Femmes Constructrices de futur : Cheja Abdalahe

19.04.2021 - Juana Pérez Montero

Cet article est aussi disponible en: Espagnol, Italien, Portugais

Femmes Constructrices de futur : Cheja Abdalahe
(Crédit image : Alicia Blanco)

Cheja Abdalahe, activiste sahraoui pour les droits humains et le droit à l’indépendance de son peuple, déclare dans cette interview que la chose la plus importante pour tous les êtres humains est la liberté.

Militante pour l’indépendance et la liberté de son peuple – le Sahara occidental, dernière colonie d’Afrique – Cheja défend également les droits des femmes et la sororité comme mode de relation entre les femmes.

L’interview de Cheja Abdalahe fait partie de la série Femmes constructrices de futur : vers une culture de la non-violence, il s’agit d’interviews avec des femmes de tous les continents qui s’engagent pour la vie ; un projet qui nous a conduit à un processus collectif qui nous permet de grandir en tant que personnes et en tant qu’ensemble.

Cheja Abdalahe, née dans les camps de réfugiés, défend le droit à l’autodétermination de son pays – le Sahara occidental, dernière colonie d’Afrique – et dénonce les gouvernements, y compris le gouvernement espagnol, qui regardent ailleurs et qui ont abandonné le peuple sahraoui à son sort. Ceux gouvernements ne travaillent pas pour que les accords de paix qui ont été signées soient respectés, notamment la tenue d’un référendum pour l’indépendance du Sahara occidental. Il y a « l’intention claire de la part de la communauté internationale de ne pas vouloir résoudre ce conflit », dénonce-t-elle.

Elle place comme valeur suprême la liberté de tous les êtres humains, et la sororité comme mode de relation entre les femmes, loin du récit faux qui « nous a été inculqué selon lequel nous sommes en compétition entre nous… Quand une femme ouvre les yeux sur la sororité, un grand poids est enlevé de ses épaules et elle se sent très fière quand, tout au long de sa vie, elle pousse et ouvre des chemins pour d’autres femmes… ».

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TRANSCRIPTION

Juana Pérez Montero : Bonjour, nous sommes avec Cheja Abdalahe, merci beaucoup de votre présence, bienvenue à Pressenza, bienvenue aux Constructrices du futur, bienvenue chez vous…

Cheja Abdalahe : Merci beaucoup de me recevoir ici.

JPM : Cheja est une femme d’origine sahraouie, elle est née dans les camps, je ne sais pas si elle a encore le statut d’apatride, mais en tout cas vous vous présentez comme une citoyenne du Sahara Occidental, qui vit en ce moment une situation très spécifique et très complexe. Mais aussi en tant que femme, en tant que féministe, comment vous définiriez-vous, comment voulez-vous vous présenter pour qu’on vous connaisse, pour que nous vous connaissions ?

 CA : On dit que l’identité change en fonction de la façon dont on se décrit, elle change en fonction de la façon dont on sent, que c’est ce qui est le plus lié à notre identité. Je m’explique : en ce moment je suis Cheja, une femme du Sahara Occidental, née en Afrique, dans les camps sahraouis, je me considère en ce moment et aux yeux du système comme une apatride, de sorte que je transporte tout emballé, de réfugiée à citoyenne apatride. J’ai fait un doctorat en féminisme, j’ai étudié le féminisme de genre, j’ai étudié les droits humains et j’ai choisi dans mes études tout ce qui peut m’aider à lutter de la manière plus adaptée, pour être mieux préparée à lutter pour mon peuple, pour les droits du peuple des gens de mon peuple et, étant féministe, également pour les droits des femmes de mon peuple et des femmes du monde entier.

JPM : Malheureusement, la situation que vit le peuple sahraoui en ce moment et depuis plus de 40 ans est inconnue de beaucoup de gens dans le monde, pouvez-vous nous dire un peu ce que c’est que d’être dans cette situation, comment est la situation de votre peuple ?

CA : Le Sahara occidental est un exemple clair de l’intention politique de ne pas résoudre un conflit. Ou l’intention manifeste de la communauté internationale des États qui la contrôlent, de ne pas vouloir résoudre ce conflit. Le Sahara Occidental: nous traînons depuis la conférence de Berlin, quand les Européens ont divisé l’Afrique, parce que l’Espagne a reçu, entre autres, le Sahara Occidental, ce fut une colonie espagnole, abandonnée, parce qu’ils l’ont considérée comme un désert total. Mais dans les années 50, ils ont découvert du phosphate et c’est alors qu’elle est vraiment devenue la 53ème province d’Espagne, c’est pourquoi les Sahraouis nés depuis sont considérés comme des citoyens espagnols.

L’Espagne, contrainte par les Nations unies et par l’appel de nombreux États à l’époque dont, entre autres, notre voisin le Maroc, qui a également insisté pour que les Nations unies garantissent le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Donc l’Espagne aussi par la création du front Polisario lorsque l’Espagne occupait encore le territoire, la lutte a commencé. Dans les années soixante-dix, comme dans le reste des pays colonisés, l’Espagne a dû abandonner les territoires d’une manière… permettez-moi de la nommer poliment, la manière la plus lâche possible, parce qu’ils ont abandonné le territoire du jour au lendemain et les historiens espagnols eux-mêmes le montrent, eux qui ont été militaires sur place, ils le montrent et se sentent eux-mêmes très honteux, voilà ce qui s’est passé. Il y a donc eu un échange d’intérêts entre les États espagnol, marocain et mauritanien. Les accords dits tripartites de Madrid, dont je ne sais pas où les gens peuvent aller les chercher, s’ils peuvent encore les trouver dans le journal officiel de l’État. Je ne pense pas qu’ils le trouveront. Il s’agit donc d’une modalité qui fait également honte à l’État espagnol: L’Espagne garde certains intérêts, le Maroc garde la partie nord, la Mauritanie garde la partie sud et puis le Front Polisario, qui est le représentant du peuple sahraoui, se retrouve soudain avec deux fronts. Au lieu d’avoir une fin conforme à ce qui se passait dans les colonies à l’époque, et de pouvoir déterminer ce qu’ils voulaient faire de leur destin, ils se retrouvent soudain avec un abandon et deux monstres qui voulaient chacun anéantir ce qu’ils trouvaient devant eux. Et pour faire court, la Mauritanie retire sa reconnaissance de la république sahraouie, – il y a plus de 80 pays qui reconnaissent la république sahraouie, démocratique et ancien membre de l’Union africaine. Le Maroc crée alors l’un des murs les plus longs du monde, le mur de la honte, comme nous l’appelons, qui n’est dépassé que par la muraille de Chine. Seulement celui-ci, contrairement à la muraille de Chine, recèle entre 5 et 7 millions de mines antipersonnel, et anti-animal bien sûr. Cela a été créé par le Maroc en collaboration avec l’État de la liberté, de la fraternité et de je ne sais quoi encore, qui s’appelle la France. Cet état qui proclame tant: nous sommes la liberté! Pendant ce temps, derrière vous, mais sous nos yeux, ils font des petits trous dans notre territoire et au lieu de planter des plantes ou des arbres, comme ils le font dans leur propre territoire, ils y plantent des bombes et des mines pour protéger leurs propres intérêts économiques.

La guerre continue et en 1991, les Nations Unies font pression sur le Front Polisario et le peuple sahraoui pour qu’ils signent un accord de cessez-le-feu. Le peuple sahraoui, faisant confiance à la communauté internationale, signe, pensant qu’un référendum sera organisé en février 1992. Le référendum n’aura pas lieu. Nous attendons toujours jusqu’à aujourd’hui. Que vont-ils faire, cela fait déjà 30 ans d’attente. . Donc le peuple sahraoui vit divisé entre les territoires occupés par le Maroc, enfermé entre la mer et le mur de la honte, et les Sahraouis qui se sont exilés pendant la guerre dans les camps de réfugiés, c’est là où je suis née, et puis il y a aussi nous, les Sahraouis qui sommes dans la diaspora.

C’est donc une situation dans laquelle tous le disent, le droit international, La Haye, la cour suprême de justice, la cour de l’Union européenne elle-même, ainsi que les résolutions des Nations Unies, tout le monde est d’accord pour dire que le Sahara Occidental n’est pas marocain, il n’a jamais été marocain. Mais au moment d’appuyer sur un bouton et d’organiser un référendum, tout le monde regarde ailleurs, nous ne savons pas pourquoi, nous ne savons pas si c’est à cause de la pêche, si c’est à cause du phosphate, si c’est à cause de l’or, si c’est à cause du pétrole éventuel, mais bien sûr ils savent ce qu’ils doivent faire, mais ne le font pas. Nous ne savons pas si c’est à cause du manque de volonté de la communauté internationale, des Nations Unies, et en fait la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental Minurso est la seule organisation qui représente les Nations Unies, et respecte pas les droits humains.

JPM : Et dans cette situation Cheja, comment les femmes vivent-elles, comment le vivez-vous en tant que femme, comment les femmes s’organisent-elles, parce que c’est une situation spéciale, très spéciale

CA : La femme sahraouie est une femme féroce, c’est une femme féroce, peut-être qu’au début c’était à cause de ses propres conditions, mais maintenant c’est une femme féroce par choix. Nous avons grandi dans une situation où nous avons vu nos mères nous porter dans un tissu, comme celui-ci derrière nous, nous porter pendant qu’elles confectionnaient des briques pour les maisons, où nous sommes nés, où nos frères et sœurs sont nés et où nous avons grandi. Ainsi vous ouvrez les yeux dans une situation très difficile, et vous voyez ces femmes ; jusqu’à présent, je ne sais pas d’où elles tirent leur force, honnêtement. Des femmes qui, pendant que les hommes se battaient, ont construit cette société et l’ont construite d’une manière qui les distingue, même si elles sont arabes, musulmanes et africaines, parce que… je ne parle pas au nom de tout le monde, mais je parle de ma propre expérience, de sorte que vous atteignez un niveau de respect de votre propre identité, mais aussi de capacité à remettre les choses en question.

Alors vous voyez ces femmes, surtout en ce moment dans les territoires occupés, elles partent se battre et elles disent: la seule chose que je possède, c’est mon corps. Je pars, je pars avec la chose la plus précieuse que j’aie, qui est mon corps. Donc, s’ils me tuent, me violent, me torturent, peu importe… Et c’est ce que fait la femme sahraouie, elle donne ce qu’elle a de plus précieux pour obtenir la chose la plus essentielle qu’une personne puisse exiger dans sa vie, et non seulement demander, mais exiger, le droit à la liberté. Nous sommes une société différente du reste des sociétés arabes, nous avons encore beaucoup à améliorer, mais parlons maintenant des choses positives.

Évidemment c’est du courage, la femme sahraouie n’accepte pas beaucoup d’activités de la société patriarcale, parce que la société patriarcale existe et nous voyons beaucoup de choses qui doivent encore être changées, mais la femme sahraouie en tant que combattante contre l’occupation marocaine arme cette même femme, ou cette partie féministe d’elle, qui la fait aussi lutter contre le système patriarcal. La femme sahraouie est donc un exemple de lutte, c’est un exemple de courage, un exemple de résistance et de résilience. C’est-à-dire que vous ne pensez pas à vous en tant qu’individu, mais en tant que groupe, c’est-à-dire, comment puis-je faire pour que mon entourage connaisse la situation du peuple sahraoui, qu’ils sachent, au moins de mon point de vue, comment les choses se passent, qu’ils vont ensuite eux-mêmes juger. Et si ce sont des gens qui ont du bon sens, ils finiront par être pro-sahraouis et par appeler au respect du droit international, qui est évidemment d’organiser un référendum ou l’indépendance du Sahara Occidental. Je suis donc très fière d’être une femme sahraouie et, normalement, je n’aime pas dire que je suis fière de choses que je n’ai pas choisies, mais je suis fière d’être une femme sahraouie. Parce que c’est mon identité, je ne peux pas l’oublier.

JPM : A propos des femmes, nous vous avons entendu parler de la sororité et des conséquences qu’elle implique, qu’elle a sur les relations, la défense de la sororité. J’aimerais beaucoup que vous parliez de ce sujet

CA : Voyons, j’ai découvert la sororité il y a peu d’années, mais il y a eu un avant et un après ce mot. J’ai une amie photographe espagnole qui s’appelle Ana, elle m’a littéralement ouvert les yeux. Il y a ce sentiment qui est le vôtre de ne pas haïr votre voisin, de ne pas lui faire de mal, c’est un mélange entre votre éducation, vos principes et même votre foi, mais ensuite vient un terme qui affine tout cela et vous dit non, vous êtes une personne qui peut faire beaucoup plus pour les femmes qui ont vraiment besoin de vous. Donc pour moi la sororité c’est de nous protéger les unes les autres, être claires et honnêtes les unes envers les autres, mutuellement et entre nous… les hommes se protègent déjà, ils se sont tellement protégés qu’ils ont créé un système qui nous coûte encore aux femmes, on y arrive, mais ça nous coûte de le déchirer, de le casser petit à petit pour avoir notre propre espace. Donc pour moi, la sororité c’est quand une femme ouvre la voie à une autre femme, ou lui tape dans le dos et lui dit, tu peux le faire. Vous vous êtes rendu compte que nos sociétés, peu importe quelles sociétés, nous ont fait grandir avec l’idée qu’une femme est le contraire d’une autre femme, que les femmes se jalousent, ils nous l’ont mis dans la tête ; Alors vous grandissez en pensant que toutes ces femmes, je ne sais pas, qu’elles vont prendre quelque chose, aux femmes mariées leur époux, aux femme actives leur travail… c’est un complexe. Mais dès qu’une femme ouvre les yeux sur la sororité, un poids est enlevé de ses épaules et elle voit la vie d’une manière différente, elle se sent très fière quand, à chaque fois dans sa vie, elle ouvre probablement la voie à d’autres femmes. On s’assoit et on se dit: « J’ai réussi, j’ai fait quelque chose de positif ». Je lance donc un appel à toutes les femmes, je lance un appel à tous les hommes qui sont ouverts à la sororité, mais dans ce cas surtout aux femmes, votre ennemi n’est pas la femme, croyez-moi.

JPM : Bien sûr. Et quels sont les éléments tangibles et intangibles du passé, du présent, mais aussi ceux qui restent à produire, dont vous pensez que nous avons besoin pour construire ce futur auquel nous aspirons tous, un futur non-violent, dans lequel il n’y aura pas de guerre, pas de violence d’aucune sorte, de redondance, quels sont les éléments dont vous pensez que nous ayons besoin, quels piliers aurait ce futur ?

CA: Il y en a qui sont plus émotionnels, plus des aspirations, que les gens aient de l’empathie, mais il y en a d’autres qui sont de se conformer aux lois qui encouragent vraiment le respect du droit international; je l’applique toujours à ma condition de femme sahraouie, et puis le bon sens commun et apprendre de l’histoire. Et quand je dis apprendre de l’histoire, je veux dire que les oppresseurs, les dictateurs et les systèmes patriarcaux pensent qu’ils vont garder l’opprimé silencieux, mais l’histoire a montré qu’avec le temps – comme il est dit dans un poème anglais – ce qui restait du dictateur était un monument brisé, coulé en deux dans le désert. Il s’agit d’apprendre de l’histoire, d’utiliser le bon sens mais tout cela en appliquant les lois, parce que les lois sont là, si les lois étaient respectées le peuple sahraoui serait en ce moment… Je ne serais pas dans la diaspora en ce moment, mes sœurs et mes frères ne vivraient plus dans ces conditions, pas dans ces conditions. J’aimerais être dans mon propre territoire. Mais dans les camps de réfugiés sahraouis, si les lois étaient appliquées, les hommes sauraient qu’ils doivent être payés comme les femmes, mais je pense que ce que nous pourrions faire pour l’avenir c’est d’ouvrir plus d’espaces aux femmes, dans la prise de décision, dans les affaires et surtout dans la politique, pour leur donner une opportunité. Nous avons vu des cas où les femmes ont eu l’occasion d’être aux commandes et nous avons vu comment elles géraient les conflits, même la situation de Covid. J’aimerais croire que dans un monde où il y aurait des femmes leaders (le mot « leaderesse » existe-t-il ?). S’il n’existe pas, je viens de l’inventer (rires), alors j’aimerais croire qu’un tel monde aurait moins de guerres.

JPM : Le mieux est peut-être de poser la question à partir du G20

CA : Aussi, bien sûr, oui. Le G20 ou ce système de séparation des riches et des pauvres ne fonctionne pas, c’est une très pauvre aide au système, mais je pense que tant que la population est sensibilisée à travers, par exemple, votre plateforme, les gens se sentent plus unis. Ici, nous ne vendons pas des mots, nous disons que lorsque vous ouvrez les yeux, lorsque j’ouvre les yeux sur un conflit dont je n’avais pas connaissance auparavant, je serais plus active, même si c’est sur le plan émotionnel, en envoyant de bonnes énergies. Si je sais que tel État opprime tel pays, je cesse automatiquement d’acheter les produits de tel État, ou de telle entreprise, parce que je sais qu’ils violent les droits de tel peuple ou de telle communauté. C’est donc la prise de conscience qui compte en ce moment, dans un monde soi-disant si globalisé et actuellement plus communicant, les gens sont plus dispersés sur d’autres sujets et oublient l’essentiel. Et c’est pourquoi j’apprécie vraiment ce média, je l’apprécie vraiment parce que je sais que ces personnes qui arrivent sont des personnes qui sont intéressées par le fait d’avoir au moins un impact positif sur le monde; moi qui les regarde toujours d’un point de vue positif, je refuse d’avoir un point de vue pessimiste. Nous sommes dans une situation de guerre au Sahara Occidental, et hier il y a eu un martyr au Sahara Occidental. Mais je dis que c’est le prix de la liberté, ma devise maintenant c’est : ce qui vous a été pris par la force, vous ne pouvez le récupérer que par la force, mais il y a le mot force. Nous avons tous les autres moyens, mais quand vous voyez que les médias vous réduisent au silence, que les politiciens vous réduisent au silence, que les États vous réduisent au silence, alors vous ne savez plus, et c’est vraiment ce qui fait que la patience finit par s’épuiser. Et depuis 30 ans, 29 ans les Sahraouis attendent le droit à l’autodétermination, et le référendum, 29 ans d’attente. Aux États-Unis, on disait aux Noirs d’attendre. Attendez, attendez, attendez. On a dit à Martin Luther King d’attendre. Attendez, ne demandez pas ça maintenant; ça suffit. Mais ce n’est jamais suffisant pour les droits des personnes.

JPM : Je ne sais si vous voulez faire un dernier commentaire plein d’espoir à votre façon

CA : Si vous ne voulez pas aider le peuple sahraoui, au moins ne soyez pas un obstacle sur le chemin, et si vous voulez aider le peuple sahraoui, faites-le par le biais de la politique, de vos activités, de vos organisations. Nous avons le droit avec nous, tout le droit international avec nous, mais nous nous battons en ce moment contre l’oubli. Il y a une guerre en ce moment au Sahara Occidental. Et le Maroc et les États qui aident le Maroc n’en parlent pas. Il y a un intérêt derrière, ne pas parler de cette guerre, alors nous allons continuer à nous battre. Nous allons être ensemble, je crois qu’avec de l’empathie et du bon sens, nous allons finir par obtenir nos droits et seulement, la dernière chose que je voudrais dire, c’est qu’aucun droit, dans toute la Magna Carta ou dans la Déclaration universelle des droits humains, aucun n’a été concédé. Chaque droit a coûté une lutte.

 

Traduction de l’espagnol, Ginette Baudelet

Catégories: Afrique, Droits humains, Genre et féminismes, International, Interviews, Nonviolence, Video
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