Mon expérience personnelle avec le sens et le non-sens de la vie

09.08.2020 - Montréal, Québec - Anne Farrell

Cet article est aussi disponible en: Anglais, Italien, Allemand, Grec

Mon expérience personnelle avec le sens et le non-sens de la vie

« Heidegger a identifié le nihilisme comme étant le destin de l’histoire l’occidentale, personnellement je crois qu’il a tort on peut toujours changer notre destin collectif en modifiant notre destin personnelle. »

Dans cet article, j’aborde un thème qui est devenu central dans ma vie au fil de mes expériences. Le thème de ‘‘l’acte salvateur du sens‘‘, l’action valable liée au sens de la vie.

Enfant, j’étais déjà préoccupée par les questions fondamentales et les problématiques de l’existence humaine. J’ai grandi dans le nord de l’Ontario et du Québec au cours des années ‘70 et ‘80. À ce moment-là, même si le Canada était une “terre” de paix, ma famille a été touchée de plein fouet par une guerre. Un style de guerre silencieuse, pas comme les autres, la guerre de l’anéantissement de l’être.

‘‘L’anéantissement de l’être » ou « biffure » de l’être – comme le dirait Heidegger, qui provoque une rupture irréparable, le suicide. Nous avons perdu six membres de la famille (du côté maternel) à différents moments, tués par le suicide. J’éprouvais de grandes difficultés à saisir pourquoi certains mes oncles et cousins avaient réalisé ces actes. Pourtant, ils semblaient comme tous mes autres oncles. Ils avaient une famille, des amis, un emploi. Alors pourquoi avoir réalisé l’irréparable?

À l’époque, personne de notre entourage ne nous a expliqué, à nous les enfants, pourquoi notre famille avait été autant touchée par le suicide. Nous n’avons reçu aucune aide afin d’éviter des dommages dans notre développement psychologique et mental. Si une situation similaire se produisait aujourd’hui, avec le développement de la psychologie des traumatismes, j’imagine que les choses seraient relativement différentes.

Plus tard, vers la fin des années ‘80, devenue une jeune adulte, j’ai rencontré un groupe d’humanistes à Montréal. Les humanistes étaient engagés dans des projets sociaux et politiques. De plus, ils étudiaient les ouvrages de Silo. J’ai donc entrepris l’étude de ses écrits. Au cours de cette période de ma vie, enfin j’ai eu quelques pistes pour comprendre qu’est-ce qui s’était passé en moi durant mon enfance.

Ayant vécu à répétition le suicide de mes proches, l’enfant et l’adolescente que j’étais avait été mise face au néant, face à l’anéantissement et l’obscurcissement de la vie. À partir de cette compréhension j’ai voulu savoir ce qui générait l’abîme et le néant. En d’autres termes, je voulais comprendre ce qui permettait d’un côté « la croissance de la vie » et de l’autre « l’anéantissement de la vie ».

En fait, à l’époque, au cours de ma courte vie, j’avais pris conscience que les petites frustrations, les colères et mes petits gestes de vengeance et surtout mes échecs restaient gravés en moi et tissaient de la souffrance dans mon mental.

Une chance pour moi, les principaux thèmes étudiés par les humanistes étaient justement l’abîme, le sens, le non-sens, et le développement de la conscience et de la vie.

“Nous avons choisi le concept « d’abîme » pour ses implications psychologiques, car il provoque des registres intérieurs comme celui du vertige, registres associés à une sensation contradictoire d’attraction et de répulsion; ou comme cette attraction du néant qui prend le dessus dans le suicide ou dans la furie destructrice enivrante qui mobilise le nihilisme d’un individu, d’un groupe ou d’une civilisation. Nous ne parlons donc pas de l’angoisse comme Kierkegaard ou de la nausée comme Sartre, entendues respectivement comme la désintégration passive du sens. Nous parlons du vertige et de l’attraction du néant comme une activité destructrice, comme un moteur d’événements personnels et sociaux qui disputaient à la vie la prééminence et le pouvoir.” (Silo Parle p. 30)

J’ai découvert que la souffrance réside dans le mental de pratiquement tout être humain. Le dépassement de cette souffrance est possible dans la mesure où l’on oriente sa vie vers des actes non contradictoires. Par conséquent, ces actions doivent dépasser la problématique du personnel (actions essentiellement tournées vers soi-même). Les actions non contradictoires doivent s’orienter positivement vers les autres. Silo décrit les actes non contradictoires comme des actions valides, des actes qui construisent la vie et le mental humain tandis les actes contradictoires désintègrent la vie et le mental.

Comment peut-on guider nos actions vers l’acte valable? Silo propose quelques Principes, qui sont en quelque sorte des lois de comportement. Par conséquent, ceux-ci ne sont pas pensés comme un mode d’emploi de type moral, mais comme des champs de forces qui agissent comme action ou comme réaction selon l’emplacement de celui qui agit.

Lors de mon étude de ces Principes, j’ai cherché à les intégrer à ma vie quotidienne.  Mais, j’ai rencontré de grandes résistances.  J’ai réalisé que vivre dans une société tournée vers l’individualisme chronique faisant aisément la promotion de l’égoïsme, était très difficile. Je suis un consommateur, donc je dois avaler, les choses et les relations.

Ainsi j’ai rencontré de grandes résistances à intégrer les principes dans ma conduite puisque depuis mon enfance j’ai plutôt intégrer “l’acte pour-soi”, autrement dit, agir pour un éventuel retour de l’action. Mais cette façon de construire notre vie nous amène vers la névrose collective et trop souvent le nihilisme prend place dans notre cœur.

En fait, aujourd’hui très peu de personnes agissent au-delà de l’attente d’un retour immédiat de l’action. Par conséquent c’est justement là que se trouve l’action valable. C’est un acte qui construit en dehors de soi, sans qu’il y ait l’attente d’un retour de l’action.

Peut-être que cette pandémie du COVID19 va nous amener à reconsidérer nos actes. Ces personnes sont en train d’élaborer des contenus qui partent d’eux et vont vers le monde, et non de répondre à des stimuli conventionnels.

Personnellement j’ai découvert qu’il existait une grande différence entre les activités que j’étais obligée de faire contre rémunération et les autres qui partaient de mon monde intérieur pour aller vers le monde extérieur.

Je crois que j’ai réalisés quelques actes dans ma vie qui se rapprochent des actions valables. Car lorsque j’ai réalisé celles-ci, j’ai eu une sensation d’une soudaine amplitude intérieure accompagnée d’une joie et d’une grande tranquillité mentale. Et j’ai compris que c’est justement par la réalisation de ce type d’action que je m’éloigne des états internes de non-sens et du nihilisme ambiant dans la société. J’ai compris que la réalisation des « actes salvateurs » étaient pour moi, et mes proches une voie afin de dépasser la souffrance du mental et acquérir de la foi en l’être humain.

Pour conclure cet article, j’aimerais partager avec un extrait du livre Humaniser la Terre. Dans ce passage Silo explique, de façon allégorique, l’expérience du non-sens et le sens et la mission d’humaniser la terre.

Douleur, souffrance et sens de la vie

  1. La faim, la soif, la maladie et toute offence corporelle sont douleur. La peur, la frustration, le désespoir et toute offence mentale sont souffrance. La douleur physique reculera dans la mesure où la société et la science progresseront. La souffrance mentale reculera dans la mesure où la foi en la vie progressera, c’est-à-dire à mesure que la vie prendra un sens.
  2. Si, jamais tu t’imagines comme une étoile filante qui a perdu son éclat en touchant cette terre, tu accepteras la douleur et la souffrance comme la nature même des choses. Mais si tu crois avoir été jeté dans ce monde pour accomplir la mission d’humaniser, tu remercieras ceux qui t’ont précédé, et qui laborieusement construit ton échelon afin de poursuivre l’ascension.
  3. Toi qui donnes mille noms, et qui donnes du sens, toi qui transformes le monde, tes pères et les pères de tes pères les parents se perpétuent en toi. Tu n’es pas un bolide qui tombe mais une brillante flèche qui vole vers les cieux. Tu es le sens du monde et quand tu clarifies ton sens, tu illumines la terre. Lorsque tu perds ton sens, la terre s’obscurcit et l’abîme s’ouvre.
  4. Je te dirai quel est le sens de ta vie: humaniser la terre. Qu’est-ce qu’humaniser la terre? C’est dépasser la douleur et la souffrance; c’est apprendre sans limites; c’est aimer la réalité que tu construis.
  5. Je ne peux pas te demander d’aller au-delà, mais il ne sera pas outrageant si j’affirme: « Aimez la réalité que tu construis, et même pas la mort n’arrêtera ton vole! »
  6. Tu n’accompliras pas ta mission si tu ne mets pas tes forces à vaincre la douleur et souffrance chez ceux qui t’entourent. Et si tu obtiens qu’à leur tour. Ils entreprennent la tâche d’humaniser le monde, tu ouvriras leur destin vers une vie nouvelle. (Silo, Humaniser la Terre, p.50)

 

 

 

Catégories: Amérique du Nord, Humanisme et Spiritualité, International, Opinion
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