Face à la recrudescence des feux de brousse en saison sèche, le maire de la Commune Rurale de Baham, dans le Département des Hauts-Plateaux, Région de l’Ouest du Cameroun, passe à l’offensive.
Dans un communiqué radio rendu public le 25 février 2026, l’autorité municipale interdit formellement le recours aux feux de brousse sur toute l’étendue du territoire communal. Cette décision est fondée sur la volonté du maire de restaurer et à protéger l’environnement et assurer la protection des personnes et des biens.
Cette décision intervient dans un contexte marqué par des incendies répétitifs qui ont ravagé des maisons entières, des hectares de terre et des plantations. Ces feux détruisent d’abord les écosystèmes de savane. La végétation est brûlée, les jeunes arbres disparaissent et la régénération naturelle des plantes devient difficile. De nombreux animaux, notamment les reptiles, les insectes, les rongeurs et certains oiseaux, perdent leurs habitats ou périssent dans les flammes. La biodiversité locale, déjà fragile, s’appauvrit encore plus.
Les sols agricoles ne sont pas non plus épargnés. La chaleur du feu détruit la matière organique et les micro-organismes essentiels à la fertilité des terres. Même si les cendres peuvent enrichir le sol pendant un court moment, cet effet reste temporaire. Avec le temps, les terres deviennent plus pauvres et moins productives pour les cultures vivrières comme le maïs, les haricots ou les tubercules.
En interdisant cette pratique, la mairie entend préserver les forêts, protéger la faune et sauvegarder les ressources naturelles, socle essentiel des activités agricoles et pastorales de la commune.
Sécurité des personnes et des biens
Les conséquences des feux de brousse ne se limitent pas à l’environnement. Dans plusieurs villages, les flammes atteignent parfois les habitations. Sous l’effet du vent, le feu peut quitter la savane et pénétrer dans les concessions à travers les champs. Les cuisines sont souvent vite consumées car les greniers remplis de maïs et les abords couverts de fagots de bois deviennent alors des proies faciles pour l’incendie. En quelques minutes, une famille peut perdre son toit, ses réserves alimentaires, ses vêtements et ses biens les plus précieux.
Les infrastructures électriques sont également menacées. Sous l’effet de la chaleur et des flammes, les poteaux électriques sont brûlés et fragilisés, ils tombent parfois entraînant la chute de câbles sous tension et exposant les populations à des risques d’électrocution. Les poteaux endommagés peuvent aussi s’effondrer, provoquant une interruption de l’énergie électrique dans le village et perturbant les activités quotidiennes des habitants.
Responsabilité des populations
En déclarant la guerre aux flammes, la commune de Baham pose un acte fort en faveur de la protection de l’environnement et de la sécurité des populations. Reste désormais à assurer l’application effective de la mesure pour que la saison sèche ne rime plus avec désolation écologique.
Face à cette situation, les populations ont un rôle essentiel à jouer dans la prévention. Il est d’abord important d’éviter les brûlis incontrôlés, surtout pendant la saison sèche où la végétation est très inflammable. Les agriculteurs peuvent privilégier des méthodes alternatives de nettoyage des champs ou s’assurer que les feux allumés sont strictement encadrés.
La vigilance collective est aussi indispensable. Lorsqu’un départ de feu est constaté, les populations peuvent rapidement alerter les autorités locales, les chefs traditionnels ou les comités villageois, afin d’organiser une intervention rapide avant que l’incendie ne prenne de l’ampleur.
La protection de la savane, des bas-fonds, des habitations et des infrastructures électriques de Baham est une responsabilité partagée. Chaque geste compte. En évitant les feux inutiles et en adoptant des comportements responsables, les populations peuvent contribuer efficacement à préserver leur environnement et à sécuriser leurs villages.








