Démocratie réelle (vs. Démocratie formelle) [1 de 2]

28.02.2018 - Guillermo Sullings

Démocratie réelle (vs. Démocratie formelle)  [1 de 2]
(Crédit image : United for Global Change)

Ce texte est une première contribution de Pressenza dans le cadre de la soirée ‘Lanceurs d’alerte et démocratie’ qui aura lieu ce 1 mars 2018 et qui inclut la présentation du film ‘Meeting Snowden’ de Flore Vasseur.

Il s’agit de l’extrait ‘Démocratie réelle’ du livre de Guillermo Sullings ‘A la croisée des chemins’.

On ne peut concevoir de régime politique dans lequel une minorité exerce son pouvoir sur la majorité. En ce sens, les régimes totalitaires et les démocraties formelles sont différentes modalités d’une même conception élitiste et manipulatrice. Même si les démocraties actuelles sont un peu plus avancées que les totalitarismes, leur caractère représentatif est loin de considérer le peuple comme le véritable souverain.

Les peuples veulent avoir un plus grand pouvoir de décision dans les thèmes qui les touchent au quotidien et pas seulement par le fait d’avoir la possibilité de voter lors des périodes électorales.

La conception d’un État et de ses dirigeants éloignés des gens ne résiste déjà plus aux temps nouveaux et doit donner lieu à la conception d’un État coordinateur où les personnes sentent réellement qu’elles se coordonnent elles‑mêmes à travers la division des fonctions et que les représentants gouvernementaux n’accomplissent qu’une de ces fonctions.

Pas à pas, il faudra obtenir que les personnes aient chaque fois plus d’influence sur les affaires d’intérêt général, qu’elles puissent donner leur avis fréquemment à travers des mécanismes de consultation et que cette opinion soit contraignante.

Bien entendu, pour qu’elle puisse se convertir en une intelligence d’ensemble chaque fois plus sage, il faudra non seulement définir les mécanismes de consultation et de prise de décisions mais aussi trouver la forme qui permettra à toutes les personnes de réfléchir sur les thèmes afin d’être en mesure de donner leur avis. Si un gouvernement qui arrive au pouvoir à travers les démocraties actuelles voulait réaliser des transformations profondes, une des premières choses qu’il devrait faire est précisément de transformer le système politique à partir duquel il est arrivé au pouvoir.

Si les dirigeants ne prennent pas cette initiative parce que cela ne leur convient pas, les peuples devraient se mobiliser et faire pression pour gagner du terrain dans leur pouvoir de décision jusqu’à parvenir à une Démocratie réelle. Ils devraient se mobiliser avec beaucoup plus de force pour obtenir cela plutôt que de revendiquer des choses conjoncturelles. Précisément, ce qui permettra d’éviter de s’épuiser en se mobilisant sans cesse contre les injustices et les abus, sera l’obtention d’un système politique dans lequel on ne dépendra pas de l’arbitraire d’un dirigeant, parce que la simple volonté de changement de la majorité sera liée à la prise de décisions.

Dans le cadre des processus électoraux des démocraties formelles actuelles, les peuples ne devraient donner leur soutien à aucun candidat qui ne se compromette à mettre en avant ce type de transformation.

Catégories: Droits humains, International, Opinion
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