L’OMS ne recommande plus le méthylphénidate pour traiter le trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH)

11.06.2020 - Madrid, Espagne - Redacción Madrid

Cet article est aussi disponible en: Espagnol

L’OMS ne recommande plus le méthylphénidate pour traiter le trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH)

Par les Humanistes de Carabanchel

Ce sont parfois les petites nouvelles, celles qui ne font pas la une des médias, qui ont une portée significative. Des décisions prises dans des petits comités d’experts peu connus du grand public. C’est le cas d’un comité de l’OMS, qui après 60 ans d’existence d’un médicament, l’a retiré de sa liste des médicaments essentiels, dans laquelle il était recommandé pour traiter le trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Ce médicament est le méthylphénidate.

Nous savons que cette décision fut prise à l’unanimité, et qu’elle fut motivée par l’incertitude quant à l’estimation de ses bienfaits. Après plusieurs centaines d’études et d’examens, beaucoup d’entre elles financées par les mêmes industries pharmaceutiques le produisant, on ne peut pas affirmer, selon l’OMS, que ce produit a eu des effets bénéfiques pour les millions d’enfants, adolescents et adultes qui l’ont pris.

Le portail du médicament de Castille-et-León a commenté un article de la revue spécialisée « British Medical Journal » dans lequel sont repris les débats et les inquiétudes générés autour du médicament. Ses auteurs indiquent que malgré des bienfaits incertains, « le méthylphénidate peut être lié à une série de réactions indésirables graves, ainsi qu’à une grande quantité d’effets indésirables moins graves chez des enfants et adolescents ».

Le méthylphénidate se consomme sous forme de comprimés depuis les années 60. Le célèbre comprimé pour les enfants diagnostiqués du TDAH a été utilisé à volonté dans les salles de classe étatsuniennes. Des États-Unis, il est arrivé en Europe et en Amérique latine sous l’influence de puissants laboratoires. En Espagne, sa consommation bondit dans les années 90. L’augmentation exponentielle des diagnostics de TDAH et ses traitements associés mirent en alerte de nombreux secteurs.

Beaucoup de psychiatres, de psychologues, de médecins et d’éducateurs ont dénoncé le marketing agressif de l’industrie pharmaceutique et les inquiétants effets indésirables du méthylphénidate. La Fédération des associations de défense de la santé publique, de coeur avec de nombreuses autres associations professionnelles, ont demandé le retrait du guide clinique du TDAH en raison du conflit d’intérêts de la plupart des auteurs qui l’ont rédigé, la majorité d’entre eux ayant déclaré avoir reçu de l’argent d’entreprises pharmaceutiques.

En Espagne, en 2007, les mouvements de l’Humaniste européen régional et de la Communauté pour un développement humain ont alerté le public sur la systématisation des traitements à base de psychotropes pour les enfants et les adolescents et ont appelé à l’ouverture d’un débat sur ce sujet, dénonçant auprès du Médiateur pour les enfants l’atteinte faite aux droits fondamentaux des enfants.

En 2018 déjà, le collectif Humanistes de Carabanchel a réalisé un documentaire sur les dangers de ce médicament « Être vigilant, l’autre visage du TDAH » [vidéo sous-titrée en français], qui a été diffusé à travers les écoles et les centres culturels de Madrid et dont l’impact fut considérable dans les médias éducatifs et de santé et auprès des familles confrontées à un diagnostic de TDAH.

Pour nous, ce changement de posture de la part de l’OMS est à célébrer. Il est évident que la contestation d’un si grand nombre de personnes a après tant d’années eu un effet. Un petit groupe comme le nôtre a accompli un travail d’investigation durant plusieurs mois permettant de tirer des conclusions claires, et ce malgré les obstacles mis au travers de notre chemin pour accéder aux informations et aux autorités sanitaires. Les témoignages recueillis sur les effets nocifs du méthylphénidate ont été largement diffusés.

L’OMS était sans nul doute déjà au courant du large questionnement autour de l’efficacité de ce médicament et de ses effets secondaires, mais quelque chose a changé à l’intérieur de l’organisation pour que sa position change ainsi. À partir de ce moment, la prescription de méthylphénidate n’est plus couverte par l’OMS. Quelque chose d’aussi politiquement correct et socialement accepté a perdu une part importante de sa légitimité. C’est comme lorsque l’on retire la clé de voûte d’un arc en plein cintre. Toutes les pièces perdent leur appui et l’arc s’effondre. Nous nous réjouissons pour tous ces enfants et adolescents qui se libéreront de cette agression chimique.

Mais que va-t-il se passer avec les millions d’enfants, adolescents et adultes qui l’ont pris jusqu’à ce jour ? Une très bonne chose serait qu’ils prennent connaissance de cette petite information, qui n’a toujours pas été largement relayé dans la presse, mais seulement dans les portails et magazines spécialisés que peu de personnes lisent. Faisons circuler cette nouvelle et permettons qu’elle atteigne tous les médias éducatifs et de santé.

 

Traduit de l’espagnol par Vincent Moussie

Catégories: International, Santé
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