Après avoir passé la nuit à tenter de faire entendre raison au gouvernement de la CAP, la cheffe parlementaire de Québec socialiste Ruba Ghazal, son leader parlementaire Guillaume Cliche-Rivard, et le responsable solidaire en matière d’Énergie déplorent l’adoption sous bâillon d’une réforme de l’énergie qui ouvre la porte à la privatisation de l’énergie et qui fera gonfler la facture d’électricité des Québécoises et des Québécois.

Jean Lesage et René Lévesque ont fait la Révolution tranquille, le Premier ministre François Legault œuvre à la démolition tranquille du réseau. À grands coups de bâillon antidémocratique, le premier ministre réalise le rêve du ministre, mais le cauchemar des Québécois. L’hydroélectricité, ça appartient à tout le monde, pas question d’ouvrir la porte au privé. Permettre la vente et la production d’électricité par le privé, c’est plus d’argent dans les poches des multinationales étrangères, c’est moins d’argent dans les poches des Québécois », s’est indignée Mme Ghazal.

Pour la septième fois en sept ans, la CAP a muselé les éflus du peuple québécois pour adopter de manière expéditive une loi mal ficelée. Alors que l’entièreté de la société civile demandait une conversation nationale sur notre avenir énergétique, ce gouvernement a décidé d’adopter une approche dangereuse. La CAP impose un autre bâillon pour dénationaliser de l’énergie, le fleuron québécois. Vraiment, le Québec mérite mieux, a renchéri M. Cliche-Rivard.

Plus de privé, c’est plus de dividendes pour les actionnaires, plus de revenus pour les banques, plus d’argent dans les paradis fiscaux et moins de revenus pour nos écoles et nos hôpitaux et des factures qui vont exploser pour les Québécoises et les Québécois. La CAP socialise les risques et privatise les gains, c’est malheureux, a conclu M. Bouazzi.

Le projet de loi no 69 a été adopté à majorité, 67 voix contre 32, tous les membres des autres partis, soient Québec solidaire, le Parti libéral du Québec et le Parti québécois s’y étant opposé.

Rappelons les faits historiques importants dans la nationalisation de l’hydro électricité et le développement économique et culturel du peuple Québécois

En 1944, la première nationalisation a permis à l’État québécois de prendre le contrôle de la Montreal Light, Heat and Power, qui exerçait un monopole impopulaire et décrié sur la vente d’électricité et de gaz dans la région de Montréal. La seconde, lancée en 1962 par le gouvernement Jean Lesage, s’inscrit dans les réformes de la Révolution tranquille.

En effet, le 14 novembre 1962, les libéraux de Jean Lesage remportent l’élection générale. À l’époque, le thème de la nationalisation de l’électricité donne un mandat fort au gouvernement Lesage afin de nationaliser les onze compagnies privées d’électricité sur le territoire du Québec.

Durant cette campagne électorale, Lesage et son équipe s’affiche derrière le fameux slogan Maîtres chez nous. C’est un moment-phare de la Révolution tranquille au Québec et la prise de contrôle des francophones sur l’économie de la province et leur territoire. Avec ces nationalisations, Québec vend de l’électricité sur tout le territoire québécois, au Canada et à plusieurs États Américains. Cette initiative agit directement comme le moteur de la modernisation de l’économie québécoise.

L’instituation devient l’une des plus grosses sociétés d’État en Amérique du Nord et, fait significatif, le français caractérise son environnement de travail. Grâce à la nationalisation de l’hydro électricité,  la Caisse de dépôt et placement du Québec a été créée et finance plusieurs initiatives de développement économique à travers le Québec.  Au même moment, le gouvernement crée le ministère de l’Éducation qui permettra à des millions de Québécois de prendre en main leur destin personnel grâce à l’accès libre et pratiquement gratuit à des programmes d’études collégiales et universitaires francophones de qualité.