Interview de Sylvie Nony, du collectif « Alerte Pesticides Haute Gironde », suite à l’action de ANV-COP21 Gironde le 8 février 2020, qui dénonce l’utilisation des pesticides de synthèse dans la viticulture bordelaise.

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Interview de Sylvie Nony sur les pesticides utilisés à Bordeaux dans la viticulture

Crédit vidéo : Xavier Foreau

Sylvie Nony : « Pour l’heure, nous sommes devant les vitrines du CIVB (Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux) qui vient d’être décorée par les militants ANV-COP21, repeinte en vert.

Action non-violente organisée à Bordeaux

Ils ont suggéré fortement aux responsables des vins de Bordeaux d’envisager une transition de toute la viticulture de Gironde en bio, pour que nous cessions de respirer ces pesticides de synthèse.

Cet abandon des pesticides de synthèse est vraiment à l’ordre du jour.

C’est peut-être même la seule question qui se pose. »

Le contexte législatif

Sylvie Nony : « Des arrêtés qui ont été pris ces derniers temps, 5 mètres – 10 mètres, tout le monde sait qu’ils ne protègent rien ni personne, surtout face à des substances aussi dangereuses que celles que l’on trouve encore dans les produits qui sont utilisés pour traiter la vigne.

Alors on nous dit que ces produits seront autorisés. Oui, c’est vrai.

Mais déjà on peut s’interroger sur les processus pour les autoriser, et s’interroger doublement quand on voit que chaque année des dizaines de produits qui étaient autorisés sont retirés de la circulation, parce qu’estimés trop dangereux. »

La question de la santé

Sylvie Nony : « Donc nous dans le Nord Gironde, on a voulu poser la question de ce que respirent les riverains, la question de la nature des produits utilisés.

C’est une question qui n’est pas envisagée par les arrêtés qui ont été pris par le ministère.

Donc ces produits, certains sont cancérigènes, d’autres sont perturbateurs endocriniens, d’autres SDHI, c’est-à-dire des produits qui inhibent la respiration cellulaire des champignons comme l’oïdium, mais aussi des insectes, des lombrics, et les cellules humaines en même temps. »

Ouvrir la parole

Sylvie Nony : « Donc on a voulu tirer la sonnette d’alarme là-dessus, et aussi donner la parole aux riverains qui dans nos régions agricoles, travaillent peu ou prou à la vigne.

La prise de parole est difficile.

Donc c’est ce qu’on a voulu privilégier : que les gens se parlent, aussi bien les viticulteurs que les riverains, afin que justement on trouve des façons de poser les questions qui permettent à chacun de s’entendre et qui permettent de trouver des solutions. »

Trouver des solutions

Sylvie Nony : « La première solution c’est l’abandon des molécules les plus dangereuses.

D’autres solutions peuvent être aussi ajoutées pour avertir les riverains, les protéger, traiter à des moments beaucoup moins dangereux que d’autres.

Mais nous ce qu’on veut, c’est arrêter cette guerre des tranchées qui est organisée depuis quelques mois par la FNSEA au niveau national, qui prétexte à une campagne d’agri-bashing.

Nous ne voulons pas dénigrer les agriculteurs, juste mettre en cause la nature des produits qu’ils utilisent, les pratiques agricoles qu’ils répandent.

Et ça nous nous estimons que c’est notre droit de citoyen, de choisir ce qu’on respire surtout dans ce département. »

Une cellule militaire mise à la disposition de la FNSEA

Sylvie Nony : « Dénoncer l’agri-bashing la part de la FNSEA, c’était pour justifier une répression absolument inouïe contre les militants qui comme nous dénoncent effectivement ce type d’agriculture et en mobilisant, c’est un fait unique dans l’histoire d’une démocratie, une cellule militaire qui est mise à la disposition d’un syndicat privé, pour assimiler les gens comme nous, qui nous interrogeons sur ce qu’on respire, sur ce qu’on boit, sur ce qu’on mange, et les assimiler à des voyous, à des gens qui commettent des crimes, qui commettent des vols.

La cellule DEMETER amalgame tout ça, tout ce monde là, en une seule catégorie de gens qui agressent les paysans et les agriculteurs.

Donc nous trouvons inadmissible la création de cette cellule DEMETER.

Les militants d’ANV-COP21 tout à l’heure dans leurs chansons ont bien pensé à épingler cette cellule qui n’a rien à voir avec les valeurs de la république.

Donc nous demandons sa dissolution. »

 

Remerciements à Sylvie Nony pour sa disponibilité.

 

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