Et si se projeter dans le futur était un acte de rébellion ?

18.02.2021 - Paris, France - Isabelle Montané

Et si se projeter dans le futur était un acte de rébellion ?
(Crédit image : Isabelle Montané)

En ces temps troublés, qu’il est difficile de se projeter dans le futur !
Actuellement, nous assistons, chez une majorité de personnes à une perte de projection de sa propre vie dans l’avenir.
Comme si tout le monde retenait sa respiration pour ne plus bouger !
Plus maltraitant que vivre masqué, plus inquiétant que la peur d’être ou de n’être pas vacciné, l’impossibilité de se projeter dans le futur rend le présent plus étouffant et morbide que n’importe quel masque ou n’importe quel confinement.
Car l’être humain est ainsi fait, qu’il est en permanence en train de se projeter dans le futur, quand bien même il s’y projetterait de manière négative ou souffrante.
Malgré cela depuis un certain temps, tout le monde tente de s’adonner à cette attitude morbide, « surtout ne rien projeter pour l’instant, attendons de voir ! ».

Cependant, faire l’effort de se projeter dans le futur, voire dans un futur positif pour soi et pour les autres, ne relève pas de la naïveté, ni même de l’utopie, mais devient presque un acte révolutionnaire. Un acte de désobéissance civile.

Pas se projeter dans 3 semaines ou dans 3 mois. Se projeter dans 5 ans, dans 10 ans !
Plus aucune entreprise ne se projette ainsi, ni même un parti politique (faudrait-il avoir un projet de société pour cela). Mais l’être humain n’est ni une entreprise, ni parti politique !
L’être humain sait qu’il va pouvoir, devoir, vivre des dizaines et des dizaines d’années (pour la très grande majorité en tout cas).
Personne ne se marie pour se projeter dans trois mois, ni ne fait d’enfants pour se projeter dans trois semaines ! Les enfants ne rêvent pas d’être instituteur ou « pompière », pour dans un an ! Les étudiants ne s’engagent pas dans plusieurs années d’étude pour se projeter à six mois !

Quand nous faisons tous ces projets, nous ne faisons pas uniquement des projets tangibles. Nous ne faisons pas qu’un simple crédit, nous ne courrons pas uniquement après un diplôme, ou un mariage. Fondamentalement, en faisant cela, nous projetons avant tout l’état intérieur dans lequel nous aimerions vivre ; nous aspirons à des désirs d’épanouissement personnels, des désirs de sérénités, des désirs d’être plus cultivé, des désirs d’aventures humaines, des désirs d’aimer et d’être aimé…
Les projets de maison, d’enfant, de mariage, de diplôme, de travail, de voyage etc. ne sont que les moyens d’atteindre ces désirs profonds et légitimes.

Actuellement, il est vrai que certains moyens et certaines libertés nous sont enlevés. Mais ce qui nous « tue » véritablement, c’est le fait que nous sommes persuadés que l’atteinte de nos désirs profonds est totalement associée à ces moyens. Ainsi, nous laissons nos désirs et nos aspirations les plus profondes mourir avec la perte des moyens matériels.

Ces désirs profonds et légitimes font partie de l’humanité depuis la nuit des temps. Et l’être humain s’est mis en marche vers son épanouissement personnel de mille manières différentes, selon les époques et les cultures. Et rien n’arrêtera cela.

L’épanouissement de ce qu’il y a de plus important et de plus beau en chacun, n’est pas contraint de s’arrêter avec le manque d’objets, ou le manque d’accès à certaines possibilités. En revanche, il peut s’arrêter par le manque même d’aspirations profondes ou par le manque de questionnement sur qui je veux ÊTRE et ce que je veux vivre et de ressentir EN MOI.

Est-ce que ce que je veux ÊTRE dépend de mon travail ? de mon couple ? de mon compte en banque ?
Dois-je arrêter de projeter dans le futur les aspirations de la personne que je suis aujourd’hui, parce qu’actuellement je suis contrainte dans mon travail et mes heures de sortie ?
Dois-je arrêter mon processus intérieur d’évolution et de maturation pour des causes matérielles extérieures ?

Bien sûr, nous le savons, le stress, la peur pour soi et ses êtres chers, le manque d’issues visibles empêchent de réfléchir. C’est un fait aussi.
Mais sur ce fait-là, « j’ai la main » !
Je n’ai « la main » ni sur les décisions politiques, ni sur les décisions de mon travail, des écoles…
Mais j’ai le pouvoir de décision sur qui je suis aujourd’hui et sur qui je serais demain et après-demain. Cela est à ma portée.

L’un des plus grands actes de rébellion actuels est de continuer à se projeter dans le futur !
Et surtout, de se projeter vivant, heureux, aimé et aimant, bienveillant et solidaire.
Alors… Est-ce que je me rebelle contre les conditions qui semblent s’imposer à moi, comme l’a toujours fait l’être humain à travers l’histoire ? Ou est-ce que je me soumets aux conditions apparentes ?

Il est temps de se demander « Que puisse-je faire aujourd’hui, pour pouvoir projeter dans le futur la personne que je désire être ? »
« Maintenant que certains moyens matériels (qui je croyais) m’auraient permis d’arriver à vivre mes désirs profonds me sont retirés, quels nouveaux moyens je me donne pour vivre qui je suis et qui je veux être ? »

Catégories: Europe, Humanisme et Spiritualité
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