Bordeaux. Interview des Décrocheurs de Portraits Girondins

19.10.2019 - Bordeaux, France - Rédaction Bordeaux

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Bordeaux. Interview des Décrocheurs de Portraits Girondins

Ce vendredi 18 octobre, à Bordeaux, l’audience du procès des 8 militants girondins ayant décroché des portraits du Président de la République, dans les mairies, pour dénoncer son « Inaction Climatique » a été reporté au 13 décembre 2019.

Les 5 militants présents se sont exprimés à l’issue de l’audience sur la crise et les motifs de leur action.

(Crédit Vidéo : Xavier Foreau)

Transcription de la vidéo

Report de l’Audience des Décrocheurs de Portraits Girondins

« On est réuni aujourd’hui tous les 5, des 8 prévenus girondins des décrocheurs de portraits.

On sort de notre première audience, qui a été finalement reportée au 13 décembre 2019. »

Re-politiser l’écologie

« L’écologie aujourd’hui, au vu de l’urgence, elle doit dépasser les petits gestes individuels complètement dépolitisés : de couper l’eau, d’éteindre la lumière, et ce genre de choses (ce qui n’empêche pas de continuer à le faire), pour se pencher quand même sur les vrais plus gros acteurs du changement climatique et des crises écologiques que sont les multinationales et les gouvernements inactifs, voire actifs dans le sens des multinationales.

Notre combat, là où il est réellement politique, c’est qu’il s’adresse à ces personnes-là.

Il est grand temps, au vu de l’urgence, de re-politiser ces questions écologiques. »

C’est une crise systémique

« On peut tout faire au niveau individuel, mais certains chercheurs pensent que c’est 25% du problème qu’on va résoudre, si chaque individu se comporte de manière écologique.

Parce qu’on est contraint par tout un système, et ce système, c’est 75 % du reste !

Et ça, ce n’est que la politique, la vraie politique, qui peut le changer. »

La charge de la preuve

« Pour nous ça devient de plus en plus ridicule : l’info c’est toujours à nous de justifier que l’on a raison, alors que ce que l’on dit, c’est dit, écrit et prouvé par des scientifiques depuis plus de 30 ans !

On a vraiment la charge de la preuve ne doit plus nous incomber, parce qu’on est loin d’être des lanceurs d’alerte. Les choses qui sont connues de tous, depuis bien longtemps.

Et c’est pénible de devoir passer en procès pour ça, on va faire venir des scientifiques de Paris qui vont expliquer encore une fois qu’on est gravement menacés, que le climat se dérègle, que c’est de la faute de l’homme, de l’émission des gaz à effet de serre.

Tout ça, c’est une perte de temps ! »

Renverser le camp de la parole

« Donc ce procès, on veut le renverser. C’est-à-dire qu’aujourd’hui nous sommes accusés d’un vol.

En fait on veut évidemment le retourner, c’est nous qui accusons de l’inaction voire de l’action négative du gouvernement et du président.

On dit qu’on est les prévenus, alors on est plutôt « ceux qui préviennent », même si on n’est pas du tout les premiers à dire ça.

Mais c’est cette idée d’inverser. »

Actions délibérées contre le climat

« Dans notre groupe local on n’a pas peur des mots : on va faire le procès de l’inaction climatique, et c’est même pour moi le procès de l’action délibérée et en conscience. Tous les jours au gouvernement, il y a des gens qui prennent des mesures, qui font des choix en connaissance de cause et en conscience contre le climat, contre notre avenir et contre notre futur.

Signer le MERCOSUR et le CETA, le CETA c’est quand même l’inaction climatique, repousser l’interdiction du glyphosate c’est pas de l’inaction, c’est vraiment au contraire, ces gens sont éclairés qui savent et aujourd’hui pourtant, ils continuent à prendre ces décisions.

Ils rendent les choses extrêmement graves. »

Un gouvernement criminel

« Nous sommes accusés de délits, et en fait nous accusons le gouvernement d’être des criminels. »

« Ce qu’ils font actuellement, en pleine conscience, comme vient de le dire Juliette, d’ailleurs Chirac l’avait dit en 2002 : « Attention que ça ne devienne pas un crime contre l’Humanité », tout ce que nous faisons, contre l’avenir.

Et aujourd’hui manifestement, malgré tout ça, malgré les travaux des scientifiques, etc, le gouvernement avalise le système actuel, donc capitaliste etc, qui est destructeur de l’espèce humaine, et bien évidemment de tout le vivant.

Donc, c’est ça qui est en jeu aujourd’hui.

Et malheureusement ces criminels-là osent nous accuser de délits.

Il y a quelque chose qui ne va pas. »

Traque des militants et le double discours

« On a vu des déclarations de Macron il n’y a pas longtemps qui a osé affirmer que les mouvements climat, notamment le mouvement de la jeunesse, l’avait fait changer d’avis, et l’avait fait évoluer sur le sujet.

Alors que pour l’instant la plupart des procès précédents des camarades sur les actions de décrochage, qu’ils soient relaxés ou condamnés, le parquet qui est lié à l’état, fait appel systématiquement.

Donc on voit bien que l’on a d’un côté une communication qui nous dit, les militants me font changer d’avis, on a l’impression d’écouter Macron que grâce à nous il devient écologiste, et derrière il y a une traque qui ne s’arrête jamais contre les militants.

Il faut quand même rappeler aussi que toutes les luttes sont liées, notamment les luttes politiques, à la surveillance : les premières personnes assignées à résidence suite aux premières lois anti-terroristes de 2015, ce sont des militants écologistes notamment autour de la COP21.

Et donc on voit bien quand même que l’écart de communication entre ce que le gouvernement prétend et comment les militants sont traqués, il y a vraiment un vrai écart de communication.

C’est aussi sur ce terrain de la communication qu’on veut les affronter. »

L’affichage des portraits non obligatoire

« L’affichage des portraits du Président la République n’est pas obligatoire dans la mairie.

Donc les éléments essentiels qui sont obligatoires dans une mairie c’est la devise « Liberté, Égalité, Fraternité » au fronton et les drapeaux.

On n’a pas porté atteinte à l’image de la république, du tout, du tout. »

Réquisition des portraits

« C’est pas un vol, c’est plus une réquisition. C’est-à-dire qu’on avait dit qu’on les rendrait quand des mesures à la hauteur des enjeux seraient prises et ce n’est pas encore le cas mais on est prêt à les rendre.

On en tire aucun profit. Donc la qualification de vol, c’est assez caduque. »

« C’est encore plus simple que ça, on les rendra le jour où il tiendra ses promesses.

On ne demande pas plus, qu’il tienne juste ce qu’il a promis … »

 

Remerciements aux militants d’ANV-COP21 pour leur disponibilité pour la réalisation de cette interview.

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Procès à Bordeaux pour avoir décroché en mairie les portraits du président Macron

Financements Climaticides à la Caisse des Dépôts

Le site de ANV-COP21

 

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Catégories: Ecologie et Environnement, Europe, Interviews, Video
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