Face à la croisée des chemins

16.11.2017 - Ville de Mexico - Redacción México

Cet article est aussi disponible en: Espagnol, Catalan

Face à la croisée des chemins
(Crédit image : Juan Carlos Marín)

Par Víctor Manuel Sánchez

Ce qui se passe aux quatre coins de la planète est très fort. La déstructuration sociale et personnelle augmente potentiellement, tout s’effondre devant nos yeux, s’écroule à nos pieds. Il y a beaucoup de choses positives, mais elles ne sont pas suffisantes compte tenu de la crise que nous vivons actuellement, qui est en nous ; d’autres types de réponses sont également nécessaires.

Il n’y a qu’à voir les récents événements survenus en Barcelone, les effets des ouragans qui ont frappé plusieurs pays d’Amérique du Nord, comme Cuba, les États-Unis, Porto Rico, notre pays le Mexique, etc. Il y a aussi les migrations intenses de personnes du Moyen-Orient vers l’Europe, où elles ne trouvent pas de bonnes conditions de vie, puisqu’il n’y a pas assez de travail décent pour les gens. Le travail qui existe est très mal payé et, de plus, la violence dans les différentes manifestations augmente à chaque instant. À cela s’ajoutent les gouvernements sans cœur de l’Argentine et du Brésil, pour ne citer que quelques exemples, qui ont conduit des milliers de personnes à la pauvreté immédiate et aux conflits entre les citoyens.

Nous voyons aussi avec joie des zones de confort psychologique – comme la ville de Berlin, ville de tolérance – comme une Arcadia sur la planète. Et nous voyons ailleurs que l’on s’inquiète de l’augmentation de la violence et que l’on cherche à résoudre les conflits armés. Il y a des progrès scientifiques et technologiques comme jamais auparavant ; s’ils serviront au processus évolutif de l’être humain, ils sont les bienvenus.

Nous voyons les efforts que déploient dans le monde des politiciens responsables, peu nombreux certes, mais très valables.

Aujourd’hui, à Mexico, nous passons par des états internes différents, dans la mesure où nous constatons l’ampleur des répercussions du tremblement de terre, dans la mesure où nous approchons des zones de conflit, des bâtiments effondrés, de la souffrance humaine.

Nous passons par nos climats et nos tensions, de la dégradation, l’absurdité, l’angoisse et le blâme jusqu’à l’euphorie, quand nous apprenons qu’une vie a été sauvée, qu’il y a un effort commun, quand nous voyons une véritable solidarité humaine, quand nous voyons que les gens savent s’organiser sans les partis, sans les gouvernements manipulateurs et corrompus comme celui que nous avons dans ce pays. Nous passons d’un état à l’autre : colère, frustration, consternation, désespoir, impuissance, injustice, déshumanisation, blâme, recherche de réponses dans le ciel. Nous passons de l’individualisme à la collaboration.

C’est voir dans notre comportement l’altération de la conscience. Ces états altérés peuvent donner lieu à d’autres états intérieurs d’inspiration pour aider les autres et exprimer la compassion pour les autres, à une transformation profonde qui est nécessaire aujourd’hui en nous, à l’intérieur des gens, pour ainsi quitter notre égoïsme. On peut appeler cela des états inspirés de conscience, l’éveil. En étant plus éveillés, nous pouvons essayer d’apporter de grands changements dans notre monde personnel et social. Cherchons dans la réflexion, en notre for intérieur, la lumière qui éclairera notre travail, notre futur proche.

Ne cherchons pas des coupables, nous sommes tous responsables de cette situation et maintenant nous pouvons changer s’il y a une profonde transformation de nos comportements et de nos actions dans le monde.

Lors du tremblement de terre de 1985, des milliers et des milliers de personnes se sont joints à cette même tâche d’aider les autres et il n’y avait aucun moyen de s’arrêter. Nous n’avons pas vu, comme maintenant, l’aide que l’on peut donner au moyen des réseaux sociaux, lorsqu’ils sont utilisés dans le but de servir les autres. Avec les moyens de communication que nous avions, nous avons pu nous organiser autrement et nous avons dépassé les partis politiques et les institutions en tant que société civile. Les répercussions de l’inactivité des institutions témoignent de ce qui s’est passé : bâtiments dont les structures n’ont jamais été renforcées, lois sur la construction modifiées, mais qui jusqu’à aujourd’hui continuent d’être violées et ne sont pas respectées par les autorités en place, quel que soit le parti, etc.

La grandeur des personnes solidaires peut changer le sens de la vie de ces personnes lorsqu’elles réagissent fermement à la désolation que l’on constate chez beaucoup de personnes qui perdent leur maison, leur appartement et surtout leurs proches.

On voit aussi les jeunes avec une profonde admiration, ce qui renforce la foi dans les nouvelles générations; un espoir, une espérance, une immense joie de voir comment ils s’organisent en brigades sans drame, sans protagonisme, pour prendre la responsabilité des ordures laissées par les politiciens et leurs institutions qui ne pensent et n’aboient que lorsqu’ils entendent que l’aide économique du prochain processus électoral pourrait être utilisée pour la reconstruction des zones touchées et que leur bien-être est en danger.

Certains médias, comme les grandes chaînes de télévision qui collaborent avec le gouvernement, manipulent l’information, créent des téléréalités avec le malheur des gens, mais il existe aussi des moyens de les contrebalancer.

Il y a abus et cynisme de la part des institutions qui apposent leur logo sur les innombrables boîtes de collecte organisées et apportées par les gens aux points de collecte. Elles montrent ainsi leurs trophées, mais il y a aussi une augmentation du nombre de personnes qui dénoncent ce genre de situation honteuse, comme on le voit avec Sedesol, le DIF ou le Secrétariat de la Marine, qui mentent à la population, tandis que les gens les dénoncent sur les réseaux sociaux.

L’irresponsabilité de nombreux constructeurs, ainsi que l’irresponsabilité des hommes politiques dans les délégations qui octroient des permis aux constructeurs de copropriétés en échange d’une bouchée de pain, d’un pot-de-vin, est évidente. Et il y a aussi des gens qui deviennent de plus en plus responsables dans leur travail professionnel.

Une fois de plus, cela montre combien il est important de prendre les rênes de notre destin et de ne pas les laisser dans des mains irresponsables, d’élargir notre conscience personnelle et sociale, de construire une vie meilleure, un monde meilleur, fondé sur la cohérence.

Il faut éveiller la conscience, s’éveiller soi-même.

Nous nous trouvons à la croisée des chemins, là où nous devons choisir de continuer dans cette voie ou de donner plus de cohérence et de sens à notre existence au moyen d’une véritable transformation personnelle et non seulement sociale.

 

Traduction de l’espagnol : Silvia Benitez

Catégories: Amérique du Nord, Humanisme et Spiritualité, Opinion
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