Cette histoire peut paraître banale : des menaces à l’encontre d’une journaliste, suite à un match de football. Pourtant la situation n’est pas anodine. Il s’agissait d’un match amical dédié à la paix et à la cohésion sociale, et nous sommes à Uvira, ville qui est encore quasiment en état de guerre, après l’intervention des milices du M23.
Derrière ce fait, il y a les pressions et les violences subies par tous les journalistes sur place, comme en témoignent plusieurs articles publiés sur Pressenza par la rédaction du Congo RDC. Il y a aussi la violence subie au quotidien, depuis des mois, par toute la population. Comment ne pas tomber dans le piège de la violence, comment faire pour rester au paix avec soi-même et avec les autres, quand on vit dans un pays en guerre ? La dénonciation de toute forme de violence est sans doute une première étape. Ne pas abdiquer face à la violence. Dénoncer, c’est refuser de se laisser envahir par la peur comme par la haine. Dénoncer tout ce qui génère douleur et souffrance.
C’est pourquoi Pressenza soutient la journaliste Sifa Munyaka Angèle, victimes de menaces et d’insultes. Selon son témoignage, un homme aurait tenté de l’intimider en mettant en avant sa fonction politique, allant jusqu’à la menacer d’arrestation en déclarant qu’elle pourrait se retrouver au cachot dès le lendemain.
Sifa Munyaka Angèle rejette fermement les accusations de partialité sur la couverture de l’événement, qu’elle considère comme infondées. Elle souligne que son rôle de journaliste lui impose la neutralité. Surprise par ce comportement, elle dit ne pas comprendre les motivations de cette attitude.
Face à cet incident, la journaliste appelle à une meilleure protection des professionnels des médias, surtout dans le contexte sécuritaire difficile de l’Est de la RDC, et particulièrement à Uvira. Elle invite également la population et les acteurs politiques à faire preuve de tolérance et à soutenir le travail des journalistes, afin de garantir une information objective et équilibrée.








