Furukawa : l’esclavage de l’abaca en Équateur

11.03.2019 - Equateur - Walker Vizcarra

Cet article est aussi disponible en: Espagnol

Furukawa : l’esclavage de l’abaca en Équateur
Jeunes dans l'un des camps (Crédit image : Walker Vizcarra)

L’Équateur est le deuxième producteur mondial d’abaca, considérée comme l’une des fibres du futur. Furukawa Plantaciones C.A. de l’Équateur est une entreprise japonaise établie dans la province de Santo Domingo de los Tsáchilas depuis plus de 50 ans et qui compte actuellement 32 fermes réparties sur une superficie de 2 300 hectares répartis sur Santo Domingo de los Tsáchilas, Los Ríos et Esmeraldas.

Pour des raisons professionnelles, je suis allé visiter plusieurs camps de la compagnie Furukawa, je ne peux toujours pas ordonner tout ce que j’ai vu, perçu, ressenti… Je suis sorti avec une très forte sensation d’oppression. Sans comprendre comment une telle situation indigne peut exister pour des êtres humains à quelques kilomètres de Santo Domingo de los Tsáchilas.

Les droits de centaines de travailleurs et de leurs familles ont été systématiquement bafoués. Ils n’ont ni sécurité sociale, ni aucune sécurité pour le travail ; les travailleurs vivent dans des taudis de 3 x 3 mètres – ils ressemblent plus à des écuries –, sans eau ni électricité, en fait l’eau est puisée dans des puits, ils n’ont pas de toilettes, mais une latrine avec un trou immonde pour les 7 ou 8 chambres dans chaque camp.


La plupart des gens ont à peine fini l’école, beaucoup d’enfants et d’adolescents qui y vivent ne pourront pas continuer leurs études parce qu’il leur faut une heure de marche pour accéder à une route goudronnée, puis encore environ 15 minutes pour rejoindre Patricia Pilar, le canton le plus proche.

Il est incompréhensible de comprendre qu’aucune dépendance de l’État, pendant des décennies, n’ait rien fait pour ces personnes et pour changer leur situation personnelle et de travail, ou leurs perspectives de future ; en fait certaines personnes y sont nées et continuent à faire ce qui faisaient leurs parents il y a 30 ans, pour certains cas.

Ce que l’on y observe, c’est que les gens vivent dans une situation d’esclavage, à tel point que dans l’un des camps, on nous a dit qu’ils ne pouvaient pas avoir d’animaux à élever, ni semer quoi que ce soit pour leur consommation personnelle, ils sont même surveillés avec des drones. Les camps d’entreprise de Furukawa sont un endroit où les rêves sont enfermés.

Catégories: Amérique du Sud, Droits humains, Reportages photo
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