A bas l’austérité, Vive la gratiferia 22S

27.09.2013 - Paris, Boulevard Charonne, Allée Maria Doriath - Isabel Garcia

A bas l’austérité, Vive la gratiferia 22S

Aux environs de 13h30 tous les amis participant à la Gratiferia 22S se sont retrouvés à la sortie du métro Avron.

Sitôt premiers tissus étalés sur le boulevard Charonne, sitôt chacun y dépose les premiers vêtements puis une bâche plastique est à son tour installée afin de préparer l’espace accueil des artistes…

Des passants curieux s’interrogent « Qu’est-ce qui bouleverse l’Allée Maria Doriath? » 

Une heure plus tard, la foule commence à affluerdes femmes portant des sacs, tirant des caddies : « Où peut-on étaler les affaires à donner » s’enquièrent-elles. En moins d’une heure la rue habituellement un peu triste et grise s’enlumine de mille et une couleurs. Le stand accueil s’improvise sur place avec des moyens de fortune et pour seul matériau 2 cartons, un feutre et du côté humain, des volontaires : une des volontaires esquisse les lettres RDM Paris, et les remplit de couleurs et c’est parti pour la zone accueil…

A côté, un autre membre installe un autre espace, juste avec une toile blanche et quelque aquarelles, des bulles de savon dans l’air, des feuilles à colorier, des jeux, des catapultes lumineuses et voilà que le coin enfant se crée… Les enfants s’approchent et prennent plaisir à créer l’école du futur avec leur imagination et des dessins.

Sur un des dessins à colorier on peut lire : respect vis‑à‑vis des arbres. Tout le long de l’Allée Maria Doriath, les personnes montent leur propre espace. Plus loin l’allée est décorée de légumes, de plantes bio : Celles des Incroyables Comestibles avec le slogan : « nourriture à partager ».

Tout le monde peut en profiter ! Un peu plus tard 2 jeunes filles posent une dizaine de bouquets de roses, aux milles parfums et couleurs. Ils disparaissent très vite entre la foule.

Vers 15h, on attend impatiemment la venue du DJ ‘…toujours personne…’ Une des organisatrices s’impatiente. Elle consulte les autres membres ’ Alors on fait quoi ? ‘ qui lui répondent « et bien on improvise ».

Par chance, un des amis arrive à l’improviste accompagné de sa sono et d’un micro. A peine arrivé sur le lieu du rassemblement, il branche la sono et lance une mélodie créole, depuis son portable. Mélodie qui se repend sur toute la gratiferia, lui donnant ainsi un petit air des îles, cette simple mélodie détend l’atmosphère du dimanche. Tel un soleil qui illumine toute l’avenue malgré le ciel couvert.

Un espace danse se crée, des danseurs se portent volontaires, sur des airs de salsa ou de zouk : on danse, on rit, on se trompe mais on s’amuse et … on change ensuite de partenaires …

17h, l’heure du goûter arrive, des volontaires sur le petit coin goûté organisent les assiettes ‘salées ou sucrées’ au choix, avec des gâteaux-maison apportés par les amis, voisins,… D’autres viennent donner un coup de main pour servir les plats dans la foule : la « tendance est au sucré » ! Les plats sucrés disparaissent plus vite !

Mais tout est gratuit, « incroyable non ? »

Certains avec le regard surpris « tout est gratuit mais comment est-ce possible ? » s’interrogent-ils ?

L’esprit de la gratiferia est de trouver des alternatives à la consommation et à l’argent mal employé. L’argent notamment utilisé comme monnaie d’échange pour soumettre les populations à la volonté absolue des finances avec des pressions économiques qui sont bien souvent inadmissibles, ou plus que violentes…

Avec la Gratiferia, on retrouve l’esprit du partage, d’entraide, le tout dans un esprit festif et ce grâce à la participation de tous : les organisateurs, les volontaires, les personnes venues échanger, les enfants, les médias…  sans qui de telles manifestations ne pourraient avoir lieu.

Cette gratiferia sert à démontrer qu’une économie d’abondance est possible pour tous, avec l’entraide et la participation de tous, au lieu d’imposer une économie en déchéance basée sur la précarité par le biais des restrictions des plans d’austérité. L’idée est que chacun s’approprie le concept et crée de nouvelles gratiferias un peu partout en France…ou ailleurs…

A cette manifestation n’étaient pas présents uniquement des parisiens, d’autres collectifs avaient fait le déplacement des quatre coins de France comme par exemple les « indignés de Clermont Ferrand », le collectif Gratiferia de Toulourenç et baronnies…

Tout l’espace publique est envahi par les slogans, cartons peints, banderoles, affiches. Sur la voie publique les voitures klaxonnent en signe d’approbation. Les poteaux longeant la rue sont décorés d’un long ruban adhésif auquel sont suspendus des affiches avec les slogans suivants :

« Non à la peur, résistons, informons nous, comprenons et agissons »

« Le partage sauvera le monde »

« Brain washing box »

« L’école, c’est l’enseignement, pas la compétitivité »

« Ici commence un monde libre »

« Il n’y a pas de démocratie du pouvoir, sans démocratie du savoir »

« Nourriture à partager »

« Les élus à but lucratif, nous ruinent »

« Dessine-moi l’éducation du futur »

« L’auto-détermination de la voix des peuples »

« La spéculation est un hold-up ! »

« Le partage est égale à la justice sociale »

« Ne payons plus, prêtons, partageons et donnons »

« Le partage est la nouvelle économie qui sauvera le monde »

ou encore des adhésifs collés sur le panneau avec le nom de la rue allée Maria Doriath qui nous rappellent la triste fin du chômeur Djamal, qui s’est immolé face à la pression sociale.

Le mot révolution apparaît de manière répétitive, une belle banderole à l’entrée de la gratiferia est suspendue par les italiens : « ti amo révolution »

Les journalistes aussi sont au rendez-vous, Libération, BfmTV, Actualutte, Médiapart, La pandémie du nouveau monde également y tourne une vidéo.

Entretemps l’assemblée populaire débute. La prise de parole est possible pour tous!

Les sujets : les luttes internationales et l’éducation publique en France et ailleurs. Assis en cercle comme le veut la coutume des « indignés » (actuellement Rdm Paris « ils nous ont appelés les indignés »). L’échange d’ informations se met en marche : le collectif des revenus de base avec leur pétition au parlement européen (www.basicincome2013.eu), le collectif des engraineurs, (www.collectif-lesengraineurs.com ), membres d’Attac contre le traité transatlantique (http://www.france.attac.org/articles/accord-transatlantique-fin-de-lexception-democratique ).

Pour les luttes internationales : l’Espagne, Haïti, Vietnam… Présents aussi les Citoyens du Monde et Stop-Paying.

Vers 19h, le banquet débute avec un repas végétarien. Au menu : salade de carottes, betteraves, poivrons, choux suivis de riz aux haricots rouges accompagnés d’épices takota mixte …une salade naturelle de lentilles et un taboulé aux crudités. Il y a eu une assiette pour tout le monde.

Pour clôturer l’évènement, un guitariste s’est présenté à la gratiferia vers 20h pour y jouer des airs gitans de Gypsy King, ou algériens…

21h : L’heure de tout ranger et laisser l’espace propre. Le boulevard est nettoyé, tout le monde y participe.

Les lieux sont vidés et les marchandises restantes évacuées, en voiture pour les prochaines gratiferias. La soirée animée, cependant continue dans un des cafés proches au boulevard.

Bilan de cette journée :

« On ressent la bonne ambiance, on la respire lorsque l’on arrive » nous dit une des journalistes, spécialiste en éco-quartiers.

En effet la « désorganisation » qui pour certains semble « mauvaise », pour d’autres construit leur bonheur car elle ouvre les portes de l’inconnu et au « nouveau possible » !

 

Catégories: Economie, Education, Europe, Relations internationales
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