Avancée des rebelles : Bozizé est de plus en plus isolé.

Le Centrafrique voit se multiplier depuis quelques heures ce vendredi les déclarations politiques et diplomatiques provenant tant de l’intérieur du pays que de l’étranger. Suite à l’intervention publique du président François Bozizé, qui a tenu jeudi un meeting au centre de Bangui, la population de plusieurs régions du Centrafrique serait déjà prête à se défendre contre l’avancée des rebelles, tel que le confirme à la MISNA une source contactée à Bossangoa (centre ouest). “Le président Bozizé jouit encore d’une assise forte au sein de la population et les gens ont commencé à répondre positivement à son appel à résister aux rebelles”, déclare à la MISNA un leader de la société civile locale. Des responsables du gouvernement ont assuré que le chef de l’Etat n’entendait pas modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir au-delà de l’expiration du mandat qu’il exerce actuellement et ont réitéré leur disponibilité à écouter les revendications des rebelles du Seleka. La coalition composée de représentants dissidents de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (Cpjp), de la Convention des patriotes du salut et du Kodro (Cpsk) et de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (Ufdr) reproche au président la non application des accords de paix signés à partir de 2007 et des conclusions du processus de dialogue de 2008.

Selon certains observateurs et chercheurs experts en Afrique centrale, “l’immobilisme de Bozizé a fait perdre la patience à d’autres chefs d’Etat de la région” alors que les rapports du président centrafricain et de son allié historique, le chef de l’Etat tchadien Idriss Deby Itno, se sont nettement détériorés au cours des derniers mois. Il y a deux mois, une centaine de militaires d’élite tchadiens qui assuraient la sécurité du président Bozizé ont été rappelés par N’Djamena. En théorie, des négociations promues par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) devraient débuter le 10 janvier prochain à Libreville entre les représentants du régime et ceux de l’opposition centrafricaine. Chercheur pour l’International Crisis Group (Icg), Thierry Vircoulon, a précisé que la stratégie du Seleka consistait à gagner le plus de terrain possible afin d’arriver aux dites négociations dans une position de force. Des experts du Centre national de recherche scientifique (Cnrs) en France ont quant à eux observé que tout en faisant preuve d’une certaine discipline sur le terrain, les membres du Seleka n’avaient en réalité aucun programme commun et fondaient leur union sur leur opposition viscérale à l’égard du régime, de sa corruption, et de ses pratiques népotistes et clientélistes, tel que l’a expliqué le professeur Roland Marchal. Le leader du Seleka, Michel Am Nondokro Djotodia (63 ans) est un ancien dirigeant ayant adhéré par le passé à différentes formations rebelles.

Source : http://www.misna.org/fr/economie-et-politique/avancee-des-rebelles-bozize-est-de-plus-en-plus-isole-28-12-2012-813.html

 

L’ONU appelle au respect des droits de l’homme et à la fin des violences

Le Conseil de sécurité de l’Onu a appelé ce vendredi les groupes armés de Seleka (Alliance en langue sango) à cesser sans délai les hostilités au Centrafrique et a invité toutes les parties en cause à trouver le moyen de résoudre pacifiquement la crise.

Dans une note, les 15 Etats membres du Conseil ont condamné les attaques lancées par Seleka contre différentes villes, sapant à la base les accords de paix de Libreville et menaçant les populations civiles et la stabilité de la République Centrafricaine.

Le Conseil a sollicité les rebelles de se retirer des villes qu’ils occupent actuellement et de suspendre toute nouvelle avancée en direction de la capitale Bangui, invitant tous les belligérants à éviter toute forme de violence sur les civils et à respecter les droits de l’homme.

Seleka reproche au président François Bozizé la non application des accords de paix signés en 2007 et se compose d’hommes et de leaders de différents groupes rebelles. À l’heure actuelle, les bailleurs de fonds et les alliés des rebelles n’ont toujours pas été identifiés, mais il est certain que le mouvement dispose d’armes puissantes, étant jusque là toujours sortis vainqueurs de chaque combat contre l’armée.

Source : http://www.misna.org/fr/economie-et-politique/lonu-appelle-au-respect-des-droits-de-lhomme-et-a-la-fin-des-violences-28-12-2012-813.html