« Cet accord n’implique pas encore la fin du conflit, mais il représente une avancée fondamentale et essentielle pour y parvenir », a déclaré à la MISNA père Raffaello Savoia, supérieur de la délégation des missionnaires comboniens en Colombie, en commentant l’accord de paix conclu mercredi soir entre le gouvernement du président Juan Manuel Santos et les guérilleros des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (Farc) à Cuba.

« Dans six mois exactement, nous dirons définitivement adieu à la dernière et à la plus longue guerre non seulement de Colombie mais de toute l’Amérique », a déclaré à cette occasion le président Santos. Mais « il ne faut pas oublier que les détracteurs du processus de paix, pour leurs propres intérêts, sont encore nombreux, y compris au sein de l’armée, mais au moins on dispose enfin d’une date pour faire une croix sur un conflit qui a duré pendant plus de 50 ans », observe encore père Savoia, avant d’ajouter : « Cette avancée a également été rendue possible par l’accord trouvé mercredi sur la création d’une commission spéciale de justice pour les crimes commis pendant tout ce temps-là non seulement par les Farc mais aussi par la police, l’armée et les civils qui se sont rendus coupables de tels crimes ».

Si, d’une part, les auteurs de crimes politiques peuvent compter sur une amnistie ou des sentences fortement réduites en cas de reconnaissance volontaire de leurs responsabilités – de cinq à huit ans de prison contre les 20 prévus pour la peine maximum en cas d’absence d’aveux – cet accord constituera de l’autre « un argument en faveur de Santos et de ses alliés, surtout à l’approche des prochaines élections administratives, prévues en octobre », poursuit père Savoia, qui met néanmoins l’accent sur la nécessité d’aller jusqu’au bout « en mettant en œuvre et en supervisant le déroulement du processus de paix », prochain engagement que les parties devront prendre.

« Maintenant, ce que tout le monde espère, c’est de connaître enfin la vérité sur ce qu’il s’est passé, sur les milliers de crimes commis par tous les hommes armés qui se combattaient, par les paramilitaires et les bandes criminelles qui profitaient de l’instabilité. Combien de morts y a-t-il eu vraiment ? [Les estimations oscillent entre 220.000 et 500.000, Ndlr] Que sont devenus les desaparecidos ? Il faut en finir avec l’impunité et faire en sorte que les Colombiens qui ont souffert obtiennent une réparation et que, en dehors du cadre de l’amnistie, les auteurs de crimes contre l’humanité soient jugés en vertu du droit international », conclut le supérieur des comboniens.

 

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