Politique : La gauche, la droite, et les faux dilemmes. Les questions et réponses qui comptent vraiment

04.09.2017 - Buenos Aires, Argentine - Víctor Piccininni

Cet article est aussi disponible en: Espagnol, Grec

Politique : La gauche, la droite, et les faux dilemmes. Les questions et réponses qui comptent vraiment
(Crédit image : Anita Szeics)

« Quand l’Humanité subit des crises majeures et qu’un besoin de changements profonds se fait sentir, la question primordiale est, et a toujours été, compassion ou égoïsme, bonté ou cruauté, beauté ou atrocité, lumière ou obscurité. Humanisme ou anti-humanisme, violence ou non-violence. »

Partout dans le monde, le « show politique » actuel participe à l’hypocrisie des partis traditionnels et de leurs politiciens. Les néo-libéraux se considèrent comme la « nouvelle droite ». Ils reprennent les idées et propositions associées au socialisme et, une fois au pouvoir, font bien sûr tout le contraire de leurs promesses. La gauche, quant à elle, prône le renouvellement, quand elle ne fait que copier l’esthétique et le « marketing » de la droite. Les instituts de sondage se prennent pour des devins (sans jamais rien deviner), et cela leur vaut d’être appelés « gourous de la politique ». Les « professionnels de l’image » se font passer pour des « sociologues-consultants » et écrivent les discours des candidats. Discours de « bien-être socialiste » pour les candidats de droite, discours « modérés » pour les révolutionnaires socialistes. Ce déboussolement général assombri et dégrade le paysage politique actuel, dont les acteurs vivent plongés dans une « externalité de paroles vides », en cherchant à convaincre ceux qui voteront pour eux. Les partis de gauche, de droite et du centre ne savent pas plus de quel côté se tourner. Dans la quête du pouvoir, les contours s’estompent.

On peut alors s’attendre à de grands bouleversements dans l’opinion des sociétés et des individus. Tombant toujours dans le même piège, les politiques se réfugient dans des antagonismes d’une grande violence, aux accents du passé, pour répondre aux inquiétudes du futur. Des discours vides, auxquels eux-mêmes ne croient pas.

Il ne s’agit plus d’un flou politique de droite, de gauche ou du centre. Ces vieux schémas sont les vestiges d’un monde qui n’existe plus. Les jeunes de la nouvelle génération le ressentent et, à leur manière et avec leurs propres codes et signaux, ils leur font le « vide » [NDE. Faire le vide : ignorer quelqu’un].

En cette période de crises humanitaires profondes, d’urgences, de situations extrêmes, le dilemme fondamental qu’il nous faut résoudre est simple. Nous devons tracer une ligne claire entre ce qui est bien et ce qui est mal, entre la beauté et les atrocités, entre la solidarité et l’égoïsme, l’amour et la haine, la réconciliation et la vengeance, la lumière et les ténèbres. Comment ? En énonçant explicitement le dilemme auquel nous faisons face aujourd’hui, qui est :

« Humanisme ou anti-humanisme ». « Violence ou non-violence ».

  • La violence, c’est entretenir la concentration des richesses, accepter que les peuples soient soumis à la voracité du capital corporatif et financier.
  • La non-violence, c’est progresser vers une distribution équitable des ressources, pour assurer un accès au logement, à la santé, à la nourriture et à l’éducation aux pays ou aux populations dans le besoin.

 

  • La violence, c’est considérer que certaines valeurs comme l’argent, la religion, la patrie, la « race », comptent plus que la vie humaine.
  • La non-violence, c’est placer l’être humain et son bien-être au-dessus de toute autre valeur.

 

  • La violence, c’est soutenir de manière directe ou indirecte la privatisation progressive de la santé et de l’éducation.
  • La non-violence, c’est assurer la santé et une éducation publique de qualité pour tous, sans délai et sans conditions.

 

  • La violence, c’est le maintien, voire l’augmentation, de l’arsenal nucléaire et conventionnel.
  • La non-violence, c’est évoluer vers une suppression totale de l’armement nucléaire et conventionnel sur la planète.

 

  • La violence, c’est soutenir les interventions militaires et l’occupation des territoires.
  • La non-violence, c’est encourager des accords de paix sur les territoires en conflit.

 

  • La violence, c’est promouvoir la construction de « murs », et autres obstacles administratifs qui divisent les peuples.
  • La non-violence, c’est soutenir des lois qui assurent la libre circulation des personnes à travers le monde.

 

  • La violence, c’est soutenir une ONU à deux vitesses : celle des États de première et de seconde classe.
  • La non-violence, c’est avancer vers une Fédération Mondiale des Nations, qui promeut une participation égale de chacun de ses États.

 

  • La violence, c’est encourager les mécanismes actuels de « démocraties formelles », au sein desquelles un petit nombre de politiques trahissent leurs mandats et responsabilités.
  • La non-violence, c’est évoluer vers des mécanismes de « démocratie directe et réelle », où le pouvoir décisionnel serait progressivement transféré au peuple.

 

  • La violence, c’est soutenir une « globalisation » où certains pays et corporations concentrent et augmentent leur pouvoir, quand d’autres sont marginalisés et exploités.
  • La non-violence, c’est la « mondialisation » croissante, équitable et égale, dont le but est d’évoluer vers une future Nation Humaine Universelle.

Chaque organisation, chaque force sociale et politique doit choisir clairement son camp, et agir en conséquence.

 

Traduit de l’espagnol par Laurane Tesson

Catégories: International, Nonviolence, Opinion
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