Des dizaines de milliers de Japonais se sont rassemblés dimanche 29 avril aux abords du Parlement pour protester contre les tentatives du gouvernement de la Première ministre Sanae Takaichi de modifier la Constitution pacifiste et exiger la protection de l’article 9.

Selon les organisateurs, environ 36 000 personnes ont participé à ce rassemblement, le deuxième depuis le 8 avril, date à laquelle plus de 30 000 personnes s’étaient déjà rassemblées près de la Diète pour protester contre la réforme constitutionnelle.

Les manifestants brandissaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire : « Non à la guerre », « Ne touchez pas à l’article 9 » et « Takaichi, démission ! »

« Le fait que tant de personnes se soient rassemblées ici pour protester contre la tentative du gouvernement Takaichi de modifier la Constitution montre que le peuple japonais ne veut pas la guerre », a déclaré à l’agence Xinhua une manifestante du nom de famille Hara, qui a participé à quatre reprises à ce type de rassemblement.

La manifestante a accusé Takaichi, soutenue par la large majorité dont dispose son Parti libéral-démocrate (PLD) à la Chambre basse, de persister dans son projet de réforme constitutionnelle malgré l’opposition populaire et de tenter de faire du Japon un pays « capable de faire la guerre », ce à quoi elle dit s’opposer fermement.

Une autre manifestante, se présentant comme Takahashi, a fait valoir que le Japon avait infligé d’immenses souffrances à travers l’Asie pendant la guerre et que sa Constitution pacifiste avait été rédigée en tenant compte de ce passé. C’est pourquoi elle s’oppose à toute modification de celle-ci.

Une autre manifestante a exprimé l’espoir que Takaichi démissionne et soit remplacée par un dirigeant capable de promouvoir une véritable démocratie et que le Japon maintienne des relations amicales avec la Chine et le reste du monde.

La Constitution japonaise, entrée en vigueur en 1947, est souvent qualifiée de pacifiste car son article 9 renonce à la guerre comme droit souverain et interdit au pays de posséder une « puissance de guerre », telle que des forces militaires.

Cependant, Takaichi et les forces de droite japonaises cherchent depuis longtemps à modifier cet article 9. Le 12 avril, lors d’un congrès de son parti, Takaichi a déclaré que « le moment est venu » de réformer la Constitution. « Nous souhaitons tenir le congrès de l’année prochaine avec une proposition d’amendement constitutionnel en main », a-t-elle affirmé, témoignant d’une détermination renouvelée. Ces déclarations ont suscité une vive inquiétude et de nombreuses critiques au sein de la société japonaise.

Photo de Xinhua/Jia Haocheng

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