Grève des femmes, grève féministe le 8 mars 2019 en Belgique

14.02.2019 - Collectif.es. 8 Mars, Belgique - Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (CADTM)

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Grève des femmes, grève féministe le 8 mars 2019 en Belgique
(Crédit image : https://8maars.wordpress.com/collecti-e-f-8-maars/)

Par le Collecti.e.f 8 maars (*)

Partout dans le monde, les femmes se lèvent, dénoncent, réagissent au sexisme, à toutes les formes de violence et aux discriminations qu’elles subissent. Cette année, nous aussi, les femmes en Belgique, passons à l’action.

Ce 8 mars 2019, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, nous appelons à la grève. Les femmes participent à tous les aspects de la vie, c’est pourquoi cette grève va plus loin que le travail salarié, et touche également au travail domestique, au soin aux autres, à la consommation et aux études. Lançons donc un message fort à la société : “si les femmes s’arrêtent, le monde s’arrête”.

– Assez de la précarité économique organisée, qui nous maintient dans les temps partiels, dans des métiers dévalorisés, faisant de nous des travailleuses pauvres et dépendantes.

– Assez de l’inégalité salariale, des retraites tardives et des pensions de misère. Assez des allocations inaccessibles, insuffisantes et inadaptées.

– Assez du manque de crèches, de homes et d’infrastructures d’accueil et de soin accessibles, qui fait peser une responsabilité collective exclusivement sur les épaules des femmes.

– Assez d’être seules à prendre en charge le travail domestique quotidien et le soin aux autres. Assez que ce travail gratuit ou peu rémunéré, et la charge mentale qui va avec, ne nous laissent pas de temps pour nous.

– Assez des politiques migratoires racistes qui nous mettent particulièrement en danger, nous enferment, nous condamnent à la pauvreté et nous tuent.

– Assez d’être discriminées partout sur base de nos couleurs de peau, de nos origines, de nos revenus, de nos genres, de nos orientations sexuelles, de nos croyances…

– Assez des stéréotypes sexistes dans l’éducation, la culture, les médias et la publicité, qui nous renvoient l’image de la femme-objet et nous cantonnent dans des rôles spécifiques et secondaires.

– Assez qu’on nous impose comment vivre notre sexualité, notre rapport à la maternité, à la contraception et à l’avortement. Assez qu’on se mêle de nos corps et de nos vies.

– Assez des violences médicales et gynécologiques, et des difficultés d’accès aux soins.

– Assez des violences physiques et psychologiques (domestiques, sexuelles, dans le couple, harcèlement de rue et au travail…). Assez des féminicides, des meurtres de femmes parce qu’elles sont femmes. Assez de la complicité politique et juridique dont les auteurs bénéficient.

Nous n’avons que trop attendu, il est grand temps d’exiger du respect, du changement et de réécrire ensemble les règles du jeux. Quittons nos places habituelles et rassemblons-nous pour reprendre celles dont on nous prive. Faisons entendre nos voix. En solidarité, chacune avec ses possibilités, son vécu, ses revendications et ses désirs, faisons du 8 mars 2019 une journée intense de lutte et de libération.

 

Revendications générales de la grève nationale du 8 mars !

Ce 8 mars 2019, nous appelons toutes les femmes (Personnes identifiées comme femmes et/ou se reconnaissant dans cette identité) à cesser leurs activités afin d’envoyer un message fort à toute la société:

“Si les femmes s’arrêtent, le monde s’arrête”.

Pendant 24h partout dans le pays, plusieurs actions et mobilisations seront menées. Voici les revendications du Collecti.e.f 8 maars. Elles sont le résultat d’une construction collective à continuer. Le but est de proposer une base de revendications à la fois solide et suffisamment large pour permettre à chaque groupe et collectif de se les approprier à sa manière.

Mobilisons nos proches, organisons des actions, agissons ensemble pour porter ces désirs de toute notre force !

 

TRAVAIL

Les salaires et les conditions de travail

Nous refusons les discriminations structurelles que subissent les femmes sur le marché du travail exacerbées par des coupes budgétaires. Nous exigeons la fin des temps partiels imposés et la fin des contrats précaires.

Nous revendiquons l’égalité salariale entre les hommes et les femmes.

Nous exigeons aussi une réduction collective du temps de travail qui se fasse sans perte de salaire, avec embauches compensatoires, sans réduction de cotisations sociales et sans intensification du travail. La réduction du temps de travail hebdomadaire ne peut pas être compensée par une augmentation de la durée de la vie professionnelle.

Nous refusons les pensions de misère et le relèvement de l’âge légal de départ à la pension.

Nous refusons le remplacement des barèmes par un système fondé sur «la productivité et la compétence».

Nous exigeons la revalorisation des métiers féminisés, leur requalification et la reconnaissance de leur pénibilité. Nous exigeons également la rémunération des stages.

 

Le travail domestique et le travail du care

Nous refusons d’accepter la division genrée du travail qui implique que les femmes se retrouvent majoritairement dans les métiers sous-valorisés du care (santé, soin aux personnes, éducation…) et qu’elles assument la majorité du travail domestique (charge mentale, nettoyage, tâches ménagères, courses, nourriture, rangement, éducation…) payé ou non payé.

Nous revendiquons la reconnaissance de l’importance primordiale du travail reproductif pour la société et nous exigeons sa prise en charge collective et égalitaire. Par travail reproductif, nous entendons le travail effectué pour assurer la reproduction de la force de travail, travail sous-valorisé et reposant essentiellement sur le travail gratuit des femmes : tâches de soin aux plus jeunes et aux plus âgé.es mais aussi, dans et en dehors de la sphère domestique, un travail organisationnel et émotionnel assigné et rendu invisible : écoute, gestion des émotions et des conflits, charge mentale liée au travail reproductif…

Nous dénonçons l’exploitation spécifique des femmes précarisées et/ou migrantes dans le domaine des soins aux autres.

 

La sécurité sociale et les services publics

Nous exigeons des services publics (santé, transport, éducation, administration, communication, logements, infrastructures sportives et culturelles) accessibles à toutes et qui correspondent aux besoins des femmes. Nous exigeons particulièrement l’ouverture de plus de crèches publiques.

Nous voulons un accès automatique (sans procédure administrative) aux aides sociales, l’individualisation des droits sociaux sans perte de revenus et l’accès à la pension à 60 ans. Nous voulons la reconnaissance du travail informel dans l’accès aux droits sociaux.

Nous exigeons l’augmentation des congés parentaux sans perte de salaire et avec une répartition égalitaire entre les parents.

 

FRONTIERES

Solidarité internationale

Nous sommes solidaires de toutes les luttes contre l’exploitation et pour l’émancipation des femmes qui ont lieu partout dans le monde. Nous rejoignons l’appel à des grèves féministes internationales lancé en 2017 par le mouvement argentin Ni una menos et la Women’s Strike aux Etats-Unis.

 

Libre circulation des personnes

Nous pensons qu’aucune personne migrante ne doit être considérée comme illégale. Nous exigeons la protection, l’accueil inconditionnel et dans de bonnes conditions de toutes les personnes exilées.

Nous exigeons de prendre en compte la situation spécifique des femmes et des filles migrantes : nous voulons un accès sans condition aux soins de santé, au logement, au travail et à l’éducation.

Nous revendiquons la régularisation de toutes les personnes sans papiers, la fermeture immédiate de tous les centres fermés et l’arrêt des expulsions forcées.

 

Lutte décoloniale et anti-impérialisme

Nous refusons la participation directe et indirecte (exportation d’armes) de la Belgique aux guerres internationales, dont les femmes sont les premières victimes. Nous refusons également toute forme d’ingérence et d’impérialisme au nom de la protection des femmes et de l’égalité des genres.

Nous exigeons la transmission effective de l’histoire coloniale belge (Congo, Rwanda et Burundi) et du rôle clé qu’elle a joué dans l’enrichissement de la Belgique. L’expertise des femmes de la diaspora africaine impliquées dans la lutte décoloniale doit être reconnue et valorisée.

 

CORPS ET SEXUALITES

Nous défendons notre autonomie et notre auto-détermination. Nos vies, nos corps et nos désirs nous appartiennent.

Discriminations

Nous sommes contre un système et une culture machistes qui discriminent selon les corps, les couleurs de peau, les identités de genre et les sexualités. Nous voulons une reconnaissance et une dépathologisation de la diversité de nos corps.

Nous voulons pouvoir aimer qui nous voulons, comme nous le voulons et quand nous le voulons. Nous voulons pouvoir vivre librement nos sexualités en dehors des stéréotypes. Nous voulons que nos corps soient libres de bouger, de choisir et de jouir.

Les femmes lesbiennes, bisexuelles, les personnes trans, intersexes et non-binaires, doivent pouvoir exprimer librement leur identité et leurs sexualités avec une pleine reconnaissance des droits sexuels et reproductifs.

 

Santé

Nous exigeons des services de santé publique accessibles pour toutes, indépendamment de la situation économique, de la légalité du statut de résidence dans le pays, de l’identité de genre et de l’orientation sexuelle. Nous voulons que les institutions médicales s’engagent à travailler contre les violences obstétricales et autres violences sur nos corps. Nous exigeons d’avoir les informations nécessaires avant de consentir à tout acte médical.

 

Avortement et contraception

Nous exigeons que toutes les femmes, quel que soit leur statut, aient un accès gratuit à l’avortement.

Nous exigeons que l’avortement sorte totalement du code pénal et sans aucune condition ni restriction (délai de réflexion, nombre de semaines, “état de détresse”…)

On veut un accès gratuit à la contraception et rendre accessible à tous les produits de réception de règles.

 

ÉDUCATION

Nous défendons une éducation laïque et non sexiste incluant une analyse de genre dans toutes les disciplines du curriculum. Nous voulons que soit incorporée dans les programmes scolaires spécifiquement la lutte contre les stéréotypes sexistes et LGBTQIphobes.

Nous exigeons que le programme de l’EVRAS (Éducation à la vie sexuelle et affective) soit discuté et construit par les organisations qui défendent les droits des femmes et la diversité, et que soit prévu et financé tout le soutien nécessaire pour sa mise en pratique.

Nous revendiquons une éducation à la vie sexuelle et affective complète, ouvrant à la diversité, encourageant l’auto-connaissance, le respect de son corps et intégrant le concept de consentement.

Nous voulons une prévention à l’école des violences sexuelles, des IST (Infections sexuelles transmissibles) et des grossesses non désirées.

Nous revendiquons que les filles et les femmes puissent faire l’expérience de leur corps dans tous les espaces et nous luttons contre une répartition genrée des espaces au détriment des libertés des femmes.

 

ÉCOLOGIE

Face à l’urgence écologique, et aux dégâts environnementaux qui affectent principalement et plus fortement les femmes partout dans le monde, nous dénonçons un système destructeur utilisant l’environnement comme variable d’ajustement au système économique. Nous revendiquons des politiques fortes permettant d’assurer la lutte contre le réchauffement climatique, une transition écologique durable et respectueuse de la nature (arrêt de l’exploitation des énergies fossiles et des ressources naturelles en général, refus du productivisme).

 

VIOLENCES

Nous luttons pour une reconnaissance, par la société, de toutes les formes de violences faites aux femmes et de leurs multiples conséquences. Nous parlons des féminicides (meurtres de femmes parce qu’elles sont des femmes), des violences sexuelles, domestiques, médicales, psychologiques, économiques, sexistes et des multiples formes de harcèlement. Nous parlons des conséquences physiques, psychologiques, économiques et sociales vécues par les victimes et leurs proches, en particulier les enfants. Les violences faites aux femmes doivent être reconnues comme un enjeu sociétal majeur. Le document alternatif (Rapport réalisé par plusieurs associations et coordonné par la Voix des Femmes. http://www.lavoixdesfemmes.org/web/spip.php?article51) sur la mise en œuvre de la Convention d’Istanbul en Belgique doit être utilisé comme un document de référence.

 

La prévention et la sensibilisation

La prévention des violences faites aux femmes doit faire partie des politiques et des investissements publics prioritaires.

Il est primordial de développer l’autodéfense féministe, l’éducation au consentement et la sensibilisation contre le sexisme. Nous exigeons la mise en place d’un modèle éducatif non genré, luttant contre les stéréotypes sexistes et contre la chosification du corps des femmes

Les systèmes éducatifs et les médias doivent prendre leurs responsabilités dans le processus de changement des mentalités nécessaires pour évincer les violences. Ils ont un rôle majeur à jouer dans la prévention et la sensibilisation. Nous exigeons la responsabilisation des garçons et des hommes dans la prévention des violences faites aux femmes.

Nous revendiquons que l’espace public soit adapté matériellement et symboliquement aux filles et aux femmes pour qu’elles puissent en profiter en toute tranquillité et liberté.

 

L’accompagnement des victimes

Nous refusons la culpabilisation des victimes de violence et nous voulons qu’elles puissent avoir accès à une écoute non jugeante et inconditionnelle. La responsabilité des violences doit reposer uniquement sur les auteurs.

Nous revendiquons la reconnaissance de l’expertise et le développement de moyens financiers répondant aux besoins des associations actives dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles (centres d’accueil, accompagnement, visibilité…).

Nous exigeons la participation obligatoire des professionnel.les (avocat. es, juges, policier.ère.s, médecins, gynécologues…) aux formations sur la spécificité des violences de genre.

 

L’aspect juridique

Nous revendiquons la reconnaissance juridique des féminicides et la prise en compte des impacts des violences sur les enfants des victimes.

Nous exigeons la reconnaissance de la spécificité des violences de genre et de leurs conséquences par les instances juridiques. Nous refusons les délais de prescription dans les cas de violences sexistes et sexuelles.

 

Les violences et les systèmes de domination

Nous combattons les violences sexistes mais également les violences racistes, classistes et liées à d’autres types de domination qui exposent particulièrement certaines femmes aux violences : les femmes sans-papiers, les femmes sans logement, les femmes exilées, les femmes non-valides, les femmes musulmanes, les femmes juives, les femmes lesbiennes et bisexuelles, les femmes travailleuses du sexe, les femmes racisées, les personnes trans/inter/non-binaires, etc.

 

L’auteur.e

Le collecti.e.f 8 maars, indépendant des partis et syndicats, rassemble des femmes de tous horizons dans la volonté commune d’organiser une grève des femmes en Belgique le 8 mars 2019, journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

8maars.wordpress.com

8maart8mars@gmail.com

facebook.com/8maars/

Catégories: Europe, Genre et féminismes, International
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