Le New Deal, Bernie Sanders et la tarte aux pommes

15.03.2020 - Etats-Unis - Mark Lesseraux

Cet article est aussi disponible en: Anglais, Espagnol, Italien, Allemand

Le New Deal, Bernie Sanders et la tarte aux pommes
(Crédit image : DonkeyHotey / CC)

Savez-vous que Franklin D. Roosevelt s’était présenté en tant que candidat à la présidence du parti démocrate pendant la Grande Dépression en répétant : « Désolé mais on n’a simplement pas assez d’argent pour remédier à tout ça » ? Puis, quelques mois plus tard, en 1933, BOOM ! Il y avait soudainement beaucoup d’argent pour financer toutes sortes de programmes sociaux dans un effort de sauver les États-Unis de ce qu’il semblait allait être une succession d’années, voire même de décennies, de désespoir et de pauvreté répandue. Ces nouveaux programmes furent nommés « The New Deal (Nouvelle donne) ».

Qu’est-ce qui s’est donc passé ? D’où est-ce que le financement du Nouvel Accord est-il soudainement apparu ? À vrai dire, ce qui s’est passé n’a rien de mystérieux. Au contraire, ce qui s’est passé est fort bien documenté (c’est la raison pour laquelle vous devriez être en train de vous demander pourquoi est-ce que vous en entendez parler pour la première fois). En effet, Franklin D. Roosevelt fut approché par un TRÈS GRAND mouvement de syndicats et de socialistes qui lui ont dit, « Faites quelque chose ou nous le ferons ! Nous savons que vous pouvez faire quelque chose et nous savons que vous savez aussi comment le faire ! » Roosevelt était le président ayant eu le plus de « contacts » financiers jusqu’alors. Donc, il a appelé ses amis hommes d’affaires et banquiers et a organisé une réunion au cours de laquelle il leur a dit, en bref, « Nous n’avons pas le choix ! Nous DEVONS faire quelque chose ! » À la fin de la réunion, la moitié de ces banquiers et hommes d’affaires avaient accepté qu’un taux d’imposition de 94 % serait appliqué pour les ultra riches, qui à l’époque, étaient ceux qui percevaient plus de 200.000 dollars ou plus par an. Tout ce qui dépassait ce montant serait taxé à 94%. L’autre moitié des hommes d’affaires et des banquiers n’avaient PAS aimé cet « accord » et ces conditions, et avaient, en gros, entamé des démarches, au cours des décennies qui se succédèrent, pour annuler ce « Nouvelle donne ». Mais on reparlera dans un autre article.

Venons-en maintenant à l’année 2020 : il y a (proportionnellement) BIEN PLUS d’argent, comparé à la somme qu’il y avait en 1933, pouvant aider à résoudre les problèmes que nous avons maintenant. Non imposable, cet argent appartient à une centaine de milliardaires et de multimilliardaires en ce moment même. Et il y en a beaucoup ! Cet argent serait (re)pris des gens gagnant des dizaines et des centaines de millions et de MILLIARDS de dollars ! Des gens qui ont payé très peu, voire n’ont pas payé d’impôts depuis des décennies. Donc, quand les gens disent, « Mais comment donc Bernie Sanders paiera-t-il pour les soins médicaux, l’éducation, entre autres, alors qu’il n’y a pas assez d’argent pour couvrir toutes ces dépenses ?! », ne soyez pas confus. Il y a BEAUCOUP d’argent pour payer pour tout ce que propose Sanders et bien plus encore !

Au cours des 50 dernières années, le système d’impôt aux États-Unis s’est « inversé ». Il a basculé d’un système où les riches paient la plupart des impôts et la classe moyenne et les pauvres paient le peu qui reste à un système où les pauvres et la classe moyenne paient la majorité des impôts et les riches, en particulier les ultra-riches, paient peu et, souvent, ne paient rien du tout. Sous la direction de Sanders, le système inversé d’impôt où ceux qui gagnent plusieurs milliards de dollars par an obtiennent des REMBOURSEMENTS d’impôts (et ceci n’est pas une blague) sera reconverti en un système progressif et non régressif. Nous vivons au pays de la connerie depuis quatre décennies maintenant (peut-être même plus de quatre décennies, mais on en reparlera également dans un autre article). Il est temps pour que les riches paient leur part. Il est temps que les plus riches cessent de vivre aux crochets de la classe moyenne.

Enfin, M. Sanders et le Mouvement populaire qu’il représente insistent sur le fait qu’il est absolument impératif que notre pays UNIVERSALISE (c’est-à-dire démocratise) toutes les institutions liées au bien-être de l’homme (soins médicaux, éducation, protection de l’environnement) le plus rapidement possible. Contrairement à d’autres politiciens qui sont en faveur de permettre aux entreprises de continuer à faire des profits sur les soins médicaux, l’éducation et la protection de l’environnement, Sanders dit clairement que ce n’est qu’en éliminant finalement (complètement) la motivation du profit de ces institutions que nous pouvons avoir une chance de sauver l’environnement et d’aider plutôt que de profiter de la vie humaine ou de lui nuire. La raison en est que ceux dont les intérêts de profit sont diamétralement opposés au bien-être de la vie sur cette planète sont exactement les personnes les moins susceptibles d’aider au processus d’humanisation des soins médicaux, de l’éducation et de la protection de l’environnement. Ces dernières furent toutes des valeurs communes qui sont apparues après la ‘Nouvelle donne’ et avant l’afflux de privatisations néolibérales qui ont commencé à se généraliser il y a environ quatre décennies.

Et c’est tout ! C’est essentiellement le but de la campagne Sanders. Rien de « radical », rien qui ne soit innovant et rien qui ne soit pas aussi américain que la tarte aux pommes.

 

Traduction de l’anglais, Maryam Domun Sooltangos

Catégories: Amérique du Nord, Economie, Opinion
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