Une nouvelle étude pointue d’Agir pour l’environnement a créé quelques remous et le fait que nous ingurgitions l’équivalent d’une carte de crédit par jour n’a pas manqué de défrayer la chronique. Les neuf marques d’eau minérale passées au crible sont vendues dans des bouteilles en plastique, le constat est effarant : l’eau, cet élément indispensable à la vie et qui plus est, l’eau de consommation courante, est polluée par une contamination de micro et nanoparticules de plastique. Cette pollution est d’autant plus élevée que les bouteilles sont placées au soleil ou exposées à une autre source de chaleur, ce qui ne manque pas d’arriver au cours de leur transport et de leur maniement ultérieur par les consommateurs et consommatrices. Mais le pire tout de même est d’apprendre que l’eau tout spécialement destinée aux enfants recèle la plus grande concentration de microplastiques. Ces révélations seront-elles suivies d’un passage à l’acte ? On peut en douter, tant la bonne vieille consigne s’est effacée dans nos mémoires. Ne perdons pas espoir, il y a des tentatives …

Retour aux bouteilles en verre ?

Si tout le système des bouteilles consignées n’avait pas été démonté, ce serait bien entendu l’idéal. Évidemment, le plastique a ses avantages comparé au verre : il est léger et incassable et on le jette une fois devenu inutile (et on le retrouve partout dans la nature… et, retour de boomerang, dans nos organismes !) Néanmoins de nombreuses idées germent pour remettre la bonne vieille consigne au goût du jour. Il faut pour cela faire évoluer les mentalités vers un peu moins de facilité pour provoquer un changement, mais c’est possible, comme le prouve une enquête de la revue S!lence de février 2021 (n° 496), soulignant son impact de «gisement de décroissance ». La métropole de Lyon montre l’exemple à suivre avec le label « Lyon ville équitable et durable » remis à l’entreprise rebooteille, une SCIC (Société coopérative d’intérêt collectif : https://www.rebooteille.fr/). Lancée en association de préfiguration en 2018, elle compte déjà le 100e point de collecte opérationnel. Quant au réseau consigne (http://www.reseauconsigne.com/), il « fédère les professionnel.les du réemploi des emballages en France ». Les premiers jalons sont donc posés.

Mais les investissements de départ sont énormes puisque la filière consigne démantelée doit être réinventée (machines et logistiques) et qu’il faut trouver des acteurs prêts à jouer le jeu, des fournisseurs aux producteurs en passant par les particuliers ou les collectivités. Elle serait d’intérêt public et source d’emplois. À quand une réelle politique en faveur du retour de la consigne ? (À noter, en Allemagne, la consigne existe toujours, même… pour certaines bouteilles en plastique.)

 

Rapport d’enquête « Eaux embouteillées : Nous buvons du plastique ! »

L’article original est accessible ici