Le Mexique envoie du pétrole à Cuba, ce qui suscite des critiques tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du pays.

Il ne faut bien sûr jamais oublier que les États-Unis imposent à Cuba un blocus criminel depuis plus de 60 ans.

Personne ne peut acheter ni vendre quoi que ce soit à l’île, et bien que la grande majorité des pays condamnent chaque année ce blocus à l’ONU, presque aucun n’ose le briser dans la pratique.

Mais le Mexique a osé le faire, car c’est un pays libre, indépendant et souverain, comme l’a déclaré Claudia Sheinbaum à Donald Trump lors de leurs conversations téléphoniques.

Au Mexique, tous les efforts possibles sont faits pour maintenir de bonnes relations avec le voisin du nord, mais sans soumission.

Le fait est que l’économie mexicaine dépend en grande partie des États-Unis, car ceux-ci importent une grande partie des biens produits au Mexique en raison de la proximité géographique (plus de trois mille kilomètres de frontière commune) et parce qu’ils sont des consommateurs compulsifs.

Cependant, plusieurs autres aspects doivent être pris en considération : l’Amérique latine est composée de pays frères et solidaires. Cela remonte à l’époque coloniale et surtout à l’indépendance : Bolívar, San Martín, O’Higgins, Martí et bien d’autres nous ont donné l’exemple de cette fraternité. Je n’ai pas besoin de rappeler des faits historiques connus de tous.

Et voyons ce qu’il en est de l’envoi de pétrole à Cuba. La présidente Claudia Sheinbaum a simplement répondu que « le Mexique a toujours été solidaire du peuple cubain » et a ajouté qu’il existe un accord pour envoyer du pétrole à Cuba et un autre accord distinct pour payer les services des médecins cubains, et que ces deux accords « sont des décisions souveraines ».

Ces déclarations ont été faites après l’annonce que le gouvernement de Donald Trump envisageait de nouvelles tactiques pour favoriser un changement de direction sur l’île.

Mais ce changement n’aura jamais lieu, car aux États-Unis, on ne comprend pas que le peuple cubain, bien que démunis, sont prêts à défendre leur pays, leur territoire, leur patrie jusqu’à la dernière goutte de sang, et qu’ils l’ont déclaré haut et fort. C’est ce qu’a fait le peuple soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale, comme on l’a vu lors du siège de Leningrad et de la bataille de Stalingrad, qui a marqué le moment où le peuple russe a stoppé et repoussé l’invasion allemande.

Ce n’est pas l’armée soviétique qui a gagné la guerre contre les nazis, c’est le peuple.

Concernant la situation actuelle, le fait est que les livraisons de pétrole vénézuélien à Cuba ont été interrompues, laissant le Mexique comme principal fournisseur de l’île, qui souffre d’une pénurie d’énergie.

Or, ces dernières années, le Mexique a accueilli des milliers de médecins cubains, pour atteindre un total de 3 650 à la fin de 2024, dont des spécialistes dans 29 domaines afin de combler les pénuries dans les zones reculées. Ces médecins et le personnel médical cubains sont engagés pour travailler dans des hôpitaux publics et des communautés très éloignées, afin de pallier le manque de spécialistes dans le système de santé mexicain, selon le gouvernement.

Les accords ont été conclus par l’intermédiaire de l’Institut mexicain de la sécurité sociale IMSS et désormais de l’IMSS-Bienestar.

Ces médecins et le personnel médical cubains reçoivent un salaire assez modeste, dont une partie leur est versée et une autre revient au gouvernement cubain qui les a formés. En effet, la formation des médecins est très coûteuse et complexe. Elle nécessite divers équipements (pour réaliser des radiographies, des tomographies, des incubateurs pour bébés et bien d’autres choses encore). Elle nécessite également des anesthésiques, des médicaments et d’autres produits que l’on imagine facilement.

L’importance de ces contributions de Cuba ne réside pas dans le salaire versé à chaque médecin, mais dans les économies réalisées par le Mexique en matière de formation professionnelle, car la formation d’un bon médecin spécialiste coûte plus de 115 000 dollars, selon le ministère fédéral de la Santé.

Par conséquent, la formation de 3 600 médecins spécialistes aurait coûté 415 millions de dollars au Mexique.

Vaccins et Médicaments

Cuba n’envoie pas seulement des médecins et personnel médical cubains au Mexique. Elle fournit également des vaccins, d’autres médicaments importants et des produits de santé.

Pendant la pandémie de Covid-19, Cuba a envoyé des millions de vaccins Abdala au Mexique.

La première livraison contenait plus de quatre millions de doses, qui, ajoutées à celles des livraisons suivantes, représentent un total de neuf millions de vaccins produits en République de Cuba.

Le prix de ces vaccins reste confidentiel, en raison du blocus qui affecte Cuba.

En outre, Cuba produit des médicaments importants, notamment contre le cancer, que le Mexique a pleinement le droit d’acheter.

Le prix du pétrole

Entre janvier et septembre 2025, le Mexique a envoyé à Cuba 17 200 barils quotidiens de pétrole brut et 2 000 barils de produits pétroliers raffinés, pour une valeur approximative de 400 millions de dollars, selon les informations fournies par la compagnie pétrolière mexicaine Pemex.

En résumé, si l’on compare le prix du pétrole que le Mexique envoie à Cuba avec le coût des vaccins, des médecins spécialistes et d’autres produits de santé, nous ne sommes pas si loin d’un échange équitable. Ce n’est peut-être pas toujours le cas, mais Cuba et le Mexique sont des pays frères et solidaires.

En résumé, quoi qu’il en soit, la présidente et les autorités mexicaines sont pleinement conscientes que le blocus imposé depuis plus de 60 ans par les États-Unis à Cuba est injuste, viole les normes internationales élémentaires et ne fait qu’imposer des souffrances au courageux peuple cubain. Il vise à détruire la révolution cubaine, dont l’héroïsme, l’intelligence de ses dirigeants et le courage et le patriotisme de son peuple sont un exemple et une source d’inspiration pour le monde entier.

Le gouvernement mexicain n’est pas disposé à se plier à un blocus injuste et criminel qui ne vise qu’à rétablir l’exploitation de l’être humain par l’être humain et à permettre aux riches d’avoir plus d’argent pour satisfaire leurs caprices, tandis que la majorité de la population voit ses enfants souffrir de malnutrition.

Espérons que de nombreux pays qui condamnent le blocus à l’ONU décideront de faire comme le Mexique.

 

Traduction, Evelyn Tischer