Critique de film : Les figures de l’ombre. À ne pas manquer.

15.03.2017 - Silvia Swinden

Cet article est aussi disponible en: Anglais, Espagnol, Grec

Critique de film : Les figures de l’ombre. À ne pas manquer.
Katherine Johnson à la NASA, 1966. (Image NASA, Wikimedia Commons, Domaine public)

Je suis reconnaissante pour la réalisation de ce film, non seulement parce que c’est un témoignage important contre le racisme, mais aussi parce que, au milieu des blockbusters violents représentant le plus souvent des super-héros imaginaires, la vie réelle de trois mathématiciennes noires travaillant pour la NASA nous rappelle, de manière inspirante, notre potentiel humain.

Basé sur un livre de Margot Lee Shetterly, le film déroule les vies des mathématiciennes Katherine Johnson, Mary Jackson et Dorothy Vaughan. Au moment où la NASA était déterminée à surpasser les Russes qui avaient réussi à envoyer dans l’espace un chien, un singe, et enfin Youri Gagarine.

Mais les femmes « de couleur » travaillaient dans un environnement ségrégationniste et le film souligne leurs difficultés à utiliser les toilettes, à obtenir des promotions et à accéder à l’enseignement supérieur. En toile de fond il y a la lutte pour les droits civils menée par Martin Luther King. Même si les femmes dans ce récit ne sont pas particulièrement impliquées, comme militante de cette lutte, certains de leurs amis et parents s’y sont eux impliqués. Le film évite de tomber dans le stéréotype de voir chaque blanc comme un raciste et dépeint des personnages avec des attitudes différentes et nuancées. Il souligne également que la discrimination ne concerne pas seulement la race mais aussi le sexe, comme le futur mari de Katherine qui dans un premier temps fait preuve de sexisme en émettant des doutes sur la capacité d’une femme à travailler dans ce domaine qui demande un tel niveau de compétence.

Les quelques écarts par rapport à la réalité historique (inévitables dans une production hollywoodienne) ne modifient pas l’histoire de manière significative, et apparemment une des femmes, dans la vie réelle, a exprimé sa satisfaction devant le film. On peut trouver les discordances entre l’histoire réelle et le film sur la page Wikipedia du film.

Un point très important que le film met en avant, à mon avis, est que l’éducation doit viser à encourager le potentiel de chaque enfant. Les héroïnes de ce film ont eu la chance que, même dans un tel environnement ségrégationniste, leurs capacités aient été reconnues tôt et des dispositions ont été prises, du moins pour l’une d’entre elles. Combien d’esprits brillants sont perdus à cause de la discrimination, partout dans le monde, et de la pauvreté dans les pays les moins développés ? Combien de découvertes supplémentaires, dans les domaines de la médecine et de la science en général, pourraient être faites si chaque enfant avait la meilleure éducation pour développer toute ses capacités ?

Malheureusement, en dépit des avancés énormes réalisées contre le racisme et le sexisme, il reste encore beaucoup à faire pour abolir ces discriminations, comme toutes les autres formes de discrimination. L’énergie positive dégagée par ce film peut nous aider à nous engager à travailler dans cette direction.

 

Traduit de l’anglais par Jean-Marc Dunet

Catégories: Culture et Médias, Diversité, International
Tags: , , , , ,

Newsletter

Indiquez votre adresse e-mail pour vous inscrire à notre service de news quotidien.


documentaire « RBUI, notre droit de vivre »

Le début de la fin des armes nucléaires

2ème Marche Mondiale pour la Paix et la Nonviolence

App Pressenza

App Pressenza

Milagro Sala

je vis: documentaire interactif en Grèce

International Campaign to Abolish Nuclear Weapons

International Campaign to Abolish Nuclear Weapons

Archives

Except where otherwise note, content on this site is licensed under a Creative Commons Attribution 4.0 International license.