Un projet de loi qui permettrait au père, au frère ou au tuteur masculin d’une femme de signer les documents de mariage en son nom ou de demander le divorce a suscité l’indignation en Égypte.

S’il est adopté, le projet de loi sur le statut personnel privera les femmes de leur droit à la garde de leurs enfants et stipule qu’une femme doit demander la permission du père avant de prendre toute décision juridique concernant ses enfants.

Elle empêche une femme d’être propriétaire de sa maison et lui retire sa protection juridique si un homme lui demande de quitter la maison.

Le projet donnerait également aux parents masculins le pouvoir d’empêcher les femmes de voyager et limite le droit d’une femme à enregistrer la naissance de son enfant ou à obtenir un passeport pour eux.

Les femmes auraient également moins de pouvoir sur les décisions concernant l’éducation ou les soins médicaux de leurs enfants.

Le projet de loi a suscité un débat intense avec le Centre égyptien pour les droits des femmes (ECWR), qui a déclaré que même les lois de l’Arabie saoudite concernant les femmes sont plus progressistes.

L’ECWR a déclaré que la loi réduit les femmes à des « machines à accoucher » et qu’elle est basée sur une interprétation stricte de l’Islam.

Les groupes de défense des droits appellent le gouvernement à rejeter les amendements proposés le 23 février.

L’année dernière, l’Égypte a lancé sa propre campagne MeToo, déclenchée par des dizaines d’accusations en ligne de viol et d’agression sexuelle contre un ancien étudiant, Ahmed Zaki.

Les femmes égyptiennes sont confrontées à un harcèlement sexuel généralisé, mais les autorités les traitent souvent comme des coupables plutôt que comme des victimes, tandis que les véritables coupables restent souvent impunis.

Les femmes ont peur de le signaler, car on leur reproche souvent de « s’habiller de manière provocante ».

L’été dernier, la justice pour la victime d’un viol collectif à l’hôtel de luxe Fairmont Nile City en 2014 est devenue un élément clé de ce mouvement MeToo.

Les autorités égyptiennes ont arrêté plusieurs témoins du viol et les ont emprisonnés pendant cinq mois.