Le 22 octobre, un tribunal populaire a condamné les Etats-Unis pour crimes de guerres commis au nom de la lutte contre le terrorisme et a exigé la libération du fondateur de WikiLeaks Julian Assange.

Cette audience symbolique a été organisée par l’International Progressiste une semaine avant que la justice britannique n’entende l’appel des procureurs américains contre le refus d’un juge local d’extrader le journaliste australien.

Les Etats-Unis veulent le juger pour avoir publier sur le site de WikiLeaks des milliers de documents secrets qui révèlent des crimes de guerre commis par les soldats américains en Afghanistan et en Irak.

Assange est enfermé dans la prison de haute sécurité de Londres depuis que le gouvernement équatorien l’a livré à la police britannique en avril 2019, après lui avoir prêté asile pendant 7 ans.

Après un procès qui a duré quatre semaines en septembre dernier à Londres, la juge Vanessa Baraitser a refusé de le remettre à la justice nordaméricaine, craignant pour sa vie. Mais les procureurs américains ont fait appel de cette décision.

L’audience en appel a eu lieu devant une juridiction supérieure fin octobre. Si l’ordre d’extradition aboutit, Assange pourrait se voir condamner à 175 ans de prison aux Etats-Unis pour 17 chefs d’accusation d’espionnage.

Assange a volontairement commis le délit du journalisme, a déclaré l’ancien analyste informatique américain Edward Snowden qui a trouvé asile en Russie après avoir révélé des informations classifiées de l’Agence Nationale de Sécurité des États-Unis.

Snowden, présent par visioconférence depuis Moscou, a mis en évidence devant le tribunal de Belmarsh, du nom de la prison de haute sécurité de Londres où est enfermé Mr. Assange, le courage du cyber activiste australien, et a qualifié son emprisonnement de crime.L’ancien chef du Parti Travailliste Britannique Jeremy Corbyn a déclaré, pour sa part, que le fondateur de WikiLeaks devait être considéré comme un héros, non seulement pour avoir révélé la vérité, mais aussi pour avoir exposé une vérité inconfortable.Son collègue, le député John McDonnell, a accusé le gouvernement conservateur britannique d’être complice de la persécution d’Assange par les États-Unis, et considère ironique que sa vie soit menacée par ce même gouvernement dont il a exposé les crimes au public

L’ancien président équatorien Rafael Correa (2007-2017), qui a accordé l’asile politique au fondateur de WikiLeaks en 2012, a déclaré que si les gouvernements ont le droit de garder certaines informations secrètes, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité ne doivent pas être tus.

La partenaire d’Assange, Stella Moris, a alerté que s’il perdait son procès et s’il était extradé, nous serions tous perdants, car ses droits sont nos droits, a-t-elle dit.

 

Traduction de l’espagnol, Frédérique Drouet

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