[10 ans Pressenza] Interview de Gabriel Mazzolini, des Amis de la Terre : « Il n’y a pas assez de pression sur les politiques, donc c’est à nous de la créer »

11.08.2019 - Paris, France - Rédaction Paris

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[10 ans Pressenza] Interview de Gabriel Mazzolini, des Amis de la Terre : « Il n’y a pas assez de pression sur les politiques, donc c’est à nous de la créer »
(Crédit image : Clémentine Bonnet | Pressenza)

Au mois d’avril 2019, Pressenza a organisé des événements à Paris et à Bordeaux pour célébrer les 10 années d’existence de l’agence.

L’évènement à Paris avait pour titre “Quel est ton engagement pour la planète ?” et a donné lieu à plusieurs interviews, nous présentons ici celle réalisée avec Gabriel Mazzolini, de l’association Les Amis de la Terre.

Crédits Vidéo : Brigitte Cano. Interview par Mauricio Alvarez.

Cliquer sur l’image pour voir la vidéo.

https://youtu.be/9NxiqJM9JjU

Transcription de l’entretien :

Pressenza : Bonjour, Vous êtes Gabriel Mazzolini et vous participez à l’association Les Amis de la Terre, est-ce que vous pouvez nous dire plus sur vous et votre engagement ?

Gabriel Mazzolini : Les Amis de la Terre est une ONG qui est née dans les années 70 avec l’idée qu’il fallait construire un réseau international pour faire face aux enjeux environnementaux de notre siècle, depuis elle est devenue un réseau dans plus de 80 pays. L’idée c’est véritablement d’essayer d’obtenir des changements concrets en faisant du plaidoyer, donc en construisant de l’expertise vis-à-vis des multinationales, des acteurs publics, etc., et en même temps, en mobilisant les citoyens et citoyennes, quand c’est nécessaire, pour faire pression et obtenir des changements concrets.

Moi, je suis chargé de mobilisation au sein de l’association Les Amis de la Terre et je m’occupe, comme le nom l’indique, de penser les étapes de mobilisation en fonction des différentes campagnes qui ciblent parfois des banques, comme la Société générale ou des grandes multinationales comme Amazon, etc.

Pr. : Quel est votre sentiment par rapport à la situation de la planète aujourd’hui ?

G.M. : Qu’elle se porte très mal et que ça va être de pire en pire, il ne pas ce faux pas se leurrer là‑dessus, ça va être une bataille très difficile, et ce qui compte c’est d’arriver à constituer un mouvement populaire radicale pour le climat, dans lequel le tout le monde puisse s’impliquer pour obtenir des changements profonds, mais il faut savoir que le monde que l’on l’a vu jusqu’ici va potentiellement disparaître, et c’est peut-être un bien, parce que la société que l’on pourra construire après sera sûrement beaucoup plus résiliente, beaucoup plus solidaire, encore faut-il qu’on reste en dessous des 2 degrés d’augmentation.

Pr. : Vous nous avez parlé de votre engagement personnel pour la planète, on a vu les citoyens se mobiliser. Comment sensibiliser les décideurs ?

G.M. : Les décideurs sont sensibilisés, c’est ça le problème. Ils ont déjà les informations qui leur faut, le problème c’est que derrière, nous, on ne fait pas assez pression pour qu’ils se rendent compte qu’il faut que tout cela se concrétise. Cela fait des années que toutes sortes d’ONG ont produit des rapports d’expertise, on fait des rendez-vous, on cale des conférences, etc., avec tel ou tel député, ou des décideurs politiques ou privés ; ce ne sont pas les informations qui manquent à ces personnes-là, parce que l’on se donne beaucoup de peine à leur en donner. Ce qui manque, c’est justement que l’on soit nous en capacité de dire : ce n’est pas juste des avis ou des expertises que nous produisons, c’est des choix, et que nous exigeons un autre monde que nous voulons. Et pour cela nous sommes prêts à faire pression par tous les moyens légaux qui nous sont mis à disposition, y compris parfois désobéir à des lois, de façon nonviolente, pour montrer des situations d’injustice, qui sont aujourd’hui le fait d’un système qui perdure et qui refuse de changer, alors que c’est nécessaire.

Pr. : Selon vous, ce qui bloque les politiques pour changer notre système, c’est le fait qu’ils ne veulent pas changer les choses et changer le système, c’est ça ?

G.M. : Il n’y a pas assez de pression sur eux, donc c’est à nous de la créer.

 

Plus d’information sur les événements Pressenza 10 ans :

A Paris :

1/ [10 ans Pressenza – Paris] Évènement : “Quel est ton engagement pour la planète ?”

2/ [10 ans Pressenza] Interview de Thierry Chen, d’Extinction Rebellion

3/ [10 ans Pressenza] Interview de Claudine Buriez, de l’association Splash Mouv’n Swing : « Créer ensemble, voilà ce qui nous paraît intéressant »

4/ [10 ans Pressenza] Interview de Gabriel Mazzolini, des Amis de la Terre : « Il n’y a pas assez de pression sur les politiques, donc c’est à nous de la créer »

 

A Bordeaux :

1/ [10 ans Pressenza – Bordeaux] Expo photo et projection débat

2/ Interview :  « Nous sommes dans une phase de rigidification, les ferments de changement cherchent à s’exprimer », François Pellegrini

3/ Accès du citoyen à l’information : interview de Patrick Maupin, de Greenpeace

4/ Interview : Korbak, d’Aquilenet : internet, un outil démocratique

Catégories: Europe, Nonviolence
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