Union africaine : les enjeux du sommet de Niamey

08.07.2019 - Niamey, Niger - RTG Radiodiffusion Television Guinéenne

Union africaine : les enjeux du sommet de Niamey
(Crédit image : Rtg Radiodiffusion Television Guinéenne)

Les chefs d’État des pays membres de l’Union africaine se réuniront dimanche et lundi [N.d.E. 7 et 8 juillet] à Niamey pour un sommet principalement consacré à la Zone de libre-échange continentale (Zlec).

C’est au Palais des congrès de Niamey, entièrement rénové pour l’occasion, qu’aura lieu le sommet des chefs d’État de l’Union africaine (UA), les dimanche 7 et lundi 8 juillet. Pas moins de 31 présidents sont attendus. Les premiers ont commencé à arriver vendredi dans la capitale du Niger, où ils ont retrouvé leur ministre des Affaires étrangères. Les délégations seront logées à l’hôtel Radisson, construit par le Turc Summa et inauguré le 11 juin par Mahamadou Issoufou, ou bien au Gaweye (qui abritera le centre d’accréditation), au Bravia ou dans les villas du Conseil de l’entente.

Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), Patrice Talon (Bénin), Macky Sall (Sénégal), Alpha Condé (Guinée), Paul Kagame (Rwanda), Faure Gnassingbé (Togo), Félix Tshisekedi (RDC), Abdel Fattah al-Sissi (Égypte), Muhammadu Buhari (Nigeria), Nana Akufo-Addo (Ghana), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville), Idriss Déby Itno (Tchad) seront notamment présents. L’Algérie sera représentée par le vice-Premier ministre Ramtane Lamamra.

Ce sommet sera en grande partie consacré à la mise en oeuvre de l’accord portant sur la création de la Zone de libre‑échange continentale (Zlec). Ressuscité par Paul Kagame, ce vieux projet est l’un des étendards de l’agenda 2063 de l’Union africaine. Il était en discussion depuis 2012 et vise à créer un marché commun de 1,2 milliard d’habitants, dont le PIB cumulé avoisinerait 2 500 milliards de dollars. En janvier 2016, le président du Niger, Mahamadou Issoufou, avait été chargé par ses pairs de mener les travaux de consultation sur ce projet.

Une Zlec finalement avec le Nigeria

L’accord a déjà été ratifié par 22 pays – le seuil minimal requis pour son démarrage – et signé par 52 membres sur les 55 que compte l’organisation. Après des années de refus, le Nigeria de Muhammadu Buhari a finalement annoncé qu’il le ratifierait à Niamey. Le Bénin et l’Érythrée sont désormais les deux seuls pays réfractaires. La ratification du géant nigérian, première économie du continent, avec plus de 190 millions d’habitants (17 % du PIB africain), ne mettra pas fin aux réticences de ses industriels.

« Le Nigeria signe cet accord après de multiples consultations de spécialistes locaux », a ainsi annoncé la présidence, soulignant que la « priorité désormais sera de mener des négociations pour garantir des garde-fous contre la contrebande, le dumping social et autres menaces économiques ».

Pour expliquer sa position, le Nigeria a longtemps expliqué craindre que la Zlec ne soit la porte ouverte à un afflux massif d’importations, venues en particulier d’Asie, d’Europe et de Turquie, via des pays de transit voisins comme le Bénin ou le Cameroun. Lagos redoute également la concurrence d’autres grands pays comme l’Afrique du Sud, le Kenya et le Maroc.

Catégories: Afrique, Relations internationales
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