Un village mis sur le banc des accusés pour avoir revendiqué son droit à l’eau

02.01.2013 - Village de Caimanes, CHILI - Pressenza IPA

Un village mis sur le banc des accusés pour avoir revendiqué son droit à l’eau
(Crédit image : http://eau-iledefrance.fr/caimanes/)

Par Elif Karakartal

A travers le procès de Caimanes, se joue le futur des habitants d’un village, mais aussi celui d’une région, d’un pays, du monde..

*La neutralité n’existe pas. Celui ou celle qui se prétend neutre ne fait que masquer son alliance avec le pouvoir en place. Or, reprenant un article de la déclaration des Droits de l’Homme de 1793 (malheureusement écartée dans la version de 1795)  « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple le plus sacré et le plus indispensable des devoirs ».

Le village de Caimanes au Chili est menacé d’être enseveli à tout moment par des centaines de milliers de tonnes de déchets toxiques accumulés dans le troisième plus grand bassin de déchets miniers du monde, mis en place par l’entreprise minière Los Pelambres. Ce méga-réservoir, construit en 2008 en amont à l’emplacement des réserves aquifères, a entraîné l’assèchement total de la vallée, ruinant la vie des habitants qui pour la plupart se consacrait à l’agriculture et l’élevage. Depuis septembre 2012, une contamination de l’eau potable et des ruisseaux restants par des métaux lourds tels que le mercure, manganèse, cadmium, zinc etc. a été reconnu par les services de la police scientifique. Ce rapport a confirmé les résultats du Docteur Tchernitchin qui, lors du Forum Alternatif Mondial de l’Eau de Marseille en mars 2012 avait présenté des résultats alarmants quant à la présence dans l’eau de métaux toxiques excédant largement le maximum de la norme autorisée. Malgré des chiffres précis et le détail des risques de maladies à venir, les autorités sanitaires chiliennes continuent de nier la contamination de l’eau, abandonnant les habitants à leur propre sort face à un destin qu’ils n’ont pas choisit mais pour lequel ils doivent subir les conséquences. Aujourd’hui à Caimanes, les habitants qui ne veulent pas continuent à consommer une eau empoisonnée, sont contraints de se procurer l’eau en bouteille à leur frais.

Et comme si ce n’était pas suffisant, non content d’avoir privé la communauté d’eau, ruiné la vie économique culturelle et sociale des habitants,  de mettre en péril leur vie, car le bassin de déchets toxiques en constante augmentation menace de s’effondrer lors d’une secousse sismique trop forte ou de pluies abondantes, l’entreprise minière Los Pelambres, propriété des Luksic, 32ème famille la plus riche du monde, intente aujourd’hui un procès  contre le dirigeant du Comité de Défense Personnelle de Caimanes et les quatre avocats de la communauté pour le délit supposé d’Association illicite, prévarication, désordre public.

Ce procès vient de commencer et il est prévu qu’il dure deux mois: le 30 octobre 2012 à Ovalle, 400 kms au nord de Santiago.

En attaquant les défenseurs de l’environnement et des droits des villageois, l’entreprise Los Pelambres prétend museler les voix qui s’élèvent contre elle pour faire de ses abus de pouvoir une norme, instaurant le vol et la contamination de l’eau comme un droit des puissants au nom d’un mal nommé développement basé sur le sacrifice des territoires et des droits humains. Face à cette violation des droits les plus fondamentaux et ces insupportable tentatives d’intimidation, des mobilisations locales et des campagnes internationales se sont mises en place afin de briser le mur du silence et d’exiger à l’Etat chilien que soit respecté le droit des populations locales à vivre sur un territoire non contaminé et à exercer le libre droit de la Défense de leurs droits.

Après Caimanes, l’ensemble de la vallée du Choapa est menacée par quatre autres projets de nouveaux bassins miniers. Si Caimanes perd le procès en cours, la voie est libre à l’installation de grands projets sacrifiant territoires, population, mode de vie transformant des territoires agricoles et de vie en zone désertiques et définitivement contaminée. Si Caimanes gagne, le droit à l’environnement commencera à faire son chemin : les entreprises devront, autant que faire se peut, réparer les dommages causés aux territoires et l’Etat chilien devra mettre en place des système de contrôle plus indépendants et réels pour vérifier la viabilité technique, environnementales, légales de ces projets. Ce pourrait être un frein à un processus d’exploitation aveugle des ressources qui s’est emballé tout seul avec des conséquences tragiques.

 

Une émission de TV réalité censurée sur la Télé Nationale Chilienne TVN parce qu’elle prétendait montrer des images du bassin de déchets toxiques El Mauro :

 

Source : http://eau-iledefrance.fr/caimanes/

 

 

 

Catégories: Amérique du Sud, Droits humains, Ecologie et Environnement, International
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