L’affaire Drita, ou le refus prefectoral d’une insertion accomplie

23.02.2019 - Bordeaux, France - Rédaction France

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L’affaire Drita, ou le refus prefectoral d’une insertion accomplie
Drita (photo Xavier Foreau)

Drita est très active à Bordeaux avec des associations d’aide à toute personne en difficulté (*), quelle que soit son origine. Différentes organisations font appel à elle en tant que traductrice : associations, hôpital, prison, police, et même le tribunal.

Pourtant elle risque l’expulsion du territoire français, suite au rejet par la préfecture de sa demande de titre de séjour, avec l’argument : «  les circonstances (…) ne permettant pas de conclure que (Drita) est particulièrement insérée dans la société française » ! Pour prendre le préfet au mot, des associations ont organisé une soirée d’intégration.

Pressenza : Quelle est ton histoire, est-ce que tu peux nous expliquer où est-ce que tu en es maintenant, ce dont tu as besoin ?

Drita : Je viens d’Albanie, je suis arrivée à Bordeaux le 1er août 2014, avec ma famille, parce qu’en Albanie on me menaçait de la loi de Kanun (**).

On a fait une demande d’asile, avec ma famille, et on a été débouté. Moi j’ai commencé à travailler en septembre 2014 comme traductrice dans une association. Je travaillais pour différentes associations, institutions, écoles,…

Notre demande d’asile a été rejetée parce que pour l’État français, l’Albanie fait partie des pays « sûrs ».

Le 4 février on a reçu le recommandé comme quoi on était débouté.

Est-ce que sur Bordeaux, tu arrives à avoir des soutiens, des personnes qui t’aident dans tes démarches ?

Oui, il y a un collectif de soutien qui a été monté en octobre 2018 quand on a reçu un arrêté d’expulsion immédiate.

Tu es en contact aussi avec d’autres personnes qui sont dans la même situation que toi ?

Presque tous les albanais sont dans cette situation !

Quelle est la prochaine démarche ?

Avec le collectif on va faire une soirée d’intégration, car le préfet dit que je ne suis pas intégrée, même si je suis allée dans une école en France, j’ai suivi une formation d’aide aux migrants, une formation juridique sur le droit des étrangers, j’ai fais un stage, et eu un emploi avec une autre structure à Bordeaux.

Et maintenant, tu es aussi accréditée comme traductrice ?

Oui, je fais des traductions, je prépare les dossiers des réfugiés pour la préfecture, pour l’aide juridictionnelle.

Est-ce qu’actuellement il y a une crainte d’être expulsée rapidement ?

Oui, il est écrit une expulsion sans délai.

 

Merci Drita pour cette interview

 

(*) voir page facebook Aides aux personnes à la rue à Bordeaux

(**) le Kanun est un droit coutumier encore utilisé dans certaines régions d’Albanie ; Il définit des règles dans des situations de conflit entre familles, qui peuvent aller jusqu’au meurtre.

Catégories: Europe, Interviews, Migrants
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