Syrie : un point sur la situation

01.09.2012 - Luis Ammann

Cet article est aussi disponible en: Espagnol

Après 17 mois d’un état de commotion interne en Syrie, l’opinion publique mondiale est divisée sur les camps en lutte. Ceci est la conséquence, en grande partie, du fait qu’il n’y ait pas d’informations journalistiques fiables pour en tirer des conclusions. Les médias présentent des évaluations déguisées comme réalité propre. Connaissant l’intention manifeste des protagonistes et prenant en compte leurs actions antérieures, les antécédents et la tendance à répéter ce qui a du succès, il est possible de suivre le fil et d’en tirer des conclusions. C’est ce que nous allons essayer de faire.

Le premier point à clarifier, étant donné les évènements que vivent et dont souffrent les Syriens, est qu’il s’agit d’une opération des Etats-Unis et de leurs alliés de l’OTAN visant à modifier la relation de force existant au Moyen-Orient. L’objectif des Etats-Unis est principalement politique : casser les pays anti-impérialistes et étouffer un possible rebondissement du panarabisme toujours latent en Egypte. Et également retirer le soutien à l’Iran, dont la Syrie est alliée.

Le conflit en Syrie a débuté le 26 janvier 2011 par des protestations populaires légitimes à la recherche d’une ouverture politique, de changements économiques et d’une plus grande participation populaire. Il fut également influencé par des motifs économiques et religieux. Le début fit penser aux révoltes, ou révolutions, qui eurent lieu en Tunisie ou en Egypte. Mais sous base de légitimité, un opérationnel sans aucun précédent fut mis en place. Un grand nombre de pays furent impliqués : les Etats-Unis et une grande partie de l’OTAN avec des soldats engagés, des armes, de l’intelligence et le soutien des monarchies du Golfe. Les troupes capturées comptaient des mercenaires de la région venant principalement du Qatar, d’Arabie Saoudite, d’Oman et même d’Amérique Latine.

Dans un premier temps, les états gendarmes utilisèrent la tribune des Nations Unies pour distribuer les rôles : le chef d’Etat Bachar el-Assad et les forces militaires régulières sont les forces de répression qui violent les droits de l’Homme, tandis que les terroristes ont été nommés insurgés tout d’abord, et par la suite Conseil National Syrien. Comme le veut l’usage, l’étape suivante a été de condamner l’usage de la force par le gouvernement contre les manifestants, sans toutefois dire quoi que ce soit des attaques terroristes des mercenaires. C’est ainsi que commença le Secrétaire Général des Nations-Unies, Ban Ki-Moon, remplacé en avril 2012 par le toujours inefficace Kofi Annan. Ce « médiateur » a déjà renoncé et a été remplacé par Lakhdar Brahimi, un algérien qui dit « ne connaître personne et n’avoir aucune influence ». Cela nous donne l’impression que tout ce que fait l’ONU n’est que purement burocratique.

Il est certain qu’il est difficile de penser que la démocratie arrivera en Syrie à la force des fusils des mercenaires armés et payés par l’OTAN, et encore plus avec le soutien des monarchies dictatoriales telles que celle de l’Arabie Saoudite ou d’autres pays du Golfe Persique.

A ce stade du développement, il est nécessaire de clarifier que le gouvernement syrien n’est pas champion en matière de droits de l’homme. Au contraire, il croit en l’efficacité de la violence et en l’atteinte du succès par des dommages sérieux chez l’ennemi, en la conception classique de la guerre. Une attitude qui met en évidence les limites des violences et l’effet boomerang que peuvent avoir ces actions face à l’opinion publique. Néanmoins il avait commencé un plan progressif de réformes politiques qui devait se terminer en 2014 avec son retrait.

Dans les pays arabes, l’aspect religieux est important. La Syrie est un pays dans lequel gouverne une minorité alaouite alliée à des branches chiites et chrétiennes. Et l’opposition est menée par une autre division de l’Islam, les sunnites. Mahmoud Ahmadinejad, Président d’Iran, dit : « Les chiites iraniens voient avec consternation la manière dont les rebelles syriens, sunnites, tentent de renverser le Président syrien, Bachar el-Assad, qui fut fondamental dans l' »axe de la résistance » contre Israël. » Finalement dans ce casse-tête, comme toujours, intervient Israël, pays synonyme d’Etats-Unis. Et de nombreuses fois, il est clair que les Etats-Unis se taisent par intérêts.

De l’autre côté, les gauches arabes présentent une multitude de possibilités. L’ultra gauche trotskiste (Forum Socialiste au Liban, les Socialistes Révolutionnaires d’Egypte, ou encore Voie Démocratique au Maroc, liés à la Gauche Révolutionnaire de Syrie) estime que cette situation est propice à une lutte révolutionnaire, tandis que d’autres ne veulent pas de la chute d’el-Assad et voient comme contradiction principale la lutte comme l’impérialisme.(Nicolas Dot-Pouillard)  Nicolas Dot-Pouillard l’explique ainsi : « les relations de forces régionales et mondiales. L’Iran et la Syrie contre les monarchies du Golfe (Pour rappel : Koweït, Oman, Qatar, Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis); Russie et Chine contre les Etats-Unis… qui font de la Syrie une ligne de front entre divers acteurs internationaux, » précise l’analyse français.

 La situation actuelle. D’un simple coup d’œil : les 18 mois de conflit ont affecté gravement l’économie de la Syrie, ce qui ajouté au danger constant, a ruiné totalement les conditions de vie de la population syrienne.

Au niveau militaire, les insurgés n’avancent pas malgré la présence sur le terrain de techniciens britanniques, allemands et français qui cherchent à donner une direction et surtout de l’efficacité à l’action armée. Mais cela est rendu difficile par des troupes aussi hétérogènes.

 Le futur proche. Par tout ce qui vient d’être dit et pour éviter une guerre civile prolongée qui laisserait à découvert devant l’opinion publique mondiale la vilenie de son action, il est possible que les Etats-Unis passent à la phase d’intervention militaire en fermant l’espace aérien aux avions syriens afin de permettre aux forces de l’OTAN d’agir et de bombarder sans être dérangés. Le prétexte utilisé serait l’utilisation d’armes chimiques par la Syrie, sur la base d’un subterfuge : selon quelques analystes, quelques armes chimiques auraient déjà transité depuis la Turquie pour être utilisées en Syrie sur la population civile et rejeter la faute sur les forces régulières. Il n’est pas trop de dire que le livret fait pour la Lybie est suivi au pied de la lettre en Syrie.

Ce qui pourrait modifier l’issue et provoquer un revirement impossible à mesurer pour le moment serait l’intervention de la Russie, et éventuellement celle de la Chine. Sur la base militaire de Tartus, l’unique base militaire russe basée à l’étranger, il y a un armement de dernière génération à disposition de la Syrie qui pourrait bien compenser l’action militaire de l’OTAN.

 

Traduction de l’espagnol : Frédérique Drouet

 

Catégories: International, Moyen Orient
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