Cette statue est l’effigie d’une esclave africaine achetée par des bordelais et déportée à Saint-Domingue. Née en 1765 en Afrique orientale, Al Pouessi a été capturée jeune avec sa mère dans une razzia. Elle fut achetée à une date située entre 1778 et 1781, par Pierre et François Testas, deux frères bordelais qui possédaient un négoce à Bordeaux et une plantation à Saint-Domingue.

A l’âge de 16 ans, elle fut déportée à Jeremie (Saint-Domingue) dans la plantation dirigée par François Testas, qui la fit baptiser Marthe Adélaïde Modeste Testas. Elle devint à la fois son esclave et sa concubine.

En application du testament de François Testas, Modeste devint libre en 1795, et reçu de lui 51 carreaux de terre en héritage. Elle épousa en suite Joseph Lesperance, un ancien esclave affranchi de François Testas, et mourut en 1870, à l’âge de 105 ans.

De 1888 à 1889, son petit-fils François Denys Légitime, fut président de la République d’Haïti.

Entre la fin du Xllème et le début du XIXème siècle, environ 150 000 esclaves ont été déportés dans le cadre des activités de commerce triangulaire et en droiture du Port de Bordeaux.

Par cette statue à son effigie réalisée par le sculpteur Haïtien Woody Caymitte dit Filipo, Bordeaux rend hommage à toutes ces victimes.

 

Par Saidkolon Barry depuis la France pour www.rtgkoloma.info

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