Projet de loi 40 du ministre de l’Éducation du Québec propose d’effacer la spiritualité dans les écoles

04.04.2020 - Montréal, Québec - Anne Farrell

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Projet de loi 40 du ministre de l’Éducation du Québec propose d’effacer la spiritualité dans les écoles
(Crédit image : Défi Non-violent)

Afin de permettre l’atténuation et le contrôle des impacts de la pandémie COVID19, le président du conseil du trésor du gouvernement du Québec a proposé de suspendre les activités liées à la négociation des conventions collectives des syndicats du secteur public jusqu’au 5 avril.

Dès lundi, les négociations vont démarrer avec tous les syndicats du secteur public. Selon les informations que nous avons obtenues, il semble que l’avenir des animatrices et animateurs de vie spirituelle et d’engagement communautaire soit compromis.

En effet, dans son projet de loi 40 sur les commissions scolaires, le ministre de l’Éducation du Québec Jean-François Roberge prévoit d’effacer toute référence à la spiritualité dans le texte de la Loi sur l’instruction publique.

Avec la disparition des références à la spiritualité, plusieurs animatrices et animateurs de vie spirituelle et d’engagement communautaire (AVSEC) s’inquiètent des retombées sur les élèves du primaire et du secondaire. En fait, les services des AVSEC sont essentiels pour le développement de la vie communautaire et spirituelle des jeunes puisqu’ils débouchent sur des projets solidaires et collectifs.

“La vie spirituelle, c’est quand on parle de développement de soi, d’intériorité, d’apprendre à se connaître et connaître ses valeurs.» Mireille Hajjar, animatrice de vie spirituelle et d’engagement communautaire. » (Radio-Canada)

Le travail de l’AVSEC implique l’élaboration et la réalisation de programmes d’activités à caractère communautaire, humanitaire, spirituel et religieux visant à favoriser chez les élèves le développement d’une vie spirituelle autonome et responsable. De plus, leur contribution soutient l’édification d’une société harmonieuse et solidaire dans le respect des droits et libertés de conscience et de religion.

Cependant, l’intérêt des commissions scolaires pour les AVSEC a diminué au cours des dernières années au profit des corps de métiers plus cliniques tels que les psychologues, les ergothérapeutes et autres.

Pourtant, l’importance de maintenir des services éducatifs qui impliquent l’apprentissage de comportements solidaires et inclusifs devient un thème essentiel lorsque surgit des crises sociales et sanitaires telles que la COVID19.

Dans un contexte social de plus en plus complexe, les activités et projets qui s’adressent à tous les élèves et qui soutiennent les valeurs du vivre-ensemble devraient être prioritaires, que ce soit par l’organisation de campagnes de solidarité envers les nouveaux arrivants, de projets pour aider les personnes aînées, de l’organisation d’un comité sur l’environnement, ou encore de comité pour faire la promotion de la démocratie, la solidarité et la paix.

L’AVSEC «conçoit, planifie, organise et anime des activités qui permettent aux élèves de développer leur vie spirituelle et leur conscience sociale, de participer à l’amélioration de leur milieu et de la société », selon la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec (FPPE-CSQ). (Radio-Canada).

Selon Jacques Landry, président de la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec, le nombre d’AVSEC dans les commissions scolaires fond comme neige au soleil. Il doit y avoir maintenant environ 50 % des effectifs d’il y a 20 ans. Seulement dans les 5 dernières années, il y a eu une baisse d’environ 20 % du nombre d’animateurs. (Radio-Canada)

Les animateurs de vie spirituelle et d’engagement communautaire sont ainsi forcés à couvrir un plus grand nombre d’écoles par commission scolaire. Selon les chiffres du syndicat, en 2018, le ratio était d’un animateur pour 4648 jeunes. En 2013, il était d’un pour 3497 élèves. (Radio Canada)

Loi 40 : la fin de la spiritualité dans les écoles

Bien que le projet de loi 40 sur l’organisation et la gouvernance scolaire vise principalement à transformer les commissions scolaires en centre de services, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, veut en profiter pour effacer toute mention de la spiritualité dans la Loi sur l’instruction publique. Ainsi, deux articles référant à la vie spirituelle disparaîtraient en partie, effaçant du même coup toute possibilité pour les AVSEC de pratiquer leur métier.

Catégories: Amérique du Nord, Education
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