Un gouvernement désigne par définition l’organe politique qui exerce le pouvoir exécutif d’un État, généralement constitué de ministres et de secrétaires d’État. Il s’agit donc d’un pouvoir exercé sur le peuple. Peut-on alors réellement qualifier de « bon » un gouvernement qui gouverne sans la participation consciente de ceux qu’il dirige ?

Un bon « gouvernement » ne se définit pas par sa capacité à contrôler ou à dominer, mais par sa capacité à servir, protéger et favoriser l’épanouissement de l’ensemble des citoyens dans le respect du vivant.

Une réforme en profondeur consisterait à redonner le pouvoir au peuple, à permettre à chacun de retrouver son intégrité, sa liberté et son pouvoir personnel, dans le respect total des autres. Cela suppose une guidance vers le bien-être individuel et collectif, et non un système qui entretient une forme d’asservissement moderne au profit d’élites politiques et financières, étouffant les dons, les talents et les compétences réelles de chacun.

Si l’on observe les valeurs qui fondent les politiques actuelles, on retrouve principalement l’argent et le pouvoir, générant compétition, rivalité, peur, gouvernance opaque, inégalités et stress. À l’inverse, des valeurs humanistes telles que la solidarité, la coopération, l’amour, la conscience, le progrès éthique et le partage équitable conduisent naturellement au bonheur individuel et collectif.

Il s’agit donc de sortir de l’illusion « pouvoir – argent – matérialisme ». Comme le disait Charlie Chaplin :« Le pouvoir ne sert que si vous voulez faire quelque chose de négatif. Sinon, l’amour est suffisant pour faire tout le reste. »

Cela implique un changement de paradigme : passer du PNB au BNB, le Bonheur National Brut, indicateur de bien-être collectif inspiré du Bhoutan, qui replace l’humain et la qualité de vie au cœur des décisions politiques.

Le droit citoyen suppose également la mise en application réelle de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, qui devrait être la ligne directrice de toute politique. Aujourd’hui, les capacités scientifiques et technologiques dont nous disposons permettraient non plus de conquérir ou d’exploiter, mais de soigner, protéger et embellir le monde. Il s’agit moins d’un manque de moyens que d’un manque de choix politique.

Le véritable pouvoir de notre époque est celui de la sagesse, associant intelligence et humanisme. L’amour véritable valorise les différences et favorise l’unité par la complémentarité. Comme l’exprime Edgar Morin dans La Voie : « L’unité humaine engendre la diversité humaine et la diversité humaine entretient l’unité humaine. »

Dans un monde où les décisions politiques impactent la vie de millions de personnes, il devient essentiel que celles-ci soient prises avec lucidité, empathie et vision à long terme. Confier le pouvoir décisionnel (ou guidance) aux plus conscients, aux plus intelligents et aux plus empathiques n’est pas une utopie : c’est une nécessité. Le bon « gouvernement » n’est pas un privilège, mais un droit fondamental des citoyens.

 

Fany Charpentier, Raélienne