Suite aux élections générales de 2026, le Pérou traverse une nouvelle période d’incertitude. Les premiers sondages à la sortie des urnes indiquent que la candidate Keiko Fujimori, (Fuerza Popular – Force populaire) se qualifiera pour le second tour en tant que candidate favorite (16,6 %). La course à la deuxième place est serrée entre plusieurs partis, comme prévu compte tenu de la forte fragmentation du vote.

Les candidats arrivés en deuxième position sont Roberto Sánchez (Juntos por el Perú – Ensemble pour le Pérou, 12,1 %), Ricardo Belmont (Partido Obras – Parti des travailleurs, 11,8 %), Rafael López Aliaga (Renovación Popular – Renouveau populaire, 11 %), Jorge Nieto (Buen Gobierno – Bon gouvernement, 10,7 %), Alfonso López Chau (Ahora Nación – Maintenant Nation, 7,1 %) et Carlos Álvarez (País para todos – Pays pour tous, 7 %).

Selon les régions, Keiko Fujimori a recueilli davantage de suffrages sur la côte et dans la jungle péruvienne, tandis que Roberto Sanchez a été mieux soutenu dans les régions montagneuses et la jungle ; Ricardo Belmont a obtenu des résultats similaires dans les trois régions et Lopez Aliaga a été principalement plébiscité sur la côte.

Réactions de la population

Face aux résultats préliminaires, la population s’est exprimée principalement sur les réseaux sociaux, faisant part de son ras-le-bol face à la candidate Keiko Fujimori (Fuerza Popular) et de l’inefficacité dont a fait preuve l’ONPE [Bureau national des processus électoraux] lors de ces élections. Dans les rues, le tableau était similaire.

Lors de ces élections, la forte fragmentation du vote, la complexité du scrutin (avec 35 candidats), les différents systèmes de vote (panachage, vote en ligne), la campagne incitant à voter nul ou blanc, et les diverses campagnes de soutien aux petites candidatures ont toutes contribué aux stratégies visant à diviser ou invalider les votes contre la coalition parlementaire en place… et ces stratégies ont porté leurs fruits. Le 2e tour des élections aura lieu le 7 juin, et le Pérou devra une fois de plus choisir le « moindre mal ». La bonne gouvernance est à la traîne, et l’heure est venue de s’adapter à un « nouvel ordre » sous peine d’en subir les conséquences.

Le vote est prolongé jusqu’à lundi

Par ailleurs, l’événement a révélé de nombreuses défaillances opérationnelles et logistiques qui ont empêché le vote dans le sud de Lima. 187 bureaux de vote, répartis dans 13 centres de vote des districts de San Juan de Miraflores, Lurín et Pachacamac, n’ont pas pu ouvrir, privant ainsi 52 251 électeurs de leur droit de vote. Ces électeurs pourront voter le lundi 13 avril, grâce à une prolongation exceptionnelle accordée en raison de cette situation inédite.

De son côté, l’Office national des processus électoraux (ONPE) met à jour minute par minute les résultats officiels grâce au dépouillement des votes, les résultats évoluant constamment. Ainsi, à l’heure de la clôture de cette édition, avec 12,6 % des bulletins dépouillés (2 758 604 votes exprimés), Rafael López Aliaga (21,73 %), Keiko Fujimori (16,79 %) et Jorge Nieto (15,98 %) occupaient principalement les premières places.

 

Traduction : Evelyn Tischer