Journée internationale de la Non-violence à Toulouse avec le Collectif 1000 et 1 créateurs d’une éducation joyeuse

13.10.2018 - Toulouse, France - Rédaction France

Journée internationale de la Non-violence à Toulouse avec le  Collectif 1000 et 1 créateurs d’une éducation joyeuse
Crédit images : Brigitte Cano

Propos recueillis par Brigitte Cano

Dans le cadre de la Journée internationale de la Non-violence, ce 2 octobre passé, Pressenza a rencontré le Collectif 1000 et 1 créateurs d’une éducation joyeuse, organisateur d’un événement au Quai de la Daurade à Toulouse. Au programme, l’expérimentation des outils de la non-violence par des ateliers ouverts à tous et la réalisation d’un symbole humain de la non-violence. Voici les propos de Thérèse Neroud et Florence Béziat, membres du Collectif :  

Pressenza : Pourriez-vous présenter le Collectif ?

Le Collectif 1000 et 1 créateurs qui est l’organisateur de cet événement pour le 2 octobre 2018.

Le collectif est né d’une volonté de partager des outils, des expériences, des savoirs faire et des savoirs être, en lien avec la non-violence dans l’éducation.  Ses objectifs sont de :

  • construire des passerelles, des liens entre tous ceux qui agissent pour développer une éducation qui donne aux nouvelles générations la possibilité de prendre contact avec la profondeur de leur être, de choisir ce qu’ils veulent apprendre afin d’accomplir ce pour quoi ils sont là.
  • ouvrir des espaces d’échanges et d’expérimentations en prenant en compte la dimension globale de l’être humain et sa possibilité d’agir sur le monde pour le transformer.
  • agir pour faire avancer cette direction dans notre quotidien et dans les institutions.

Ce collectif rassemble des associations, des parents, des grands parents, des enseignants et des personnes concernées par une éducation Non-violente. Les associations impliquées dans l’organisation de cette journée internationale de la Non-Violence sont :

L’Académie de la non-violence

Qui est le centre de formation de Femmes Internationales Murs Brisés (FIMB), un réseau mondial d’entraide fondé en 1990 par Evelyne Mesquida. Cet organisme, aconfessionnel et apolitique, propose des solutions concrètes pour répondre aux défis actuels de notre société. C’est un réseau de réseaux qui est aujourd’hui présent dans 105 pays et qui regroupe 350 millions de personnes.

La mission de l’Académie est de diffuser et d’enseigner le Chindaï©, un art martial non-violent français qui s’avère être un formidable outil d’éducation à la non-violence. Cet enseignement a une grande originalité : son apprentissage passe par le corps et permet donc d’intégrer durablement des attitudes pacifiques et positives dans le schéma corporel, la pensée et le comportement quotidien. A partir du Chindaï, l’Académie a bâti une méthode d’éducation et de communication à la non-violence, destinée à toutes les sphères de la société. Elle propose des ateliers hebdomadaires pour adultes ou enfants, des stages (adultes ou enfants) ainsi qu’un cursus de formation dédié aux professionnels. Ce cursus s’adresse en particulier aux enseignants, aux éducateurs, aux managers, aux personnels soignants, ou encore aux parents et aux aidants, pour être calme et centré en toutes circonstances. Il est destiné à toute personne souhaitant intégrer cet enseignement dans sa pratique professionnelle ou dans sa vie personnelle.

L’Association Le Meilleur de Soi, École de la non-violence et de l’éveil

Est un espace qui s’adresse en priorité à ceux qui sont en contact avec des enfants et des jeunes et bien sûr aux enfants et aux  jeunes eux-mêmes.

Les objectifs  de cette Ecole sont l’apprentissage et l’expérimentation afin d’approfondir le contact avec soi et avec les autres, pour se ressourcer, prendre du recul, élever le niveau de conscience et l’attention pour choisir comment faire les choses dans une direction non-violente.

L’Ecole propose des « cours » sous forme d’ateliers pour expérimenter un nouveau regard sur ce que l’on vit, rendre conscient ce qui ne l’est pas encore afin d’exercer ce qui constitue notre humanité : l’intentionnalité et la liberté de choix, la compassion.

Voici des exemples d’ateliers proposés par l’École :

  • Apprendre à reconnaître sa propre violence et comment la dépasser.
  • Apprendre des outils simples comme se relaxer, regarder le meilleur de soi et des autres, prendre contact avec son guide intérieur, avec sa force intérieure.
  • Apprendre comment fonctionne le psychisme humain.
  • Apprendre en fait ce qui est au service de la justice et de la réconciliation : la paix, la compassion et la solidarité.
  • Mais aussi découvrir les racines de nos croyances et comment construire de nouvelles croyances choisies, au service de notre évolution, de l’évolution de la Vie. Trouver le sens et renforcer la confiance dans ce pourquoi nous sommes là.
  • Des temps d’étude et de réflexion sont également proposés afin d’approfondir l’expérience et de la comprendre.

 

P. : Pouvez-vous nous dire quel est ou quels sont les éléments déclencheurs qui vous ont amenés à utiliser, militer ou vous engager (à titre personnel ou professionnel) pour la non-violence ?

Florence Béziat, Maître de conférences. Et formatrice bénévole à l’Académie de la Non-Violence depuis plus de dix ans :

J’avoue ne pas aimer les conflits, car la plupart du temps ils sont stériles : ils génèrent des situations de blocages qui empêchent d’avancer et de communiquer. A l’échelle mondiale, les guerres et la violence sont omniprésentes. A l’échelle locale, l’agressivité et le stress sont source de violence, pour soi et pour les autres. En tant qu’enseignante, j’ai constaté que le manque de respect et d’écoute, et les comportements provocateurs, font de l’éducation un véritable défi.

Pourtant, il existe des moyens de sortir de ces schémas, en contribuant à faire émerger les valeurs. Le Chindaï, en tant que formidable outil d’éducation à la non-violence, en est un.

Thérèse Neroud, psychopédagogue, créatrice et facilitatrice de l’École de la Non-violence et de l’Éveil au sein de l’association Le Meilleur de Soi :

J

J’ai toujours été touchée par les situations d’injustice autour de moi et je voulais faire quelque chose. Je me rendais compte qu’agir socialement ne suffisait pas, qu’il y avait besoin que quelque chose change dans les mentalités et les comportements.  J’ai alors

commencé à m’engager dans une démarche non-violente à travers le courant Humaniste Universaliste  courant qui propose d’agir simultanément sur le plan social et sur le plan personnel dans une sorte d’aller-retour qui permet de comprendre en profondeur ce qui nous motive, et de choisir intentionnellement comment agir.

 

P. : Quelle est l’importance de la non-violence dans votre vie ?

Florence de l’Académie de la non-violence :

La non-violence est un choix. Et un état d’esprit. Dans le monde d’aujourd’hui, il est souvent difficile de trouver un espace de paix et d’équilibre. La violence physique est présente, notamment chez les jeunes. Il y a aussi d’autres formes de violence, plus sournoises : la violence verbale, le harcèlement, les pressions psychologiques, les intimidations, la mise en concurrence, l’exigence de performance, l’indifférence à autrui… Dans cette situation, il est urgent de changer de paradigme et d’offrir une nouvelle vision aux générations futures.

Nous évoluons, quel que soit notre âge, dans un quotidien déstabilisant. Pour les enfants et les adolescents, il y a l’omniprésence des écrans (TV, ordinateurs, jeux vidéo) qui monopolisent leur attention, au point de les rendre agressifs ou incapables de se concentrer. Chez les adultes, dans le monde du travail, les pressions augmentent, les rythmes s’accélèrent, les tâches se multiplient ; il faut être polyvalent et performant à la fois. Avec les mails et les téléphones portables, les frontières entre la journée de travail et les plages de repos tendent à disparaître… Bref, le temps pour soi manque, le stress et la fatigue s’accentuent. Cette accumulation nuit à notre équilibre. Elle déclenche l’agressivité et des cycles de réaction qui favorisent l’individualisme, l’égoïsme, l’intolérance et l’orgueil. De ce fait, soit nous devenons vulnérables face aux événements, soit nous nous coupons du monde extérieur pour nous protéger. Deux questions se posent alors : comment peut-on faire pour gérer le négatif ? Et surtout : l’être humain peut-il s’épanouir dans cette agitation permanente ?

C’est là que l’apprentissage des principes de la non-violence et leur mise en pratique peuvent nous aider. Avec le Chindaï©, on apprend comment appliquer ces principes dans la vie de tous les jours notamment en trouvant une solution à ses conflits internes sans les répercuter sur autrui.

Thérèse pour l’Association Le Meilleur de Soi :

C’est le centre de ma vie. Pour moi la plus grande violence de notre époque c’est la négation de l’intériorité de l’être humain. C’est mettre la valeur dans les objets et se perdre dans une course effrénée vers la possession en s’éloignant chaque fois plus de ce qui fait notre humanité et de ce qui nous relie aux autres.

Mon domaine d’action est l’éducation. Depuis toujours je suis préoccupée par l’éducation et par le fait qu’aujourd’hui l’enseignement est basé sur l’acquisition de connaissances en oubliant que la conscience est active, en oubliant le rôle de l’affectivité, des émotions, du corps dans l’apprentissage. Nier une partie de ce qui constitue l’être humain produit de la violence. De plus la pédagogie est statique, l’élève reçoit des connaissances mais n’est pas acteur de son apprentissage, il le subit. J’aspire à une pédagogie dynamique basée sur la motivation et sur la relation à soi et aux autres.

Je rejoins Silo, à l’origine de ce courant Humaniste Universaliste quand il dit que

« L’éducation dans la paix, la promotion de la non-violence et l’emphase sur la compassion comme une qualité innée doivent être la partie essentielle des programmes éducatifs à tous les niveaux. »

 

P. : Que signifie la journée du 2 octobre ?

C’est bien sur la date de naissance de Gandhi et surtout une journée qui a été reconnu en 2007 par l’ONU journée internationale de la non-violence.

C’est un moment pour rappeler qu’il y a de la violence dans le monde et autour de nous dans notre milieu immédiat. Bien sûr les guerres, mais aussi la violence économique avec le fait qu’une grande partie de l’humanité n’a pas de quoi se nourrir, ne vit pas dignement, la violence psychologique quand on cherche à imposer son point de vue, à nier l’intention de l’autre, la violence de genre et la discrimination quand on n’accorde pas les mêmes droits à tous.

C’est un moment pour renouveler un engagement en faveur de la non-violence et de la justice pour tous.

 Thème des ateliers :

P. : La non-violence en tant que mode d’action est parfois difficile d’accès. Vous avez conçu 3 modes d’approche très différentes de la non-violence, pouvez vous nous expliquer ces ateliers ?

Nous avons souhaité proposer plusieurs approches effectivement qui mettent en marche à la fois la tête, le corps et le cœur.

Le Chindaï, discipline d’équilibre avec un atelier intitulé : « La non-violence, ça s’apprend ». Approche des premières clés : j’ouvre, je me rends disponible. Je vide mes tensions, mon trop-plein. Et j’installe le calme en moi et autour de moi.

Reconnaitre ses qualités et celles des autres : à partir de personnages de la non-violence comme Gandhi, Rosa Parks, Martin Luther King et d’autres, reconnaitre leurs qualités et exprimer celles qui font écho en nous. Se reconnaitre soi-même avec des qualités donne de la force nous place dans une énergie plus douce, il n’y a pas de luttes, chacun a sa place et peut apporter au monde.

Échange autour de la non-violence : à partir de petites phrases de différentes personnes en rapport avec la non-violence partager ce qu’elles nous évoquent.

 

P. : Qu’attendez-vous de ces ateliers ou de cette journée d’action ?

Que cela soit un pas de plus vers une prise de conscience, sur la nécessité de changer de paradigme et de sortir de l’escalade de la violence. La non-violence dans le monde commence d’abord par la paix en soi… L’enjeu est de taille. Comme l’a écrit Alexandre Homé, créateur et fondateur du CHINDAÏ© en 1949, « un regard de paix agit plus qu’une vie d’indifférence ». Cette phrase pose la question du choix que nous avons à faire entre la non-violence et l’indifférence. C’est un choix renouvelable chaque jour, qui peut s’exprimer par des paroles, par des actes, et aussi par une action qui peut paraître infime : un simple regard…

Nous souhaitons également lancer un signal, semer des graines, rendre visible l’importance de la non-violence et de l’action commune. Rappeler que la non-violence est un style de vie, c’est rejeter la violence pour soi et pour les autres, c’est donc agir face à l’injustice, à la discrimination et face à tout ce qui nie l’intentionnalité de l’être humain. Avec cet événement nous voulons également démontrer qu’il est possible d’agir avec la joie dans le cœur, la joie de l’action qui donne cohérence à nos vies.

Thème Marche Mondiale

P. : Pouvez-vous présenter la Marche Mondiale pour la Paix et la non-violence et nous préciser la différence ente Paix et Non-violence ?

La Paix  est l’absence de guerre alors que la Non-violence  est l’absence de situations d’injustice et de discrimination. La Non-violence est active, c’est un style de vie, c’est refuser de collaborer avec la violence et agir pour que les situations de violence reculent.

La 2MM (Marche mondiale) commencera à Madrid le 2 octobre 2019, Jour International de la Non-violence, dix ans après le début de la 1ère MM. Elle se dirigera ensuite en direction de l’Afrique, l’Amérique du Nord, Centrale et du Sud, pour passer en Océanie, parcourir l’Asie et finalement l’Europe, arrivant à Madrid le 8 mars 2020, Journée International de la Femme, après avoir fait le tour de la planète dans un parcours de 159 jours dans plus de 100 pays. Les objectifs de la Marche sont :

  • dénoncer la dangereuse situation mondiale avec l’augmentation des conflits et des dépenses en armement alors que dans de vastes zones de la planète de nombreuses populations se trouvent mises à  l’écart par manque d’aliments et d’eau.
  • de faire prendre conscience que c’est uniquement grâce à la « paix » et la « non-violence » que l’espèce humaine ouvrira son futur.
  • de mettre en lumière les diverses actions positives que des personnes, des collectifs et des peuples sont déjà  en train de mener dans  de nombreux endroits pour l’application effective  des droits humains , de la non-discrimination, en faveur de la collaboration, la cohabitation pacifique et la non agression.
  • de donner une voix aux nouvelles générations qui veulent prendre le relais et laisser une trace, en installant la culture de la non-violence dans l’imaginaire collectif, dans l’éducation, la politique, dans la société… De la même manière qu’en peu d’années s’est installée la conscience écologique.

Pour contacter le collectif : page Facebook 1001 créateurs d’une éducation joyeuse.

Par mail 1001createurseductationjoyeuse@gmail.com

Pour le Chindaï : beziat.florence@neuf.fr

Pour les ateliers de non-violence : lemeilleurdesoi31@gmail.com

 

Voici le diaporama de l’événement. Photos de Brigitte Cano :

 

Catégories: Europe, Interviews, Nonviolence
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