Il y a quelque jours, une confrontation avait lieu en France provoquant la mort d’un militant d’extrème-droite. A Bruxelles, un rassemblement d’extrème-droite était prévu ce jeudi 19 février 2026, entrainant une manifestation antifasciste. Mais à quelques heures de la manifestation, le groupe d’extrème-droite annule. L’occasion pour le Front antifascite de prendre position et de maintenir la manifestation, au nom de la démocratie.
Voici donc le « Communiqué de presse du Front antifasciste bruxellois :
Ces derniers jours, la mort d’un militant d’extrême droite à Lyon, survenue lors d’un
affrontement politique en rue initié par l’attaque d’un groupe néonazi sur des antifascistes, a
suscité une importante séquence médiatique en France, rapidement relayée en Belgique. Au-
delà de l’émotion légitime que suscite toute perte humaine, cet événement met en lumière des
dynamiques politiques et médiatiques profondément préoccupantes, y compris dans notre pays.
La violence est le moteur de l’extrême droite
L’extrême droite n’est pas une opinion parmi d’autres. Elle est un projet politique structuré par
et pour la violence. Parmi ses modes d’action, l’on retrouve entre autres intimidation,
démonstration de force, milices armées, ciblage des minorités, entrave organisée au mouvement
social, lynchage, ratonnade et, parfois, meurtre. Ce sont ces modes d’action qui enclenche une
spirale de violence, pouvant mener à la mort, y compris dans ses propres rangs. Cette spirale
n’est pas accidentelle ; elle est inhérente à une idéologie qui fait de la confrontation violente un
moteur politique. Mais en plus d’être un moyen, la violence constitue également une fin. Car la
vision du monde proposée par l’extrême droite est celle d’une société hiérarchique, et de
l’exclusion par la violence des personnes qui ne rentrent pas dans le cadre de leur communauté
nationale imaginée.
Ainsi, il s’agit de ne pas tomber dans le piège de l’extrême droite qui prétend être victime de
violences, alors qu’elle est en réalité son autrice principale. En France, où les faits se sont
déroulés, 90% des meurtres à caractère idéologique de ces 35 dernières années sont le fait de
l’extrême droite. Rien que ces quatre dernières années, l’extrême droite a tué au minimum 18
personnes, majoritairement racisées. Face à la violence qu’elle inflige, et pour la poursuivre en
toute impunité politique, quand elle n’est pas judiciaire, l’extrême droite se victimise. Grâce au
peu de martyrs dont elle dispose face au nombre de morts qu’elle crée, de Horst Wessel à
Quentin Deranque, en passant par Charlie Kirk, elle construit ses offensives politiques afin de
progresser dans le terrain de la respectabilité, et donc des urnes. Si ce procédé est bien connu
de l’extrême droite, la manière dont son narratif est repris tel quel dans les médias et par les
formations politiques plus au centre de l’échiquier politique est par contre extrêmement
préoccupante.
Une responsabilité médiatique belge pleinement engagée
Suite à la mort de ce militant identitaire néofasciste, les médias français ont directement relayé
la version des groupes d’extrême droite, sans exercer les bases de leur devoir journalistique. En
Belgique, plusieurs médias ont repris, sans recul critique suffisant, des dépêches et cadrages
médiatiques émanant de France qui ne respectaient pas les principes élémentaires du cordon
sanitaire médiatique. Diffusion de discours de politiques d’extrême droite (Zemmour,
Maréchal-Le Pen) sans commentaires, absence de contextualisation, reprise de narratifs de
victimisation de l’extrême droite, symétrisation abusive des violences, relais de faits incorrects :
ces choix éditoriaux constituent une atteinte grave aux bases d’un débat un tant soit peu
démocratique.
Le cordon sanitaire médiatique ne relève ni de la censure ni de l’arbitraire. Il repose sur une
exigence démocratique claire : exclure l’extrême droite comme productrice légitime de cadres
interprétatifs, et contextualiser systématiquement ses discours afin d’en révéler la nature
idéologique et les objectifs politiques. Y renoncer, même partiellement, revient à participer à la
normalisation de projets fondés sur l’exclusion et la violence.
Délégitimer la gauche pour mieux blanchir l’extrême droite
Cette séquence médiatique s’est également accompagnée d’attaques répétées visant à
disqualifier La France insoumise, entrant ainsi dans le jeu du Rassemblement National qui, dans
une ironie qui pourrait prêter au rire si elle n’était pas dangereuse, propose d’établir un cordon
sanitaire autour de ce parti. Cette stratégie n’est pas anodine. Elle participe d’un double
mouvement : d’un côté, minimiser ou relativiser la violence structurelle de l’extrême droite ;
de l’autre, délégitimer une gauche radicale en l’assimilant à un prétendu extrémisme équivalent.
Ce glissement sémantique et politique contribue à brouiller les repères, à affaiblir le mouvement
social et à déplacer toujours plus à droite les frontières du débat public.
Un signal d’alarme à Bruxelles
Dans ce contexte, la tenue d’un rassemblement du groupe d’extrême droite Voorpost à
Bruxelles, en hommage au militant identitaire néofasciste mort à Lyon, constitue un signal
particulièrement préoccupant. Car le Voorpost n’est pas qu’un groupuscule d’extrême droite
nostalgique de la collaboration, il exerce une violence de rue aux conséquences bien réelles,
que cela soit en attaquant les lieux d’accueil de demandeurs.euses d’asile, les personnes racisées
ou nos cortèges. Que le rassemblement se tienne à deux pas des locaux du Vlaams Belang n’est
pas un hasard, car ce groupe néonazi constitue le service d’ordre de ce parti qui prétend à la
respectabilité.
Ce rassemblement n’est pas un fait isolé, dont le seul but serait de respecter la mémoire d’un
militant de leur camp politique, mais relève d’une stratégie assumée d’occupation de l’espace
public, de provocation et de normalisation de la présence de l’extrême droite dans la capitale.
Cette situation est d’autant plus problématique que la Ville de Bruxelles se revendique
officiellement commune antifasciste. Autoriser un tel rassemblement, sous la responsabilité du
bourgmestre Philippe Close, expose une contradiction politique majeure entre les principes
affichés et les actes posés. Se revendiquer antifasciste implique des choix clairs et cohérents, y
compris face aux tentatives de banalisation de l’extrême droite et de son discours dans l’espace
public.
Notre position
Le Front antifasciste bruxellois réaffirme son combat contre la violence de l’extrême droite,
ainsi que celle produite par le capitalisme. Si nous insistons sur l’importance de ne pas tomber
dans le piège de l’extrême droite en répondant à sa provocation, nous rappelons aussi la
nécessité de distinguer clairement la violence offensive et idéologique de l’extrême droite,
dirigée contre les minorités et le mouvement social, des pratiques de protection collective et de
légitime défense face à des menaces réelles. Nous appelons aussi à l’urgence de renforcer le
cordon sanitaire médiatique, en Belgique comme ailleurs, par des pratiques journalistiques
responsables, contextualisées et contradictoires, et de le compléter par un cordon sanitaire de
lutte. Nous pointons également la responsabilité qui incombe aux autorités publiques de ne pas
offrir de tribune ni de légitimité aux organisations et discours d’extrême droite. Face à la montée
des tensions et à la normalisation des discours fascisants, il est impératif de protéger l’espace
démocratique, de refuser les glissements médiatiques et politiques, et de réaffirmer sans
ambiguïté que l’extrême droite n’a pas sa place dans nos rues ni dans nos débats.
Pour toutes ces raisons, nous appelons à un rassemblement antiraciste et antifasciste, sans
confrontation avec le Voorpost, ce jeudi 19 février à 19h30 à la Place Saint-Josse, dont le but
est de réaffirmer que Bruxelles est, et restera, antifasciste. Laissons les néonazis devant les
locaux du Vlaams Belang, leur relais institutionnel, et rassemblons-nous en plein coeur des
quartiers populaires.
Nous n’irons pas à la confrontation, nous ne tomberons pas dans le piège de l’extrême droite qui
lui permettra non seulement d’exercer sa violence, mais aussi de se victimiser. Mais, si l’extrême
droite tente d’exercer sa violence dans nos quartiers, nous contribuerons à protéger Bruxelles
de la peste brune.
Afin de garantir notre sécurité physique, ne passons PAS par la station de métro de Madou, qui
se trouve juste à côté du lieu du rassemblement du Voorpost à 20h, et restons du côté de Saint-
Josse. Restons en groupe, accompagnons les personnes seules, soyons ce que l’extrême droite
n’est pas : solidaires.
Le Front Antifasciste Bruxellois
Bruxelles, le 19 février 2026
Contact presse : 0478 40 16 09 (B.Beek)
Sources :
https://www.revuepolitique.fr/etat-des-lieux-des-violences-politiques-de-la-france-
contemporaine/
https://contre-attaque.net/2026/02/13/contre-le-narratif-victimaire-des-neofascistes-la-listes-
des-victimes-de-lextreme-droite-depuis-2022/
https://www.lecanardenchaine.fr/police-justice/53118-une-video-inedite-de-la-rixe-precedant-
le-lynchage-du-militant-d-extreme-droite








