Choisir le thème de l’éducation à la sexualité à l’école suppose ouvrir la boite de Pandore tant les avis divergent et donnent lieu à des polémiques, de la part des parents, des associations, des juristes, jusqu’à l’envoi de courriers au ministre de l’Éducation. Il s’en est suivi pour nous une obligation de faire des choix en abandonnant certains thèmes sujets à débats. De plus, ce thème de l’éducation à la sexualité s’est copieusement enrichi d’expressions nouvelles, telles que : éducation sexualisée, éducation à la vie affective, cours de sexualisation, éducation à la vie et à l’amour, éducation au consentement.

Depuis la loi Aubry de 2001, au moins trois séances d’éducation à la sexualité doivent être organisées chaque année à l’école ; à cette occasion, les adolescent(e)s seront informé(e)s sur la santé sexuelle, notamment la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST), du VIH-sida, sur les risques qu’ils et elles encourent et sur les moyens de se protéger. Cependant, ces séances sont rarement appliquées, au point que sur mille jeunes interrogé(e)s, 17 % disent n’avoir jamais eu le moindre cours sur la question, tandis que l’on constate une augmentation de 33 % des violences sexuelles entre 2020 et 2021. Dans sa stratégie nationale de santé sexuelle, le ministère de la Santé stipule qu’une attention particulière sera portée aux adolescent(e)s de moins de 15 ans dont 20 % sont déjà entrés dans la sexualité.

Fin 2021, la circulaire Blanquer de l’Éducation Nationale permet au personnel de l’établissement d’appeler l’enfant par le prénom de son choix et de le « genrer » comme il le souhaite, avec l’accord des parents comme le précise la circulaire ; or cette demande n’est jamais faite. Certains parents ont donc porté plainte. Juristes pour l’enfance dépose un recours auprès du Conseil d’État pour demander le retrait de la circulaire « Blanquer » considérant que : « Le respect de l’intérêt de l’enfant, le respect de sa fragilité impliquent de tenir les enfants en dehors des processus de changement de sexe, légalement réservés aux adultes ». (https://www.juristespourlenfance.com).

En 2023, dans la ville de Saint-Étienne, l’intervention d’une infirmière en classe de l’école primaire, le CM2, ou cours moyen 2e année, a suscité une vive polémique de la part des parents quant aux propos choquants qu’elle a tenus à propos des gestes intimes dans la relation sexuelle d’une part, et à la possibilité de changer de sexe via une médication hormonale d’autre part. Dans une lettre adressée au ministre de l’Éducation Nationale et de la Jeunesse, l’association SOS Education dénonce de graves dérives. Le bon sens suppose d’adapter les cours d’éducation à la sexualité en fonction de l’âge des jeunes à qui ils sont destinés, âge biologique et âge émotionnel, un préalable indispensable à ce type d’enseignement.

L’éducation parentale, concomitante à celle dispensée en milieu scolaire a aussi pour rôle de faire connaître l’importance du consentement dans la relation à l’autre ; la relation sexuelle ne doit en aucun cas être une contrainte, mais un vivre ensemble et une expérience dans le respect de chacun. Les parents auront à veiller sur les programmes de télévision ou sur les sites porno ; à noter que la France a été l’un des premiers pays à obliger les sites pornographiques à bloquer l’accès en ligne aux mineurs par la loi du 30 juillet 2020.

Enfin, en réponse aux jeunes tentés par le transgenre, dont le nombre est croissant depuis le Covid via les réseaux sociaux, les informer sur la cupidité des laboratoires mettant à leur dispositions des hormones à consommer à vie, d’un coût élevé et générant de très substantiels profits, est à considérer comme une priorité de l’éducation à la sexualité.