plupart des enfants ont déjà été témoin de ce jeu qui se déroule majoritairement dans les cours de récréations. Cette enquête montre que les enfants le font surtout par effet de mode, et beaucoup moins parce que c’est « rigolo » ou par goûts des expériences dangereuses. 40% en ont parlé à un adulte, en général, leurs parents.

L’ensemble de ces informations semblent montrer que l’information et la communication seraient des moyens efficaces pour lutter contre ses « jeux » mortels. En un mot : l’éducation ! Cela nécessite évidement que les adultes agissant auprès des enfants, parents, équipes enseignantes, animateurs, soient eux-mêmes correctement informés.

 La santé et l’éducation de la nouvelle génération dépend de la mobilisation des adultes dans leur ensemble.

L’association APEAS propose du matériel pédagogique librement téléchargeable, protégé par des droits d’auteurs. L’association demande à tout utilisateur de citer ses sources.

Association APEAS : http://www.jeudufoulard.com/html-fr/fram_01.html

Enquête de l’IFOP : http://www.jeudufoulard.com/pdf/enquete_janvier2012.pdf

FCPE : Fédération des Conseils de Parents d’élèves : http://www.fcpe.asso.fr/

Catégories: Education, Europe, Santé
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