Au deuxième jour des élections législatives de 2026, le Pérou s’est réveillé indigné et submergé par un déluge d’informations qui ne faisaient que semer la confusion dans la population et alimentaient un climat de méfiance croissante à l’égard des résultats. Le mot « fraude » est sur toutes les lèvres, mais se cachent aussi des aspects inattendus.

Dès les premières heures de la matinée, la population a signalé divers cas de fraude dans différentes régions du pays. À Tumbes, une population indignée a dénoncé la présence de matériel électoral caché dans une maison, matériel qui a ensuite été emporté par des agents de la police nationale ; dans une autre région, la population a dénoncé, à l’aide d’images publiées sur TikTok, la découverte de bulletins de vote et de cartes d’électeur remplis de la lettre « K » du parti Fuerza Popular (de Keiko Fujimori).

Alors que Rafael López Aliaga (Renovación Popular), candidat figurant parmi les trois en lice pour le second tour, dénonçait une « fraude », les médias rendaient compte des sanctions qui allaient être infligées à l’Office national des processus électoraux (ONPE) en raison du retard pris dans l’ouverture des bureaux de vote à Lima Sud. La sanction a pris la forme d’une plainte pénale contre Piero Corvetto et trois fonctionnaires de l’ONPE.

L’ONPE déstabilisée

On peut toutefois se demander si cette saisine de la justice concernant les élections ne risque pas de nuire au bon déroulement du second tour, prévu le 7 juin prochain, étant donné que l’ONPE se retrouverait sans direction et qu’il s’agit de l’un des organismes autonomes de l’État qui n’avait pas encore été pris d’assaut par la coalition parlementaire. Son autonomie est cruciale pour garantir le bon déroulement du processus électoral.

Les élections générales de 2026 se sont achevées aujourd’hui avec le dépouillement des bulletins manquants dans la zone sud de Lima, tandis que divers secteurs de la population appelaient à de prochaines manifestations pour dénoncer la fraude électorale (la population ne reconnaît pas la qualification de Keiko Fujimori pour le second tour).

Au moment où nous éditons, l’ONPE a indiqué que, sur la base des résultats dépouillés à 69,6 %, Keiko Fujimori occupait toujours la première place dans la course à la présidence (16,9 %), suivie de Rafael Lopez Aliaga (13,2 %), Jorge Nieto (12,1 %), Ricardo Belmont (9,9 %) et Roberto Sanchez (9,5 %), entre autres. Il convient de noter que les votes des régions, où d’autres candidats sont plus populaires, n’avaient pas encore été pris en compte, ce qui laisse présager des changements significatifs dans les tendances.

De même, les résultats pour la Chambre des sénateurs indiquaient une composition dominée par les forces politiques suivantes : Renovación Popular, Fuerza Popular, Partido del Buen Gobierno, Ahora Nación, Partido Obras, Partido País para todos et Juntos por el Perú. Pour la Chambre des députés, la même tendance est signalée.