« Les jeunes ne sont pas disposés à hériter de ce désastre environnemental », Doris Balvín

03.05.2019 - Santiago de Chili - Pía Figueroa

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« Les jeunes ne sont pas disposés à hériter de ce désastre environnemental », Doris Balvín
Doris Balvín (Crédit image : Pressenza)

Nous avons contacté Doris Balvín, une péruvienne ayant une longue trajectoire dans le Nouvel Humanisme et coordinatrice actuelle du Réseau ‘Au-delà du Changement Climatique’, qui participera au prochain Forum Humaniste Latino-américain.

Doris Balvín : Ce Réseau se veut un espace de réflexion et d’action sur l’avenir humain du point de vue de l’humanisme universaliste, qui définit la relation entre les êtres humains et l’environnement comme une structure indivisible, dans laquelle l’interaction harmonieuse des deux est fondamentale en termes de transformations évolutives, (1). Le Réseau est né des réflexions sur le fait que nous avons soutenu un groupe d’activistes d’organisations environnementales et professionnelles, liées à la problématique environnementale, dans le noyau promoteur du Réseau des bâtisseurs de la Nation Humaine Universelle au Pérou, et plus tard dans le VIe Symposium International du Centre Mondial des Etudes Humanistes qui a eu lieu à Lima – Pérou en octobre de l’année passée.

Dans un premier temps, nous avons promu des campagnes contre la décision du gouvernement péruvien d’assouplir les normes de qualité de l’air pour favoriser les industries polluantes, après quoi nous avons réfléchi à la nécessité d’aborder la question de la crise environnementale mondiale, en plaçant au centre la nécessité d’un changement de paradigme dans la relation économie – nature et société. Notre conclusion est que la crise climatique n’est que la pointe de l’iceberg de la crise environnementale mondiale, et qu’elle présente de nombreux aspects qui rendent nécessaire un changement de paradigmes, c’est-à-dire de système. D’où notre intérêt à établir des liens, entre ceux qui ont travaillé à changer le système qui approfondit cette situation environnementale mondiale, et à faire prendre conscience qu’en tant qu’êtres humains qui ont eux mêmes produit cette crise, nous pouvons l’inverser. En bref, le Réseau est un effort pour relier ceux d’entre nous qui ont travaillé à partir de nos espaces locaux, dans le but de changer le système pour surmonter la crise environnementale mondiale.

L’appel régional au Forum humaniste latino-américain, et le lancement du Réseau au niveau latino-américain, nous ont permis une rencontre dans l’espace virtuel entre tous ceux qui s’intéressent au sujet, et qui ont été accrédités pour participer au Forum, tant virtuellement qu’en face à face. Nous avons récemment créé une page Facebook qui compte déjà 464 suiveurs (2). D’autre part, au Pérou, nous avons encouragé la tenue d’un Forum à l’Université Agraria La Molina en coordination avec le Réseau des Universités de l’Environnement, et le Mouvement Fridays for Future (3), deux organisations de jeunes intéressées par la recherche de solutions à la crise environnementale mondiale. Les conclusions de cette rencontre seront présentées au Forum humaniste latino-américain.

Pressenza : A quel égard la rencontre en face à face à Santiago à l’occasion du Forum Humaniste Latino-américain sera-t-elle importante pour vous ?

DB : La participation au Forum permettra sans aucun doute de faire mûrir collectivement la portée du Réseau, c’est pourquoi nous le considérons comme un jalon important. Ce sera un moment de réflexion entre pairs d’un pays latino-américain. Comme il s’agit d’un nouveau réseau, ce sera aussi un espace pour apprendre à se connaître, pour spécifier le cadre, pour définir les mécanismes d’articulation. Nous pensons qu’il peut nous donner des éléments pour continuer à agir localement, puis à son tour à penser globalement. De plus, il permettra de créer des liens pour le développement de campagnes conjointes sur des thèmes que nous considérons comme essentiels. Par exemple, deux thèmes sont ressortis de l’échange initial. Celle des normes environnementales dans la région afin qu’elles ne s’assouplissent pas, en raison du lobbying que font les entreprises comme les sociétés minières par exemple, et celui de l’éducation environnementale comme axe transversal.

Pressenza : Partout dans le monde entier, la génération des plus jeunes se mobilise en faveur de ces questions ; comment voyez-vous les possibilités de continuité des actions qui peuvent être mises en œuvre à partir de ce réseau ?

DB : Le rôle des jeunes est porteur d’un grand espoir. Pour nous, il est clair qu’il existe une autre sensibilité chez les nouvelles générations, et que de plus elles ne sont pas prêtes à hériter de la catastrophe environnementale qui se profile. La preuve en est qu’ils sont descendus dans les rues et font entendre leur voix. Il existe également de nombreux groupes pour qui il est clair que l’ouverture vers le futur exige des changements dans nos modes de vie, et ils le réalisent avec leur pratique orientée vers le bien-être des êtres humains, et le soin du bien commun. C’est avec ces groupes que nous devons créer des liens et tisser des réseaux. Nous espérons qu’ils pourront être présents à ce Forum. Nous faisons de notre mieux pour y parvenir.

Au Pérou, comme nous l’avons déjà mentionné, nous avons établi des relations de coopération avec le Réseau des universités de l’environnement, le mouvement Fridays for Future et le centre d’Etudes Humanistes New Civilization, qui promeut le noyau du Réseau des bâtisseurs de la nation humaine universelle, et qui a permis d’amplifier la diffusion du Forum en particulier du Réseau parmi les jeunes.

 

Pressenza : Que diriez-vous de plus à ceux qui pourraient participer à ce Forum ?

DB : Qu’ils soient encouragés à participer au Réseau afin de définir ensemble un avenir humain différent dans lequel la relation entre les êtres humains et l’environnement soit une interaction harmonieuse en fonction des transformations évolutives. Cela requiert d’imaginer ensemble ce futur, et comme le dit Guillermo Sullings dans son livre « Le futur de l’être humain à la croisée des chemins, » précisons quelles seraient les étapes que, dans mon action locale, je peux franchir avec mon regard sur les interactions nécessaires dans l’espace global.

Enfin, nous vous invitons à suivre notre page Facebook où nous présentons les actions que différents collectifs entreprennent pour changer le statu quo afin d’harmoniser la nature des relations humaines dans une direction évolutive.

(1) Voir les conclusions du Forum humaniste européen 2018.

(2) https://web.facebook.com/Red-de-Actividades-Mas-All%C3%A1-del-Cambio Clim%C3%A1tico-256159702006015/?modal=admin_todo_tour

(3) Le mouvement des jeunes pour le climat, également connu sous le nom de Friday for future, grève pour le climat ou jeunesse x climat est un mouvement international qui, au lieu d’assister aux cours, organise des manifestations pour exiger des actions des autorités contre le réchauffement climatique.

 

Traduction de l’espagnol, Ginette Baudelet

Catégories: Amérique centrale, Amérique du Sud, Ecologie et Environnement, Interviews
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