Conte pour aimer

22.05.2020 - Paris, France - Laurence Baranski

Cet article est aussi disponible en: Anglais

Conte pour aimer
(Crédit image : Quimono | Pixabay)

Ce conte a été écrit par Laurence Baranski au début du mois de mai 2020.

Toute ressemblance avec la situation terrestre serait purement fortuite…

Vidéo :

Transcription de la vidéo :

Comme tous les contes, celui-ci commence par « Il était une fois… »

Cela se passait quelque part dans l’Univers, sur une planète semblable à la Terre.

Les habitants de cette planète savaient que l’Univers qui les entourait comptait des milliards de galaxies et que chaque galaxie à elle toute seule comptait des milliards d’étoiles et encore plus de planètes.

Ils avaient beau savoir cela, ils croyaient à l’époque qu’ils étaient les seuls êtres vivants, conscients et intelligents dans l’Univers. Ce n’était pas de la prétention, c’était plutôt de l’ignorance. C’est surtout ce qu’on leur avait dit et ils le croyaient, ou feignaient de le croire.

Ce que la très grande majorité d’entre eux ne savaient pas, c’est que leur planète avait été à plusieurs reprises visitée par des voyageurs venus de l’espace. Certains n’avaient fait que passer. Mais d’autres s’y étaient installés, car cette planète était belle et riche, et ses habitants y étaient dociles.

Les colonisateurs (c’est ainsi avec le recul qu’il convient de les appeler), s’y étaient mêlés, non sans prendre préalablement, parfois, l’apparence des habitants qui vivaient là. De ce fait, on ne les distinguait pas.

Avec le temps, ces visiteurs avaient progressivement scellé des alliances avec certains grands dirigeants du lieu. Ils leur promettaient le pouvoir et même la jeunesse éternelle, contre des richesses locales et parfois même quelques esclaves en bonne santé, qui soudain disparaissaient.

Convaincus de faire partie du clan des élus, les dirigeants puissants de cette planète devinrent tellement dépendants au pouvoir et à ses privilèges, qu’ils firent totalement allégeance aux êtres venus d’ailleurs. Ils ne se doutaient pas que ces derniers avaient un plan bien plus machiavélique. Ils voulaient en réalité prendre le contrôle total de la planète, car celle-ci avait une position stratégique dans l’Univers, ainsi qu’une énergie très particulière dont ils voulaient profiter. Il leur fallait pour cela quelques siècles. Pour eux c’était peu, ils avaient au début tout leur temps.

Ces êtres venus d’ailleurs étaient capables d’être avenants et aimables lorsqu’ils le décidaient. Mais à la différence des habitants d’ici, ils étaient incapables d’éprouver ce que nous appelons de l’empathie. En d’autres termes, ils n’avaient aucune humanité. Certains auraient aimé en éprouver mais ils ne le pouvaient pas. Leur manière d’exercer leur autorité était de ce fait froide, et parfois même glaciale. Ils ne faisaient aucun cas de la vie. C’est ainsi que toutes les décisions prises sur cette planète devinrent de plus en plus motivées par le seul appât du gain.

Aveuglés par l’illusion d’être puissants, les dirigeants puissants exécutaient toutes les volontés de leurs nouveaux donneurs d’ordre, même les plus violentes et les plus humiliantes pour tous les êtres vivants.

Les habitants d’ici furent tout de même de plus en plus interloqués. Ils ne comprenaient pas pourquoi, plus le temps passait, plus les décisions étaient contraires aux principes même de la vie, du vivant, et de son épanouissement.

Ce que les habitants d’ici ne savaient pas non plus, là encore pour la grande majorité d’entre eux, car ils ne l’avaient jamais appris, c’est que leur espèce, comme toutes les espèces conscientes dans l’Univers, avançait sur un chemin d’évolution. Cette évolution les amenait à s’éveiller progressivement, comme un enfant qui grandit, puis prend son autonomie.

C’est ainsi qu’il arriva un jour où les habitants commencèrent à se poser beaucoup de questions. Ils prenaient conscience d’eux-mêmes. Ils se questionnaient sur l’Univers, mais aussi sur la vie, sur la mort, l’esprit, la conscience, l’âme.

L’idée se répandit qu’ils vivaient dans une matrice d’illusions, et que ce qu’ils croyaient être la réalité n’était qu’un décor apparent. Le temps lui-même, qui rythmait pourtant leurs vies depuis toujours, commença à être remis en question. Certains disaient qu’il n’existait pas, et que tout était bien plus vaste qu’il n’y paraissait. D’autres affirmèrent que, dans cette réalité plus vaste, vivaient des êtres conscients et intelligents, bien que dotés d’un corps plus léger, plus évanescents, plus lumineux.Une autre idée se mit à émerger, celle de l’existence d’une foultitude d’univers dans l’Univers, en d’autres termes des Univers parallèles.

Bien sûr, tous les habitants n’étaient pas sensibles à ces idées, très vieilles en réalité, mais qui avaient été longtemps oubliées, et qui se mettaient à se réactiver. Elles se propagèrent tout de même. Suffisamment pour que des sortes de portes et de passerelles entre les Univers commencent à s’ouvrir et à s’établir. Très modestement tout d’abord, c’était un début.

C’est alors que les colonisateurs, toujours présents, se mirent à avoir peur. Si les habitants découvraient ces portes de sortie, ils allaient leur échapper. Pire, ils allaient pouvoir se rapprocher de ces fameux êtres lumineux qui les aideraient à toujours plus et mieux s’éveiller, et au final à traverser le voile des illusions.

Les êtres venus d’ailleurs étaient d’autant plus paniqués qu’eux-mêmes ne savaient pas comment traverser le voile des illusions. Ils étaient très doués pour voyager dans l’espace et même dans les univers parallèles, mais pas du tout pour s’éveiller.

Ils décidèrent alors de mettre en place une puissante contre-offensive. Il fallait d’urgence mettre les habitants sous contrôle. Aidés par des dirigeants puissants, ils firent croire à tous les habitants de la planète que leurs vies étaient menacées, mais que pour les sauver d’une mort inévitable, ils pouvaient les aider.

Les habitants étaient naïfs, ils les crurent. Beaucoup attendaient même fébrilement le remède miracle. Il n’y avait en réalité aucune menace. Mais une fois absorbé, le remède aurait permis une mise sous contrôle totale des corps et des esprits. Les plus fragiles pouvaient bien en mourir, cela n’avait pas d’importance, puisqu’il n’y avait dans cet incroyable plan de manipulation aucune empathie.

Les habitants furent obligés de s’isoler, de très peu se parler, et de ne plus se toucher. Cela faisait partie des consignes. Heureusement, après un petit moment d’abattement, les habitants les plus éveillés, et tous ceux qui étaient à deux doigts de se réveiller, se mirent à se questionner. Quelque chose clochait. Mais ils ne pouvaient pas lutter, car ils auraient été emprisonnés ou même pire.

Alors ils firent ce qui trop longtemps avait été oublié : ils commencèrent à croire en eux-mêmes, profondément. Non contents de retrouver confiance en eux, ils se connectèrent par la pensée à tous les savoirs délaissés, qui avaient été remisés dans les greniers au nom de la rationalité. Certains se mirent à prier, d’autres à méditer, d’autres à chanter, d’autres à rire.

Tous se mirent à aimer. Aimer les autres, aimer leur planète, la vie, s’aimer soi-même. Ils le firent en masse. Ils n’avaient plus peur. Ils étaient en train de retrouver la voie du cœur.

Très rapidement, par un effet totalement naturel bien que très peu étudié jusque-là, les vibrations de leurs corps augmentèrent. En s’élevant, elles rencontraient le voile des illusions qu’elles se mettaient par endroit à soulever, ou à traverser, ou à transmuter.

De l‘autre côté, des consciences éveillées se mirent à les aider. Elles n’auraient pas pu le faire avant, car il fallait d’abord que les habitants d’ici fassent le premier effort. Quelle sorte d’adulte deviendra un enfant, si on le prive de la force et de la fierté de réussir par lui-même ?

C’est ainsi qu’un jour, lorsque le voile des illusions fut suffisamment levé, une lumière nouvelle se répandit sur la planète, de plus en plus. Rien ne changea vraiment, mais tout y devint plus lumineux, plus joyeux, plus conscient. Que devinrent les colonisateurs ? Aveuglés par tant de clarté, ils disparurent. Les habitants avaient trouvé la seule arme contre laquelle ils devenaient impuissants : celle de la conscience qui prend conscience d’elle-même et qui s’élève. Que devinrent les dirigeants puissants qui s’étaient prêtés au jeu ? L’histoire ne le dit pas. Peut-être errent-ils quelque part dans l’Univers ? Souhaitons-leur de retrouver leur chemin.

Depuis, sur cette planète, on apprend aux enfants cette histoire, celle de leur planète, de l’univers et de la vie. On leur apprend également autre chose. Bien que cette histoire soit totalement véridique, on leur dit pourtant que rien dans ce récit n’est vrai. Car toute cristallisation de la pensée, toute narration, tout récit, aussi juste soit-il, n’est qu’une illusion, une simple impression de réalité.

On leur explique que, au cours de leur vie, ils pourront avoir besoin momentanément de croire en des illusions, comme on a besoin d’une marche pour monter l’escalier. Cela sera même souvent indispensable.

Mais une fois qu’ils seront parvenus sur la marche supérieure, ils s’apercevront que ce qu’ils pensaient être la vérité s’efface, pour laisser la place à une autre vérité bien plus vaste.

On leur apprend que cette vérité, qu’ils recherchent, la leur, est encore ailleurs, au fond de leur cœur. C’est là que tout se crée, et que tout peut être transformé.

On leur apprend aussi que tout ce qu’ils verront, découvriront, et comprendront au cours de leur vie est déjà en eux. Ombre et lumière, tout sera leur création.

Depuis, les enfants d’ici explorent le monde qui les entoure le cœur léger, avec curiosité, en laissant toujours briller en eux cette flamme intérieure dont ils découvrent chaque jour un peu plus la magie. Ils savent qu’en partant à la découverte du monde, ils explorent l’immensité de leurs propres mondes.

Quant à leurs parents et à tous les autres habitants, ils aiment se souvenir qu’ils ne sont que des enfants, qui sont seulement devenus un peu plus grands.

Aujourd’hui, cette planète est une planète simplement heureuse, où on a appris à vivre en harmonie, et où on respecte la vie.

Catégories: Europe, Humanisme et Spiritualité
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