Un chef religieux remporte un prix international pour sa lutte contre l’intolérance religieuse

17.10.2019 - Brésil - Vinícius Chamlet

Cet article est aussi disponible en: Espagnol, Portugais

Un chef religieux remporte un prix international pour sa lutte contre l’intolérance religieuse

Ivanir dos Santos est un babalawo (prêtre du candomblé), docteur en histoire de l’Université fédérale de Rio de Janeiro, et l’une des voix luttant contre l’intolérance religieuse dans l’État de Rio de Janeiro. Créateur de la Commission de lutte contre l’intolérance religieuse (CCIR), entité qui réunit des représentants de différentes religions, de la police et de la justice, afin de recenser les cas d’intolérance religieuse et créer des mécanismes pour contenir ce type de violations des droits humains.

Diplômé en pédagogie, le leader académique et religieux nous livre une histoire digne d’un film.

« J’ai dédié ma thèse à une prostituée de Praça Onze, une paysanne de la ville de Campos, arrivée à Rio dans les années 50 en tant qu’employée de maison et qui avait un fils avec un Bahian, nous raconte Ivanir dos Santos. »

« Elle est laissée seule et doit se prostituer dans la mangrove pour subvenir aux besoins de son fils. A l’âge de huit ans, cet enfant est kidnappé et se retrouve à Funabem. A l’âge de 14 ans, ce garçon retourne sur la place, un  dimanche de match dans le Maracanã, et quand il essaie de retrouver sa mère, il découvre qu’elle est morte. La version officielle dit qu’elle a versé de l’alcool sur son corps et s’est suicidée. Ce garçon, c’est moi. A l’âge adulte, il découvre qu’elle a été assassinée par un policier de l’escadron de la mort d’Olaria, et depuis, quarante ans de lutte pour les droits de l’homme, contre le racisme et le génocide ont passé. Tout a à voir avec cette histoire. -Thèse d’Ivanir dos Santos. »

« L’État de Rio de Janeiro a un taux élevé de cas de violence religieuse, principalement contre les religions d’origine africaine, un des reflets du racisme structurel qui sévit au Brésil. Selon les données du Ministère de la famille, de la femme et des droits humains, 537 cas de discrimination religieuse ont été recensés en 2017. De 2011 jusqu’au second semestre 2018, il y a eu une forte augmentation, de 15 cas par an à 506, soit une augmentation de plus de 3.270%. »

« Ce type d’attitude ne devrait pas être une exception, mais malheureusement, en plus d’être inhabituel, les attaques de chrétiens contre des temples et des sites religieux d’origine africaine sont beaucoup plus fréquentes que toute forme d’aide et d’empathie. Pour moi, des attitudes comme celles de la femme Pasteur Lusmarina sont essentielles pour deux raisons : premièrement, c’est une responsable religieuse qui influence les fidèles dans sa communauté. Si les chefs religieux assumaient un discours de tolérance et de respect d’autrui, l’intolérance religieuse n’existerait pas, puisque l’intolérance s’apprend dans les Églises chrétiennes. En d’autres termes, qui enseigne aux fidèles, si ce n’est la direction des Eglises ? La deuxième raison est que c’est une solution. J’explique, pendant des siècles, que les chrétiens ont persécuté, détruit et voulu effacer les religions d’origine africaine. Ainsi, des attitudes comme celle du révérend Campos indiquent la rétractation d’une dette historique que nous, chrétiens, avons envers la population noire en général et de se souvenir que les chrétiens soutenaient l’esclavage, avaient des esclaves et les forçaient à construire leurs temples religieux. Malheureusement, le racisme structurel dans lequel nous vivons a été largement ratifié par le christianisme. – Simony dos Anjos dans une interview pour Pressenza. Simony est sociologue et membre du Collectif évangélique pour l’égalité des sexes. »

Selon la Déclaration universelle des droits humains, tout être humain a droit à la liberté religieuse. La religion occupe une place importante dans la vie des gens, et le droit d’avoir ou non une croyance doit être pris en compte dans la réflexion sur la qualité de vie des populations et le droit aux libertés individuelles.

Ivanir dos Santos est l’un des premiers à recevoir le prix créé par le gouvernement américain, avec trois autres chefs religieux de différentes parties du monde.

« Ensemble, nous sommes plus forts ! Et je suis convaincu que nous pouvons tous croire en un pays meilleur pour nos enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, considérant l’éducation comme une force transformatrice, la justice sociale comme une force inclusive et la coexistence pacifique comme un exemple pour le monde » – Ivanir dos Santos.

Pour information, vidéo sur l’intolérance religieuse (en portugais).

 

Traduction de l’espagnol, Romane Vilain

Catégories: Amérique du Sud, Droits humains
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