Victor Hugo, Les Contemplations : « Ne dites pas : mourir ; dites : naître. Croyez ».
Il y a 3600 ans, les Égyptiens considéraient la mort non pas comme une fin, mais comme un passage vers un autre monde, un accès à la vie éternelle. Dans cette perspective, les tombes des pharaons étaient richement pourvues d’objets du quotidien dont la personne défunte était censée avoir l’utilité une fois parvenue dans l’au-delà.
Dans nos cultures occidentales, l’après-vie est devenue synonyme d’anéantissement, de disparition définitive, où tout espoir d’une autre forme de vie semble absent. Cela a pour conséquence de nous faire appréhender la fin de vie comme une angoissante échéance, à laquelle s’ajoutent la crainte d’un enfer, ou du feu éternel, un lieu sans Dieu. Cette crainte est d’autant plus paradoxale que, parlant d’une personne décédée, nous disons « il ou elle est parti·e pour un monde meilleur » … sauf que personne ne veut y aller !
Le romancier égyptien, Naguib Mahfouz, prix Nobel de littérature en 1988, nous exhorte à la confiance : « N’ayez jamais peur ! La peur n’empêche pas la mort, elle empêche la vie ».
Il est fréquent d’avoir des craintes face à la mort. Cependant, beaucoup disent s’inquiéter davantage des inconnues qui l’entourent que de la mort elle-même. Savoir à quoi s’attendre peut être rassurant. Ne pas être préparé, ou imaginer le pire, peut être source de détresse. Pourtant, de plus en plus nombreux sont les témoignages de personnes ayant vécu un épisode de mort imminente (EMI) qui, à leur retour sur terre, témoignent de cette connexion. Cela fait cinquante ans que les recherches ont commencé sur ces phénomènes prouvant que la conscience vit encore après la cessation définitive de la vie. Il est à noter que la conscience ne dépend pas du cerveau, mais c’est elle qui permet à la matière de se manifester.
Les pionniers
En 1975, le docteur Raymond MOODY, médecin psychiatre américain, rend ces témoignages populaires sous le nom de NDE (Near-Death Expérience). En 1978 est créée l’association IANDS (International Association for Near-Death Studies) l’association internationale pour les études proches de la mort, suivie en octobre 1987 de Iands-France créée à l’initiative d’Evelyne-Sarah Mercier, anthropologue, directrice puis présidente ; avec Louis-Vincent Thomas, Professeur d’anthropologie sociale à la Sorbonne ; et Hélène Renard, journaliste et écrivaine. Au sein de cette association, nous étions plusieurs à interviewer les « expérienceurs » (personnes ayant vécu une EMI : expérience de mort imminente) et les résultats de leurs vécus « post-mortem » étaient soumis à l’appréciation d’un comité d’études et de recherches.
Ce qui en résulte de manière collective, c’est la description d’une succession d’étapes après que les tracés cérébral et cardiaque sont déclarés plats :
● Dans un premier temps, après que la mort clinique ait été déclarée, un sentiment de paix domine. La personne a la sensation de flotter au-dessus de son propre corps, qu’elle observe ainsi que son environnement. Elle peut se trouver partout en même temps, traverser les portes, le temps et l’espace sont abolis.
● La seconde étape se caractérise par un passage accéléré dans un endroit obscur souvent associé à un tunnel, et une irrésistible attraction vers une lumière éblouissante, bienfaisante, emplie d’amour. Des êtres chers décédés peuvent être présents pour un accueil de bienvenue.
● Puis des êtres de lumière apparaissent ; des échanges s’établissent alors par télépathie, offrant une aide réconfortante grâce à laquelle la personne défunte se sent acceptée et comprise.
● Au cours de la quatrième étape, la personne vit une « rétrospective de sa vie ». Certaines d’entre elles disent s’être trouvées dans une salle circulaire, semblable à un musée, dans laquelle se trouvent des tableaux représentant tous les actes de leur existence animés par les émotions ressenties au moment où ces actes ont été accomplis. Elles ont une vision panoramique de toute leur vie, parfois même de leur naissance pour certaines. Ceci permet d’apporter une compréhension des conséquences de ses actes sur soi et sur les autres et de se juger soi-même ; ce qui aura été jugé décevant, donc à refaire, constitue ce que les bouddhistes nomment le Karma, et déterminera le retour sur Terre pour être amélioré. Ce moment est souvent rempli de révélations spirituelles et de sagesse.
● La dernière étape de ce parcours dans l’EMI a trait au retour sur Terre, auquel toutes les personnes résistent, ne voulant pas retourner dans leur corps, préférant rester dans le monde au-delà. Ce sont les guides qui leur signifient que leur mission n’est pas terminée, qu’elles doivent repartir. Certaines personnes reviennent avec un don qu’elles ne possédaient pas avant cette expérience. Elles affirment ne plus avoir peur de la mort, ne trouvent pas les mots pour décrire cette expérience qui est de l’ordre de l’ineffable.








