Chaque fois que les élites mondiales se réunissent au Forum de Davos, elles nous permettent d’en savoir un peu plus sur leurs plans déments pour l’humanité. Ne croyez pas qu’elles se réunissent uniquement pour faire les clowns, ce sont de véritables psychopathes avec des plans d’extermination précis.
Le nouveau paradigme mondial est celui de la décomposition sociale et, dans une telle situation, il est indispensable de développer la capacité d’auto-organisation des personnes.
Je vous propose la réflexion suivante à partir de ce que je sais du courant de pensée du Nouvel Humanisme (NH).
Le NH propose une posture non passive, mais intentionnelle face aux déterminismes. Pour lui, la vision globale est essentielle, c’est-à-dire être au courant de tout ce qui se passe dans le monde.

Crédits : @TheWhiteHouse
Décalage et désorientation
Lorsque l’être humain a levé les yeux vers les étoiles et s’est aventuré dans l’espace cosmique, il s’est heurté à une réalité déconcertante. Il a découvert que son esprit humain, habitué aux lois de la planète, ne lui permettait pas de représenter et de déchiffrer l’univers.
Il s’est rendu compte que ce qu’il appelait la réalité n’était qu’une interprétation très vague. Ainsi, l’esprit de croissance et de recherche l’a conduit à l’humilité. Mais seule une minorité a vraiment pris conscience de la grande méconnaissance de la réalité, tandis que la majorité a continué à adopter une attitude arrogante.
Aujourd’hui, la non-connaissance, transformée en technologie, frappe chaque jour à notre porte à travers la révolution cybernétique.
Nous ne pouvons pas rester à l’écart, car tout est affecté. Nos appareils électroniques répètent le mantra « bienvenue dans le monde multidimensionnel » et l’avenir devient imprévisible.
Nous n’avons pas été formés pour ce qui nous attend. À vrai dire, nous n’avons été formés pour aucune situation nouvelle. Il a suffi qu’un accident se produise ou que nous atteignions une certaine étape de la vie – jeunesse, âge mûr ou maturité – pour que tout ce que nous pensions savoir ne serve plus à rien dans cette nouvelle étape. Dans cette nouvelle situation, les mérites et les reconnaissances de la vie passée importaient peu, le décalage s’imposait et il ne restait plus que la nostalgie.

Crédits : Wikimedia Commons
La sensation de l’identité
Dans cette nouvelle perspective, rien de statique ne sert, aucune idée, aucun dogme… Ce qui importe, c’est l’attitude et non les préceptes d’un mouvement, d’une religion ou de quoi que ce soit d’autre.
On découvre que l’identité personnelle est associée à des représentations éthérées et que le destin personnel est intuitif à partir de la concomitance des phénomènes.
À d’autres époques, beaucoup de gens se reconnaissaient dans la recherche du sens de l’existence et étaient prêts à risquer leur vie pour une cause, au moins pendant un certain temps. Mais aujourd’hui, l’esprit de recherche a été balayé par l’accélération du temps et est devenu quelque chose lié à la consommation : la nouvelle pratique de méditation, le nouveau régime alimentaire, le nouveau « mode de vie »… qui est rapidement remplacé par un autre.
Malgré les détours, depuis l’époque des cavernes, la recherche d’une destinée personnelle profonde a été essentielle pour développer un centre de gravité interne capable de donner une orientation à la vie dans n’importe quelle situation.

Crédits : IRNA/Fotos Públicas
La découverte des autres
Quand on sent à un moment donné que sa vie a un sens, on devient aussi capable de voir que celle des autres en a également un.
Cela sera essentiel pour comprendre que chaque personne trace son propre chemin comme elle le peut, en fonction de sa situation.
En découvrant et en acceptant les autres tels qu’ils sont, on est en mesure de construire quelque chose ensemble, en acceptant que la diversité est fondamentale dans le commun.
La personne qui observe aura alors la possibilité de voir l’évolution dans sa dynamique comme une « matrice de n possibilités progressives divergentes », avec un regard non identifié par rapport à ses dérivations.
L’organisation
Une organisation valable nécessite une pluralité fondée sur des principes moraux communs. L’organisation est un pacte volontaire visant à œuvrer pour un objectif collectif qui facilite la réalisation d’un objectif personnel.
Lorsque les principes essentiels s’usent et tombent dans l’oubli, les organisations finissent par se dissoudre. Nous avons vu cela se répéter tout au long de 300 000 ans, dans un naufrage cyclique.
Le système, avec ses organigrammes et ses bâtiments administratifs, a réussi à construire une organisation avec des principes économiques, mais sans comprendre la véritable signification de l’auto-organisation. Ainsi, toute organisation du système est externe.
Si tout dépend de l’argent comme valeur maximale, il suffira que les membres trouvent une meilleure stimulation économique ailleurs pour que certain·e·s trahissent leur organisation.
Il convient de noter que des structures secrètes fondées sur des principes ethniques, suprémacistes ou ésotériques, mais également fortement ancrées dans l’économie, ont perduré au fil du temps.
Le monde capitaliste a toujours craint tout ce qui ne reposait pas sur l’argent. Le communisme représentait un nouveau paradigme, fondé sur les principes de justice, d’égalité et de progrès pour tous. Comme nous le savons, ce modèle idéal n’a pas pu perdurer en URSS, tandis qu’il s’est maintenu dans d’autres pays avec beaucoup de difficulté. Il est néanmoins resté dans l’histoire comme une grande tentative d’évolution de l’humanité.

Crédits : @Keir_Starmer
Nous assistons actuellement à la fin des grandes organisations, qu’il s’agisse de l’ONU, de l’UE, de l’OMS… dans un effet domino qui marque la fin d’un cycle d’un monde qui s’évanouit. Ces formes vides et pourries de l’intérieur révèlent la chute de quelque chose de plus profond : il s’agit de l’essence même de la compréhension dans un monde externalisé. Nous ne comprenons même plus la même chose lorsque nous prononçons les mots « respect », « morale », « droit international » ou « paix ».
Mémoire collective
La transmutation évolutive de l’espèce humaine est vraiment complexe. Selon le point de vue, elle est très rapide, si l’on se base sur une échelle de temps de milliers ou de dizaines de milliers d’années.
Mais à une échelle plus petite, nous voyons qu’à certains moments de l’histoire, l’évolution semble s’arrêter, alors nous nous tournons vers un passé glorieux face à la difficulté d’avancer. Ainsi, les humanistes de la Renaissance se sont tournés vers les classiques afin que ce passé idéalisé soit recréé pour formuler quelque chose de nouveau.
Chaque année, la Russie commémore sa victoire de 1945 contre le nazisme, et ce avec encore plus d’ardeur au XXIe siècle. C’est avec le recul que l’on comprend mieux ce que les générations précédentes ont été contraintes de faire pour survivre.
La mémoire collective recrée le passé afin de générer une nouvelle impulsion évolutive à partir d’une identité commune.
D’autre part, le rapport entre l’ancien et le nouveau doit être limité par le centre de gravité interne des personnes, afin que la nouvelle étape soit auto-organisée (ou auto-durable).

Crédits : Oleg Y | Pressenza
L’avenir
Si l’on fait une analogie avec les systèmes instables en physique, nous avons tout d’abord la thermodynamique. L’avenir basé sur l’inertie correspond à une vision thermodynamique, qui obéit à des lois fixes de déstructuration progressive, sans retour à l’ordre.
Mais il a également été démontré expérimentalement qu’il existe un univers évolutif au-delà de la thermodynamique. Il s’agit de phénomènes qui, malgré leur rareté, ont été essentiels dans l’évolution qui nous a amenés jusqu’à aujourd’hui. C’est vers cela que nous devons nous projeter.
Ce qui, dit ainsi, semble novateur, est évident dans les communautés ancestrales qui ont su construire un centre de gravité commun connecté à la terre. Nous le voyons dans leur mode de vie et dans leurs cérémonies.
Comme nous ne sommes pas des êtres isolés, mais sociaux, le défi de l’auto-organisation consistera à être capables de construire une structure dont le processus final se passe de leader. Cela prouvera que les membres ont généré un centre de gravité interne autosuffisant.
Une personne présentant ces caractéristiques, qu’il soit isolé ou non, sera en mesure de reproduire la structure.
Différentes époques coexistent dans le présent et si, à un moment A, il peut être inspirant de regarder en arrière, à un moment B, cela peut s’avérer paralysant. L’important sera de s’aventurer vers l’infini avec un esprit ouvert.
Il existe un principe humaniste qui dit « Aller contre l’évolution des choses, c’est aller contre soi- même ».
Cela s’énonce facilement, mais ce n’est pas si facile à observer. Ce principe a été représenté par un poussin qui grandit, mais qui souhaite retourner dans la coquille dans laquelle il a été conçu.
Lorsqu’une personne évolue, elle est rétrograde de s’accrocher à d’anciennes circonstances qui ont servi à un autre moment. La littérature nous donne des exemples de personnages qui ont refusé d’accepter la nouvelle situation, par exemple en construisant un Frankenstein pour ne pas assumer la perte d’un être cher.
Il est indéniable que vivre sans repères est émotionnellement compliqué. La perte de quelque chose est vécue comme un manque impossible à compenser à son niveau.
Pour rester dans le domaine de la physique, la situation équivaut à un saut quantique. L’avenir ouvre un nouveau champ à un autre niveau où la particule n’est pas passive, mais, selon l’observation, est une onde ou vice versa.
En résumé, le principe humaniste fait référence au fait qu’il s’agit de construire soi-même ce que l’on désire en surmontant le système émotionnel inertiel. C’est à partir de là que nous pouvons esquisser une réponse à la question « Que pouvons-nous faire ? ».
Essayons de transposer ces réflexions à notre époque actuelle, marquée par une décomposition sociale qui nous semble souvent si horrible.

Crédits : Paulo Pinto/Agencia Brasil
Pour surmonter cette période de profonde décomposition sociale, l’auto-organisation personnelle et communautaire sera indispensable. Il faut s’inspirer du peuple palestinien qui, confronté au génocide, réagit de manière collective, sans recourir à la délinquance.
D’autre part, les vieilles règles et les vieux dogmes ne servent plus, mais il ne faut pas jeter tout le passé à la poubelle, car les nations indépendantes de l’impérialisme hégémonique sont la clé de la stabilité face au chaos, et peuvent rester structurées grâce à leur culture commune.
Tant qu’il y aura une volonté de survie des cultures, la bataille de la lumière contre les ténèbres n’est pas perdue.
Les acteurs dominants du système pourront commettre des actes de terreur et de destruction… mais ils ne peuvent pas gagner. La seule chose qu’ils peuvent faire est de déclarer la fin du monde, mais dans ce cas, leur défaite est également certaine. Tant que cette issue fatale sera retardée, ce sera du temps gagné dans l’attente d’un attracteur étrange (NdT : événement imprévisible qui émerge du chaos et reconfigure le système vers un nouvel ordre) qui sortira l’humanité du chaos. Ce phénomène pourrait se produire grâce à l’émancipation technologique.
Traduction : Evelyn Tischer








