Argentine, les rapaces restent aux aguets

02.09.2013 - Buenos Aires - Mariano Quiroga

Cet article est aussi disponible en: Espagnol

Photo : http://bit.ly/VNL094

L’Argentine a eu une décision défavorable dans la Cour d’Appel de New York en ignorant l’accord avec 93 % des détendeurs de bons et donnant lieu à la demande des «fonds vautour». Il s’agit de la dette qui culmina dans la situation du 31 décembre 2001.

Christine Lagarde avait envoyé un message aux juges de la Cour d’Appel de New-York en affirmant l’importance d’accepter les formules de restructuration des dettes et d’échanges qui permettent aux pays endettés de pouvoir apporter une réponse à leurs créanciers.

Le gouvernement argentin avait manifesté que ses lois ne permettaient pas de donner un traitement privilégié à certains détenteurs de bons et pas à d’autres qui auraient accepté déjà les échanges précédents de 2005 et 2010. Et que si de plus, certains recevaient la valeur totale des bons, les autres pourraient exiger la même chose, ce qui signifierait une nouvelle situation sans issue pour le pays.

La Cour de New York n’a pas pensé au scénario global, avec plusieurs pays inanimés qui devront chercher un artifice financier pour pouvoir éviter les saignements de leurs populations et la perte totale de leurs patrimoines. Elle n’a pas tenu compte non plus de son propre pays, endetté jusqu’à la moelle et qui dépend de la bienveillance de ses détenteurs de bons. Encore moins lui importa un pays trop lointain pour être pris en compte et qui il y a 12 ans fut la risée planétaire à cause de la gestion de ses comptes. En suivant pas à pas les recettes du Fond Monétaire International (FMI).

La décision  soutient que l’Argentine n’est déjà plus dans la situation dans laquelle elle créa ces bons de dette pour pouvoir payer les salaires des employés de l’État, les retraites aux anciens, maintenir les écoles et les hôpitaux et principalement assumer ses obligations de dette. Et maintenant en ayant une économie assainie elle pourrait payer à 0,45% des créanciers, la valeur absolue des bons.

J’explique brièvement comment fonctionne un bon de dette. L’État imprime des papiers qui disent que le porteur recevra à une date X 100 dollars. En échange, ils reçoivent 30, 50, 60 selon le temps d’attente. Ceux qui ont acheté ces bons pendant les années 90 alors que l’Argentine vivait la bulle de la convertibilité        sous un gouvernement ultralibéral ; en 2001 il se trouva que les banques fuirent avec l’argent de tous les argentins et les dettes contractées par l’État argentin étaient supérieures à 160% son PIB. Le président fuit en hélicoptère après avoir déclaré l’état de siège et réprimé sauvagement tuant plus d’une trentaine de citoyens. Après le passage de deux présidents en moins d’une semaine, quiconque occuperait le Sillon de Rivadavia [présidence, NDT] déclara le non paiement de la dette, menant le pays à la faillite et le convertissant en débiteur récalcitrant, en moins d’une semaine que dura son mandat. Le président qui lui succéda tenta de recomposer les finances sur la base de la dévaluation, permettant aux banques de rendre un quart de ce qui avait été soustrait et en créant des bons aussi onéreux que les précédents.

L’heure des rapaces

Ces détenteurs de bons commencèrent à les vendre à n’importe quel prix essayant de récupérer une partie de ce qui avait été investi. Les fonds vautour se spécialisent dans la viande pourrie. Et profitant le cette situation de fragilité, ils achètent aux détenteurs les bons à 5, 6 et 8 dollars ce qu’eux avait payé à 30 et de ce qu’ils espèrent pouvoir toucher 100% de sa valeur nominale.

En 2003 Nestor Kirchner arrive au pouvoir avec la ferme intention de sortir l’Argentine du puits. Transformant la devise des gouvernements précédents ‘payer pour grandir’ par celle de ‘grandir pour payer’. En 2005, une loi fut promue permettant à ces détenteurs de bons de rentrer dans un plan d’échanges dans lequel ils acceptaient de recevoir entre 30 et 25 dollars par bon. Ce fut un succès que plus de 60% acceptèrent. Puis en 2010, Cristina Fernandez de Kirchner rouvrit la possibilité d’entrer en échanges et là on atteignit 93% de la totalité des détenteurs de bons.

Les 7% restants sont ceux qui ont préféré ne pas aider l’Argentine à sortir de sa situation d’indigence monétaire, qui la menèrent à avoir des indices de pauvreté indignes et un taux de chômage scandaleux. Ces spéculateurs patients sont ceux qui viennent en luttant pour confisquer les biens des argentins et ainsi les obliger à payer ce que eux, considèrent juste ; et maintenant aussi la Cour de New-York.

Les fonds vautour ont changé une partie de leur bons en 2010 de sorte d’avoir du liquide qui permette de payer les dépenses de la poursuite judiciaire très coûteuse de l’État argentin qui payent ceux-ci pour qu’ils continuent à exiger qu’ils payent. Un des nombreux et incongrus paradoxes du capitalisme sauvage.

Nouvelles mesures

Pendant que le gouvernement argentin attend que la Cour Suprême nord-américaine comprenne qu’il y a des intérêts plus importants que ceux d’une minorité de financiers avides, la Présidente décida de ré-ouvrir l’échange de bons, donnant la possibilité au 7% qui resta dehors d’entrer dans les prévisions de paiement.

Dans son discours où elle dit à la population qu’elle enverrait le projet au Parlement elle dit : « depuis 2003 jusqu’à maintenant nous avons payé 173.733 millions de dollars «», ce qui convertit l’Argentine en « payeur sérieux plus qu’en débiteur récalcitrant ». Elle dit également que les bons précédents seront remplacés par de nouveaux « pour la sauvegarde de ceux qui avaient fait confiance à l’Argentine ». Puisque les précédents pouvaient être saisis par la justice des États-Unis.

Le ministre de l’économie, Hernan Lorenzino fut très dur avec les ‘fonds vautour’ : il dit : « ils veulent que l’Argentine soit à genou de nouveau » et il justifia cette stratégie si osée dans le fait que l’Argentine est devenue un pays désendetté et que c’est un mauvais exemple pour le reste de la planète. « Notre dette extérieure est maintenant de 10% notre PBI » précisa t-il.

Traduction : Paquita Ortiz

 

 

Catégories: Economie, International, Relations internationales
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