Depuis 150 ans, l’article 218 du code punit pénalement le recours à l’avortement pour la femme et le médecin qui pratique l’intervention. Le combat social pour la suppression de cet article et la légalisation de l’avortement dure depuis autant de temps. L’Alliance pour l’Autodétermination Sexuelle ainsi que de nombreuses autres organisations et activistes lancent le 8 mars 2021, journée internationale de la femme, la campagne des 150 ans d’opposition à l’article 218 et appellent plus que jamais à agir. 150 ans d’opposition, c’est bien assez !

« La grossesse non volontaire est toujours un tabou dans notre société et les personnes concernées sont celles qui en souffrent le plus », indique lors de cet amer anniversaire Ines Scheibe, une des porte-paroles de l’Alliance qui travaillait auparavant dans le conseil sur les conflits autour de la grossesse. Elle continue : « Combien de temps encore doit durer cette opposition avant que nous puissions enfin disposer d’un droit complet sur notre propre corps ? L’article 218 doit être supprimé ! L’accès à l’avortement est un droit et cela doit devenir un soin médical de base et d’urgence ! ». En effet, selon le code pénal, les médecins peuvent être poursuivis et les avortements ne peuvent en aucun cas devenir des actes médicaux de base ou d’urgence. Cela entraine des failles importantes dans les soins.

La campagne a été lancée le 8 mars avec la publication du site wegmit218.de. Afin de rompre le silence, les histoires de personnes qui ont eu recours à l’avortement à une ou plusieurs reprises ont été publiées sous la rubrique « Mein Abbruch », mon avortement. Le message est clair : l’avortement est une réalité et les personnes qui y ont recours souffrent surtout de la stigmatisation et du tabou qui entourent l’avortement. Il faut en parler !

De plus, dans le cadre de la campagne nationale des 150 ans d’opposition à l’article 218, et en raison de la stigmatisation des grossesses non volontaires et du tabou qui entoure l’avortement, est née la campagne « Mehr als du denkst. Weniger als du denkst » (Plus que tu penses. Moins que tu penses.)

Nina Oerter, porte-parole de l’initiative mehr als du denkst explique : « notre but est de mettre en évidence les dysfonctionnements, de mettre fin aux mythes et de supprimer le tabou autour de l’avortement en utilisant des faits bien documentés et des rapports d’expériences de spécialistes et de personnes ayant été concernées ». Les premiers posts ont été mis en ligne à temps pour la Journée de la Femme. Oerter continue : « nous ne sommes encore qu’une petite initiative mais nous venons avec beaucoup d’expertises et cela se reflètera dans nos communiqués ».

Le 8 mars à Berlin ont eu lieu diverses actions locales comme par exemple un discours de l’Alliance pour l’Autodétermination Sexuelle lors de la manifestation des « Oma gegen Rechts » (les mamies contre la droitisation) sur la place Nettelbeck entre 11 et 13 heures.

Liens sur l’initiative « mehr als du denkst » :

Contact : info@mehralsdudenkst.org
Site Internet : https://www.mehralsdudenkst.org/
Réseaux sociaux : https://instagram.com/mehr.als.du.denkst : https://www.facebook.com/mehr.als.du.denkst.weniger.als.du.denkst : https://twitter.com/mehr_weniger

 


L’Allliance pour l’Autodétermination Sexuelle est une alliance très répandue constituée de structures d’accueil, de groupes de féministes et de politiques générales, d’associations, de syndicats, de partis, mais aussi d’individuels. Depuis sa création en 2012, elle participe à des contre-manifestations en marge de la « marche pour la vie » qui a lieu tous les ans en Allemagne. Au-delà de s’engager pour la suppression de l’article 218 du code pénal, l’Alliance exige une éducation sexuelle pour tous ainsi qu’une allocation suffisante pour ceux qui décident d’avoir un enfant afin qu’ils puissent continuer à mener leur propre vie.

 

Traduction de l’allemand, Frédérique Drouet