Echange avec Álvaro Orús, réalisateur du documentaire ‘RBUI, notre droit à vivre’

20.04.2018 - Madrid - Gabriela Amaya

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Echange avec Álvaro Orús, réalisateur du documentaire ‘RBUI, notre droit à vivre’

Le 12 mai prochain à midi sera diffusée à Madrid l’avant-première du documentaire sur le Revenu de Base Universel et Inconditionnel RBUI, notre droit à vivre. L’événement aura lieu au Centro Civico El Pozo lors du Forum Humaniste Européen de 2018. Voici un échange avec le réalisateur et scénariste Álvaro Orús Andreu autour de ce nouveau projet qui touche un thème d’actualité : le revenu de base.

Pourquoi abordes-tu le thème du revenu de base ?

C’est lors d’un entretien pour Pressenza avec Mayte Quintanilla, qui a finalement été interviewée et qui a interviewé dans le documentaire, que l’idée m’est venue. Ce fut le moment durant lequel je me suis rapproché de l’idée, qui n’avait pas réussi à m’enthousiasmer jusqu’alors. Par la suite je me suis inspiré d’autres articles sur le thème de notre agence.

Pourquoi faire un documentaire sur ce thème ?

Parce qu’il me paraît absolument nécessaire d’en parler aujourd’hui. L’économie subit des changements énormes avec la technologie et la mondialisation et cela exige un changement qui assure, pour le moins, la couverture des besoins élémentaires de chacun.

Tu le considères comme un Droit Universel ?

Comme le précise l’une de nos interviewés, le revenu de base consiste en la monétarisation du droit repris dans l’article 25 de la Charte des Droits Humains de l’ONU. Mais je suis aussi convaincu que nous devons tous reconnaître ce droit dans le fond. Quand ce droit ne peut être atteint dans la mesure du possible, une société devient triste et hostile.

Quelles conséquences pourraient avoir une mesure comme le revenu de base d’après toi?

Dans chaque interview, les conséquences que pourrait avoir l’implantation du revenu de base sont exposées. Mais s’il fallait en relever quelques-unes, d’un côté, il n’y aurait plus de pauvreté ni de violence économique cruelle au moment même de son implantation et d’un autre côté, cela dégagerait un énorme potentiel de créativité, d’améliorations sociales, de progrès dans tous les domaines car ce potentiel est restreint dans un système économique absurde.

Il y a beaucoup de femmes interviewées dans le documentaire…

Je crois qu’il est possible de voir également, comme dans beaucoup d’autres aspects, un changement dans notre histoire récente concernant le salaire minimum. Au départ, vers les années 1980, les hommes étaient prédominants. Aujourd’hui tout cela a changé et nous avons interviewé principalement des femmes qui soutiennent la proposition dans divers domaines. Je pense que le revenu de base est une proposition concrète et réalisable pour l’émancipation véritable des femmes, par exemple.

Nous te connaissons en tant que réalisateur et tu es très à l’aise dans les thèmes que nous pourrions appeler plus « intimistes » mais de temps à autre, tu reviens vers des thèmes très sociaux comme celui-ci. Comment fais-tu pour naviguer dans les deux mondes ?

J’imagine que concernant les thèmes intimistes tu fais référence à ceux que nous avons traités dans d’autres documentaires, comme la vengeance ou la souffrance. En réalité, nous avons toujours traité ces thèmes comme des thèmes sociaux ou culturels si tu préfères, comme des systèmes de croyance ou des problèmes sociaux qui se vivent ou se subissent individuellement. C’est un risque chez les humanistes de considérer que la transformation nécessaire est à la fois sociale et personnelle. Nous parlons aussi dans le documentaire sur le revenu de base des questions psychologiques ou existentielles comme les croyances, les valeurs, la souffrance que peuvent provoquer la situation économique, le futur envisageable…

Comme les protagonistes, tu t’es converti aussi en un défenseur et un activiste pour cette cause…

Bien sûr, sinon pourquoi aurais-je mis tant d’énergie si je n’étais pas un “converti” du revenu de base. J’ai vu ici une possibilité de faire quelque chose d’effectif, d’aider de façon réelle. Selon moi, le revenu de base s’imposera d’une manière ou d’une autre car nous n’avons pas d’autres possibilités. Le plus important est que cette idée se propage pour que les personnes soient en sa faveur, comme cela s’est produit dans plusieurs pays où le soutien au revenu de base est majoritaire selon les sondages. Si les gens sont pour, les politiciens devront s’y contraindre, car après tout, le pouvoir est entre les mains des personnes et de leurs convictions.

Bande-annonce (activer les sous-titres sur le bouton en bas à droite)

 

Traduction de l’espagnol, Romane Vilain

Catégories: Culture et Médias, Droits humains, Economie, Europe, International, Interviews
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