Le coronavirus en Europe : la priorité à la santé ou à l’économie ?

17.03.2020 - Prague, République tchèque - Gerardo Femina

Cet article est aussi disponible en: Anglais, Espagnol, Italien, Grec

Le coronavirus en Europe : la priorité à la santé ou à l’économie ?
Vue d'une place à Prague

L’Europe doit étudier les mesures efficaces entreprises par la Chine, la Corée et l’Italie pour combattre le coronavirus et les imiter, voire les améliorer.

Le 7 janvier dernier, il y a seulement quelques semaines de cela, la Chine a informé le monde entier qu’un nouveau virus s’est manifesté, un virus qui était jusqu’alors inconnu et donc très dangereux car il n’y a pas de défense immunitaire spécifique, est imprévisible et il n’y a pas d’outils pour le combattre. La Chine a immédiatement pris des mesures drastiques qui ont conduit à l’isolement de villes entières et de plus de 60 millions de personnes. La vie et le comportement social d’un pays ayant une population de presque 1,4 milliards de personnes a alors complètement changé. Ils ont fermé des usines et mis en danger la suprématie économique qu’ils ont passé des décennies à construire. Il était évident qu’ils avaient affaire à un problème de taille. Mais malgré ces preuves et les avertissements de l’OMS, les gouvernements européens ont réagi de manière très superficielle et sans aucune coordination. Les politiciens étaient peut-être distraits ou incompétents. Ils étaient peut-être occupés avec leurs petits soucis quotidiens ou les résultats des municipales. Peut-être étaient-ils confrontés au choix de donner la priorité à la santé des gens ou aux affaires, à l’économie, aux marchés…

Certains pays, à l’instar de l’Italie, ont annulé les vols directs venant de la Chine au début du mois de février, une mesure vraisemblablement inutile car le reste de l’Europe ne l’a pas adoptée. L’information fournie aux citoyens était superficielle et contradictoire. Même les « experts » ont déclaré aux médias que le nouveau coronavirus, n’étant qu’une simple grippe, n’avait rien d’inquiétant. Les citoyens ont été traités comme des enfants et le manque d’information a créé une panique et conduit à ce qu’est maintenant devenu une fameuse intox.

La tempête a inévitablement éclaté le 23 février en Italie. Le nombre de dépistages continuait à augmenter exponentiellement et de plus en plus de mesures décisives et sévères ont été prises. En même temps, on a finalement appris un peu plus sur le problème. Ce nouveau coronavirus n’est pas une simple grippe, mais n’est pas non plus le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) ou encore l’Ebola. C’est un nouveau virus, les humains n’ont pas les anticorps nécessaires et il se propage donc très facilement. Comme il s’agit d’un virus inconnu, on ne sait pas grand-chose à son sujet. Environ la moitié des personnes officiellement contaminées ont besoin d’un traitement hospitalier et environ 10 % doivent être hospitalisées en soins intensifs. Si le virus se propage à une grande partie de la population, il est possible que les établissements de santé ne puissent pas être en mesure d’aider les malades, surtout si les médecins et les infirmières sont malades.

Ce que l’on a compris, d’abord en Chine, puis en Corée et en Italie, c’est que puisqu’il n’existe ni remède ni vaccin, le seul remède est d’éviter la contamination. D’où les mesures qui visent à éviter le contact physique entre les personnes : se laver les mains, éviter les lieux bondés, garder une distance d’au moins un mètre avec les autres, fermer les écoles, les théâtres, les manifestations sportives, limiter les déplacements au strict nécessaire…

Malgré les erreurs commises en janvier, malgré ce qu’il se passe en Italie, plusieurs pays européens continuent à tacler la question avec très peu de lucidité et de fermeté. L’alerte au coronavirus a été lancée en Corée du Sud en février mais ce n’est que le 5 mars que les vols directs de la Corée furent annulés. L’information qui circule n’est pas claire, et une partie de la population est en panique mais n’a pas changé de comportement social. L’autre partie de la population est sceptique et pense que ce n’est qu’une simple grippe. Il est impossible de trouver un masque ou du gel antibactérien dans toute la ville de Prague, où je vis. Dans un contexte plus sérieux, une démarche a été entreprise pour identifier le coupable de la propagation du virus en Italie. De cette manière, l’attention est détournée du fait que nous sommes confrontés à une épidémie qui touche l’ensemble de l’Europe et du monde entier, comme le répète sans cesse l’OMS.

Graphique de la propagation du virus en Italie.

Il est fort probable que d’autres pays vivront la situation actuelle de l’Italie (bien que dans notre cœur, nous espérons vivement que cela n’arrivera pas) si les mesures nécessaires ne sont pas prises. Mais ceci est seulement possible si la santé des gens passe avant les intérêts et pouvoirs économiques. Il est certain qu’un comportement comme celui du Premier ministre tchèque Babis, qui a critiqué l’Italie et le Président français Macron et est allé au théâtre pour calmer la population, n’est pas ce dont nous avons besoin en ce moment. Nous avons besoin d’un engagement plus sérieux dans la santé publique !

Nous devons étudier les mesures efficaces entreprises par la Chine, la Corée et l’Italie pour combattre le coronavirus et les imiter, voire les améliorer. Il est nécessaire, d’une part, de ralentir la propagation du virus et, d’autre part, de renforcer les établissements de soins de santé, d’augmenter le nombre de lits, notamment dans les soins intensifs, d’embaucher du personnel médical et de fournir les installations médicales nécessaires. D’une part, les gouvernements doivent assumer la responsabilité de la situation et, d’autre part, les gens doivent comprendre qu’il ne s’agit pas seulement de se protéger contre le virus, mais d’aider les autres, et surtout les plus faibles à ne pas être contaminés.

 

Traduction de l’anglais, Maryam Domun Sooltangos

Catégories: International, Opinion, Santé
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